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Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur l’Ukraine

Published Friday August 08 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg :

"Monsieur le Président,

Je remercie à mon tour le Sous-Secrétaire général Ivan Šimonović pour son exposé très complet sur la situation des droits de l’homme en Ukraine.  

Le Luxembourg partage l’extrême inquiétude du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme devant l’effondrement de l’Etat de droit et l’aggravation de la violence dans les zones contrôlées par les groupes armés séparatistes dans l’est de l’Ukraine. Le rapport basé sur le travail minutieux de la Mission d’observation des droits de l’homme des Nations Unies met en lumière la gravité et la multiplicité des violations des droits de l’homme commises par ces groupes armés.

Le recours systématique à l’intimidation, aux enlèvements, aux disparitions forcées, au recrutement et aux travaux forcés, aux détentions arbitraires, à la torture, aux exécutions, aux assassinats et à la destruction des infrastructures civiles sème la terreur parmi la population. Les victimes de ces actes ignobles ne sont pas seulement ceux qui s’opposent ouvertement aux séparatistes, mais aussi des citoyens ordinaires, des enseignants, des journalistes, des étudiants, des femmes et des enfants. Ces violations graves des droits de l’homme doivent cesser. Ceux qui les ont commises doivent être traduits en justice pour rendre compte de leurs actes.

La situation est particulièrement préoccupante dans les régions de Donetsk et de Louhansk. Les populations y sont prises dans le feu des affrontements qui s’intensifient entre les forces de sécurité ukrainiennes et des groupes armés illégaux de plus en plus lourdement armés. Le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme cite l’exemple d’un cas où les groupes armés illégaux ont eu recours à la population civile comme bouclier humain. Le rapport mentionne également le fait que ces groupes armés se positionnent et mènent leurs attaques à partir de zones densément peuplées, mettant ainsi en danger la population civile.

De tels comportements sont irresponsables; ils sont inacceptables. Le droit international humanitaire doit être respecté par toutes les parties. Nous saisissons cette occasion pour appeler une nouvelle fois la Russie à prendre ses distances par rapport aux groupes armés illégaux dans l’est de l’Ukraine et à condamner publiquement les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises par ces groupes. De son côté, dans ses opérations, l’Ukraine doit agir d’une manière proportionnée, dans le respect des normes internationales, et assurer la protection des civils.

Sur une note plus positive, on constate une nette amélioration de la situation des droits de l’homme dans les villes ukrainiennes qui ont été libérées de l’emprise des séparatistes. Nous encourageons les autorités ukrainiennes à s’engager pour améliorer le sort des populations locales, notamment en reconstruisant les infrastructures et en rétablissant les services de base.

 

Monsieur le Président,

La détérioration de la situation dans l’est de l’Ukraine ne doit pas nous faire oublier la situation des droits de l’homme en Crimée. Les habitants de Crimée, en particulier les Ukrainiens et les Tatars de Crimée, qui sont favorables à l’unité de l’Ukraine, continuent d’être la cible d’intimidations et de discriminations. Les minorités qui n’ont pas encore quitté la péninsule vivent dans une atmosphère de peur. Le sort des personnes affectées par le VIH/Sida illustre de façon tragique l’impact négatif de l’annexion illégale de la Crimée par la Russie. Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, 20 patients sont morts depuis le 10 juin, faute de traitement médical adéquat.

Au niveau politique et diplomatique, tous les efforts doivent tendre à créer les conditions propices à la mise en œuvre du plan de paix du Président Porochenko. Les pourparlers initiés dans le cadre du groupe de contact trilatéral entre l’Ukraine et la Russie, sous les auspices de la Présidence en exercice de l’OSCE, sont essentiels à cet égard. Ils doivent se poursuivre pour qu’un accord puisse être trouvé en priorité sur la libération d’otages et sur la mise en place d’un mécanisme de surveillance de cessez-le-feu. La Mission d’observation de l’OSCE qui vient d’être déployée aux deux postes-frontière de Gukovo et Donetsk, du côté russe de la frontière, est aussi un élément susceptible de réduire les tensions. La Russie, pour sa part, doit cesser toute action déstabilisatrice.

 

Monsieur le Président,

Permettez-moi de conclure en énonçant un impératif simple : pour honorer la mémoire des centaines de victimes du conflit en Ukraine, y compris les 298 personnes à bord du vol MH17 abattu il y a trois semaines, nous devons redoubler d’efforts diplomatiques pour trouver une solution politique à ce conflit, dans les meilleurs délais, conformément au plan de paix du Président Porochenko. Nous le devons aux millions de civils qui veulent que l’on respecte leurs droits les plus élémentaires, et qui ne veulent pas être les victimes d’un conflit datant d’une autre époque.

Je vous remercie."

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