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Séance informelle du Groupe de travail spécial sur la revitalisation des travaux de l’Assemblée générale

Published Monday August 29 2016

New York, le 29 août 2016

 

Intervention de M. Olivier Maes, Chargé d’affaires a.i. du Luxembourg

 

Messieurs les Coprésidents,

Je vous remercie d’avoir organisé cette séance informelle consacrée à la question de la préparation de la résolution de l’Assemblée générale qui nommera le prochain Secrétaire général des Nations Unies.

Le Luxembourg s’associe à l’intervention de l’Union européenne et à l’intervention prononcée par l’Estonie au nom du groupe ACT (Accountability, Coherence and Transparency). En tant que membre du groupe ACT, le Luxembourg est heureux que la réunion d’aujourd’hui permette de donner suite à la lettre que notre groupe a envoyée au Président de l’Assemblée générale le 18 mai dernier.

A titre national, et pour répondre au premier point mentionné dans vos lettres du 21 juillet et du 22 août, Messieurs les Coprésidents, je voudrais insister sur l’importance que nous attachons à ce qu’un processus de facilitation soit lancé pour préparer la résolution de l’Assemblée générale nommant le prochain Secrétaire général. A nos yeux, ce processus de facilitation devrait aussi être lancé dans les meilleurs délais avec la désignation de facilitateurs par le Président de l’Assemblée générale. Ainsi, les éléments de substance de la résolution pourront être discutés en profondeur avant que le Conseil de sécurité ne fasse sa recommandation à l’Assemblée générale. Il importe en effet que la discussion ne soit pas liée à un candidat ou à une candidate en particulier. Les éléments de substance du projet de résolution doivent pouvoir être discutés sur la base de leurs mérites propres, indépendamment de la personne à laquelle la résolution s’appliquera en fin de compte. Cela permettra aussi d’éviter les complications de calendrier évoquées plus tôt par le Représentant permanent de la Fédération de Russie.

En ce qui concerne les éléments de substance qui devraient être considérés dans le cadre de la négociation du projet de résolution nommant le prochain Secrétaire général, et je me réfère là au second point mentionné dans vos lettres, Messieurs les Coprésidents, je voudrais mentionner un élément qui nous tient particulièrement à cœur : il s’agit de la durée du mandat du Secrétaire général, et de la possibilité de nommer le Secrétaire général pour un mandat unique, donc un mandat non renouvelable, et le cas échéant de plus longue durée que le mandat actuel de cinq ans.

Un tel mandat unique aurait plusieurs effets bénéfiques à nos yeux. Nous voyons deux principaux avantages.

En premier lieu, un mandat unique plus long, d’une durée de sept ans par exemple, donnerait au Secrétaire général plus de temps, plus d’espace politique pour réaliser sa vision, faire avancer les Nations Unies et mettre en œuvre les priorités fixées par les Etats membres dans les différents domaines d’action de l’ONU. C’est l’avantage du temps au service de l’efficacité.

En second lieu, un mandat de plus longue durée mais non renouvelable renforcerait l’indépendance du Secrétaire général en le libérant des contraintes liées à une éventuelle reconduction de son mandat. Ce n’est bien sûr pas là le seul ingrédient de l’indépendance, une qualité qui dépend aussi du caractère et de la personnalité de l’individu sélectionné. Mais un mandat unique serait de nature à rendre le Secrétaire général plus indépendant, quelles que soient par ailleurs ses qualités personnelles. Or l’indépendance du Secrétaire général est une qualité essentielle pour qu’il ou elle puisse exercer son mandat dans l’intérêt de l’ensemble des Etats membres, pour qu’il ou elle puisse agir dans l’intérêt général et dans le respect de l’égalité souveraine de tous les Etats membres. C’est l’avantage de l’indépendance au service de l’intérêt général.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que ces arguments, qui ont été mis en avant aussi par d’anciens Secrétaires généraux et des organisations de la société civile, ont trouvé un écho favorable chez certains des candidats au poste de Secrétaire général.

 

Messieurs les Coprésidents,

Conformément à l’article 97 de la Charte, c’est l’Assemblée générale qui nommera le prochain Secrétaire général, sur recommandation du Conseil de sécurité. L’Assemblée générale doit pouvoir jouer tout son rôle, y compris en fixant la durée du mandat de la personne sélectionnée pour diriger notre Organisation à compter du 1er janvier 2017.

La mise en œuvre de la résolution 69/321 de l’Assemblée générale a permis de rendre la phase initiale du processus de sélection et de nomination du Secrétaire général plus ouverte et transparente. Il importe maintenant de maintenir cette ouverture et cette transparence jusqu’à la conclusion de ce processus. La résolution de l’Assemblée générale qui nommera le prochain Secrétaire général est une résolution importante s’il en est, pour notre Organisation dans son ensemble. Pour cela, cette résolution devrait être le fruit de consultations ouvertes, inclusives et transparentes, au sein de l’Assemblée générale, où chaque Etat membre a son mot à dire. Nous espérons sincèrement que ce souhait, exprimé par de nombreuses délégations aujourd’hui, sera entendu et qu’un processus de facilitation pourra être lancé dans les meilleurs délais.

 

Je vous remercie.

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