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Débat du Conseil de sécurité sur la République démocratique du Congo

Published Thursday August 07 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg :

"Monsieur le Président,

Je remercie le Royaume-Uni d’avoir organisé ce débat dans le cadre de sa Présidence du Conseil de sécurité et vous-même, Monsieur le Ministre, pour votre présence parmi nous aujourd’hui. Mes remerciements vont aussi au Représentant spécial du Secrétaire général en RDC Martin Kobler pour son action engagée à la tête de la MONUSCO, ainsi qu’à l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, qui a ravivé la flamme de l’espoir tout au long de son mandat. Je suis également reconnaissante au Ministre João Manuel Gonçalves Lourenço pour la perspective régionale qu’il a partagée avec nous en sa qualité de représentant de la Présidence angolaise de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

Le Luxembourg salue les progrès réalisés dans le domaine sécuritaire suite à la défaite militaire du M23 et aux actions militaires conjointes menées depuis le début de l’année par la MONUSCO et les FARDC, en particulier contre les ADF. L’action robuste déployée par la Mission de l’ONU pour mieux protéger les civils mérite d’être soulignée. Il importe maintenant que des progrès soient réalisés également en matière de rétablissement de l’autorité de l’État dans l’est du pays. C’est impératif pour assurer la fourniture des services de base à la population, et pour amorcer une reprise économique permettant d’offrir des perspectives tangibles, notamment aux jeunes Congolais.

En même temps, nous encourageons les autorités de la RDC à redoubler d’efforts, en collaboration avec l’Ouganda et le Rwanda, pour mettre en œuvre le programme de DDR des membres du M23. Non seulement le succès de ce programme empêchera ces membres de reprendre la lutte armée, mais il incitera aussi des membres d’autres groupes armés à déposer les armes et à réintégrer la vie civile.

Le désarmement volontaire des FDLR, qui a débuté le 30 mai dernier, doit être mené à son terme sans conditions préalables et selon un échéancier précis. A cet effet, il est crucial que les autorités de la RDC poursuivent leur engagement, avec le soutien de la MONUSCO, et que la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et la SADC continuent d’appuyer le processus. Si les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, l’option militaire pour neutraliser les FDLR doit rester sur la table. Comme le RSSG Kobler l’a dit, il est temps de mettre fin aux FDLR une fois pour toutes.

 

Monsieur le Président,

Les femmes et les enfants continuent d’être les principales victimes des combats qui secouent la partie orientale de la République démocratique du Congo. Les violences sexuelles continuent de martyriser les femmes de façon intolérable. Les enfants continuent d’être recrutés et utilisés par les forces et groupes armés. Le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation des enfants en temps de conflit armé fait état de plus de 4.000 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants entre janvier 2010 et décembre 2013. Les meurtres, mutilations, violences sexuelles et enlèvements à l’encontre des enfants se comptent par centaines. Plus de 180 écoles ont été attaquées et pillées ou utilisées à des fins militaires, mettant ainsi en péril les écoliers et les privant de leur droit à l’éducation.

Face à ces violations, il est impératif d’agir. Le Gouvernement de la RDC s’est engagé en ce sens; nous nous en félicitons. Il a signé en 2012 un plan d’action visant à faire cesser et à prévenir le recrutement et l’emploi d’enfants ainsi que les violences sexuelles commises par ses forces armées. De manière générale, nous encourageons les autorités congolaises à tout faire pour mettre un terme à l’impunité. Le procès des militaires poursuivis pour des viols, meurtres et pillages commis en novembre 2012 à Minova laisse un goût amer dans ce contexte. Les verdicts rendus illustrent l’importance d’avancer dans la réforme de l’appareil judiciaire afin de lutter plus efficacement contre l’impunité.

 

Monsieur le Président,

La neutralisation des groupes armés dans l’est du pays n’est pas suffisante; il importe de même de s’attaquer aux causes profondes du conflit, en mettant en œuvre les réformes auxquelles les autorités congolaises se sont engagées en signant l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération. Davantage de progrès doivent être accomplis à cet égard. Cela vaut en particulier pour la réforme de l’armée et pour la mise en place d’une force d’intervention rapide, un élément essentiel de la stratégie de sortie de la MONUSCO.

Nous demeurons également attachés à la trajectoire démocratique de la RDC et à la bonne gestion du cycle électoral qui doit mener à l’organisation d’élections législatives et présidentielles en 2016. Il revient aux autorités congolaises de préparer et d’organiser les échéances électorales dans le respect des dispositions constitutionnelles. Nous saluons le rôle de bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général.

Pour conclure, je souhaite réitérer que l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération demeure le pilier de la consolidation de la paix et de la stabilité en RDC et dans la région. Il revient à l’ensemble des signataires de l’Accord-cadre d’honorer pleinement les engagements qu’ils ont pris au niveau national mais aussi au niveau régional, y compris l’approfondissement de l’intégration économique pour assurer que les populations bénéficient rapidement des dividendes de la paix. Nous exprimons notre soutien et nos vœux de succès à Said Djinnit au moment où il s’apprête à reprendre le flambeau de Mary Robinson pour faire vivre cet Accord-cadre d’espoir.

Je vous remercie de votre attention.

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