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Débat public du Conseil de sécurité - Protéger les civils dans le cadre des opérations de maintien de la paix

Published Friday June 10 2016

New York, le 10 juin 2016

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

 

 

Monsieur le Président,

Je tiens à remercier la France d’avoir organisé cet important débat public sous sa présidence du Conseil de sécurité. La présence du Ministre des Affaires étrangères et du Développement international de la France et d’autres Ministres témoigne de l’importance du sujet dont nous traitons aujourd’hui. Nous avons écouté avec grand intérêt les présentations liminaires du Secrétaire général et du Président du Comité international de la Croix-Rouge, ainsi que l’intervention du Président de la République centrafricaine.

Le Luxembourg s’associe pleinement à la déclaration de l’Union européenne ainsi qu’à la déclaration de la Suisse au nom du Groupe d’amis sur la protection des civils. Permettez-moi de relever quelques éléments qui nous importent à titre national.

Monsieur le Président,

Le constat s’impose à nous de manière flagrante : les populations civiles sont les principales victimes des conflits armés. Elles paient le plus lourd tribut en vies humaines; que ce soit en Syrie, au Yémen, au Soudan du Sud ou en République centrafricaine. De plus en plus souvent, les civils sont pris pour cible, martyrisés, pour terroriser, pour forcer des déplacements massifs de populations ou infliger à l’ennemi une défaite morale, à défaut de pouvoir vaincre sur le champ de bataille.

Monsieur le Président,

Ce constat a comme corollaire la nécessité absolue pour le Conseil de sécurité de faire montre de détermination et de cohérence lorsqu’il s’agit d’assurer le respect du droit international humanitaire et la protection des civils.

La protection des civils ne doit pas être seulement une priorité rhétorique, confinée à des débats ou des résolutions thématiques.

Le Conseil s’est doté d’un cadre normatif et de mandats ambitieux notamment en relation avec les groupes les plus vulnérables - les enfants et les femmes - en développant depuis les années 2000 l’agenda « Enfants et confits armés » et l’agenda « Femmes et Paix et Sécurité » : il importe de les mettre en œuvre, avec rigueur, sans exceptions ni restrictions.

La majorité des opérations de maintien de la paix disposent à cet effet de conseillers spécialisés : les conseillers pour la protection des femmes et les conseillers à la protection de l’enfance. Nous sommes convaincus que ces conseillers, dont l’utilité est prouvée, doivent continuer à exercer leur rôle spécifique pour lequel ils ont été mandatés par le Conseil de sécurité. Parmi leurs tâches essentielles figure notamment la collecte d’informations fiables sur la situation des populations civiles et sur les risques qu’elles encourent.

Monsieur le Président,

Dans le domaine des opérations de maintien de la paix, la confiance et la crédibilité sont essentielles. Pour cette raison, le personnel de l’ONU, qu’il soit civil ou militaire, doit être irréprochable. Nous appuyons la politique de tolérance zéro en matière d’exploitation et d’atteintes sexuelles et nous nous félicitons de la décision du Secrétaire général d’exclure des opérations de maintien de la paix les forces nationales visées dans les annexes de ses rapports. Pour marquer notre engagement, le Luxembourg a décidé de faire une contribution volontaire de 135.000 euros, soit environ 150.000 dollars, pour soutenir le travail de la Coordinatrice spéciale, Madame Jane Holl Lute, et de son équipe, en vue d’améliorer les moyens d’action de l’ONU face à l’exploitation et aux atteintes sexuelles. Nous espérons que cet appui portera ses fruits et contribuera à prévenir ces crimes honteux et à venir en aide aux victimes. Parmi les priorités d’action, il nous paraît essentiel de faire en sorte que les casques bleus et les personnels de l’ONU en général bénéficient d’une formation adéquate avant leur déploiement. 

Enfin, je voudrais conclure cette intervention en mettant l’accent sur la prévention. Aucun conflit n’éclate sans signes avant-coureurs. Ces signes peuvent être multiples, mais ils incluent généralement une intensification des violations des droits de l’homme. Pour cette raison, nous soutenons sans réserve l’initiative du Secrétaire général « Les droits humains avant tout », et nous l’encourageons à poursuivre sa mise en œuvre.

Monsieur le Président,

Notre Organisation a été créée dans le but de préserver les générations futures du fléau de la guerre. La protection des civils doit être au cœur de notre action. Nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer.

 

Je vous remercie.

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