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Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) : Séance d’information du Conseil de sécurité

Published Monday May 12 2014

Le Conseil de sécurité a tenu une séance d’information sur le rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale et les régions touchées par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et a adopté une déclaration présidentielle (S/PRST/2014/8). M. Olivier Maes, Représentant permanent adjoint du Luxembourg, a prononcé l'intervention suivante :

Monsieur le Président,

Je remercie le Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), M. Abou Moussa, pour sa présentation. Puisqu’il s’agit de votre dernière intervention au Conseil de sécurité en cette qualité, je voudrais saisir cette occasion pour saluer votre action au service de la paix et de la sécurité en Afrique centrale au cours des trois années passées et pour souhaiter un plein succès à votre successeur, M. Abdoulaye Bathily.

Pendant les trois dernières années, des progrès notables ont été accomplis dans les opérations de lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). La pression et les opérations militaires et les nombreuses défections ont affaibli la capacité de combat du groupe. Cependant, la LRA continue de représenter une menace grave pour la région, en particulier pour les populations civiles. A la faveur de la crise en République centrafricaine, les dirigeants de la LRA basées dans le nord-est de la RCA ont pu reconstituer leurs forces.

Nous avons aussi pris note avec préoccupation des informations crédibles faisant état de la présence du haut commandement de la LRA, y compris Joseph Kony, dans l’enclave de Kafia Kingi, aux confins du Soudan, du Soudan du Sud et de la RCA.

Dans ce contexte, il faut redoubler d’efforts pour appuyer l’Initiative de coopération régionale de l’Union africaine pour contrer la LRA. Alors que la crise au Soudan du Sud a provoqué le redéploiement temporaire de contingents, nous espérons que l’accord signé à Addis Abeba le 9 mai pour résoudre la crise sud-soudanaise permettra à tous les pays qui participent à la Force régionale d’intervention contre la LRA de lui fournir les contingents nécessaires. Il faut aussi mobiliser les ressources et le matériel indispensables au fonctionnement efficace de cette Force régionale. Nous saluons à cet égard l’appui significatif des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui vient de fournir une nouvelle contribution de près de deux millions d’euros à l’Union africaine. Pour sa part, le Luxembourg a fourni, en sus, fin 2013, un appui financier au fonctionnement du quartier régional de la Force régionale d’intervention situé à Yambio, au Soudan du Sud.

La coordination entre l’ONU, l’Union africaine et les États affectés par la LRA est essentielle, de même que l’échange d’informations et la coopération entre la MONUSCO, la MINUAD, la MINUSS et la MISCA, qui passera le relais le 15 septembre prochain à la Mission des Nations Unies en RCA (MINUSCA). Sans attendre la mise en place de la MINUSCA, il est impératif qu’une coordination efficace soit établie dans les meilleurs délais entre les deux opérations de l’UA actives en RCA, la Force régionale d’intervention contre la LRA et la MISCA.

Au-delà des opérations militaires, la communauté internationale doit poursuivre ses efforts pour promouvoir la stabilisation et le développement des régions affectées par la LRA. Nous encourageons également tous les Etats à coopérer pour exécuter les mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale, il y a près de neuf ans déjà, contre des dirigeants de la LRA, y compris Joseph Kony. Accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, y compris de meurtres, de viols et d’enrôlement d’enfants, ces principaux responsables de la LRA doivent être traduits en justice.

Les femmes et les enfants sont les principales victimes de la LRA. Permettez-moi dans ce contexte d’insister sur la nécessité d’intégrer pleinement la protection de l’enfance dans les activités de la Force régionale d’intervention de l’Union africaine et de rappeler l’importance de programmes tels que ceux de l’UNICEF pour aider à la libération, au retour et à la réintégration des enfants et des femmes enlevés par la LRA.
Enfin, nous demeurons préoccupés par les liens qui existent entre le commerce illicite d’espèces sauvages et les groupes armés qui sévissent en Afrique centrale, en particulier la LRA. Nous encourageons donc l’UNOCA à continuer d’appuyer la lutte contre le braconnage et contre le trafic d’ivoire dans la région.

Monsieur le Président,

La situation en Afrique centrale continue d’être gravement affectée par la crise en République centrafricaine. A l’issue de sa visite au Tchad les 5 et 6 mai, Valerie Amos a mis en lumière l’impact humanitaire de la crise en RCA sur les pays voisins qui accueillent un nombre important de réfugiés. L’absence d’Etat de droit et le vide sécuritaire en RCA en font aussi un sanctuaire pour des groupes armés.

Le Conseil de sécurité a pris le 10 avril dernier la décision importante de mettre en place la MINUSCA, une Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine. En attendant le déploiement des premiers Casques bleus au mois de septembre, nous appuyons la MISCA à titre bilatéral et à travers notre participation à l’opération de l’Union européenne EUFOR RCA. Nous saluons de même l’action vitale de l’opération française Sangaris. Face aux violations graves et persistantes des droits de l’homme et du droit international humanitaire, la communauté internationale doit rester vigilante et active. Les sanctions adoptées le 9 mai par le Conseil de sécurité contre trois responsables clefs de la crise en RCA sont une mesure importante pour contribuer à mettre fin au climat d’impunité qui règne dans ce pays.

Monsieur le Président,

Dans son rapport, le Secrétaire général relève avec préoccupation les activités de Boko Haram, qui présentent non seulement une menace pour les populations au Nigéria, mais qui se sont étendues à d’autres Etats de la sous-région. Nous voulons réitérer ici notre condamnation la plus ferme de l’enlèvement le mois dernier de plus de 200 lycéennes dans le nord-est du Nigéria. Ces filles doivent être libérées sans délai. Nous condamnons fermement la violence sexuelle ou sexiste, les enlèvements et les attaques contre des écoles. Certains de ces actes commis par Boko Haram peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, que le Nigéria a ratifié. Tous les responsables devront répondre de leurs actes.

Pour conclure sur une note positive, je voudrais saluer le travail accompli par l’UNOCA et par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest en matière de lutte contre la piraterie au large des côtes des Etats du golfe de Guinée, la région de l’Afrique qui est désormais la plus affectée par la piraterie. Nous saluons les progrès accomplis dans la mise en place du Centre de coordination interrégional avec l’établissement, en avril à Yaoundé, d’un plan d’action interrégional pour 2014-2016.

Je vous remercie de votre attention.

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