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Séance plénière de l’Assemblée générale des Nations Unies- Mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida et des déclarations politiques sur le VIH/sida : rapport du Secrétaire général (A/71/864)

Published Thursday June 01 2017

New York, le 1er juin 2017

 

Intervention de S.E. M. Christian Braun

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

 

 

Monsieur le Président,

Le Luxembourg tient à féliciter le Secrétaire général pour son premier rapport sur la réponse au VIH/sida. Ce rapport met bien en évidence les progrès accomplis et les obstacles qu’il reste à franchir.

Je souscris pleinement à la déclaration de l’Union européenne. Permettez-moi d’ajouter cependant quelques points à titre national.

Le combat contre le sida n’est pas gagné. Il ne faut pas céder à l’autosatisfaction. Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 a fixé l’objectif ambitieux de mettre fin à l’épidémie de sida d’ici à 2030, objectif réaffirmé dans la Déclaration politique sur le VIH/sida adoptée il y a un an.

L’initiative 90-90-90 lancée par ONUSIDA s’inscrit dans la continuité du succès qu’a connu l’initiative « Traitement 2015 », en améliorant l’accès au traitement antirétroviral. Ce triple objectif va cependant au-delà du simple traitement. Il renforce aussi la prévention, élément essentiel dans la lutte contre le sida.

Mon pays soutient l’initiative 90-90-90 depuis son lancement, tant financièrement que politiquement. Je voudrais souligner ici en particulier l’engagement du Député Marc Angel, un parlementaire luxembourgeois qui a été nommé défenseur d’ONUSIDA pour l’objectif 90-90-90. Monsieur Angel a mené en cette qualité, en avril dernier, une importante mission d’étude et de sensibilisation en Afrique du Sud, au Botswana et au Lesotho.

En dépit des progrès dans la mise sous traitement antirétroviral et la suppression de la charge virale, nous sommes loin d’atteindre le premier objectif, c’est-à-dire que 90% des personnes infectées par le VIH connaissent leur statut sérologique. Nous sommes plus proches de 60% à l’heure actuelle. Le Luxembourg soutient dans ce contexte l’appel du Secrétaire général à une « révolution du dépistage ». Il importe de renforcer les services de dépistage et de les rapprocher des personnes et des communautés qui en ont besoin.

Une autre priorité consiste à faire fond sur le succès du Plan mondial pour éliminer les nouvelles infections à VIH chez les enfants à l’horizon 2015 et maintenir leurs mères en vie. Le Luxembourg a soutenu ce plan tout au long de sa mise en œuvre, de 2011 à 2015. Les résultats pour les enfants sont impressionnants : les nouvelles infections chez les nouveau-nés ont été réduites de plus de la moitié ; le nombre d’enfants âgés de 0 à 14 ans sous traitement antirétroviral a plus que doublé. Mais il reste encore beaucoup à faire en termes d’accès au diagnostic et de traitements pédiatriques.

La lutte contre le sida requiert une approche multisectorielle et multipartite. Le Secrétaire général souligne à juste titre dans son rapport la nécessité d’une prévention combinée et complète, comprenant l’accès universel aux services de santé en matière de sexualité et de procréation et au planning familial, une éducation sexuelle complète, la disponibilité de préservatifs, la circoncision volontaire, la prophylaxie avant l’exposition.

Il est avéré que l’éducation des filles, la nutrition, la sécurité alimentaire contribuent à faire baisser le taux d’infection à VIH. Les droits de l’homme et la lutte contre toute forme de stigmatisation et de discrimination restent au cœur du combat contre le sida. Les populations les plus touchées sont souvent les plus marginalisées, déniées de leurs droits et de l’accès aux soins et services dont elles ont besoin. Ici aussi, l’action s’impose.

Nous faisons face à un déficit d’investissement de 7 milliards de dollars par an pour mettre fin à l’épidémie de sida d’ici à 2030 et pour atteindre le triple objectif 90-90-90 d’ici à 2020. Toutefois, les ressources nationales dédiées à la lutte contre le sida sont en forte augmentation, et la dernière reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été un franc succès. Le Luxembourg a augmenté sa contribution au Fonds mondial de 8% pour les années 2017-2019. Notre contribution annuelle s’élève désormais à 2,7 millions d’euros.

En mobilisant des ressources additionnelles, il faut veiller à mettre en œuvre les ressources disponibles de la manière la plus efficace et efficiente possible. Une collaboration étroite entre tous les acteurs, notamment ONUSIDA, le Fonds mondial et l’OMS, est essentielle. Le Luxembourg soutient le renforcement du modèle de fonctionnement d’ONUSIDA.

 

Monsieur le Président,

Les cinq grandes recommandations faites par le Secrétaire général visent juste. Mon pays les soutient dans leur ensemble. Seul bémol peut-être : nous nous interrogeons sur l’utilité d’une « grande coalition » pour renforcer la prévention combinée du VIH. Les structures et les cadres  existants pour renforcer cette prévention nous paraissent suffisants.

Nous disposons des moyens pour mettre fin à l’épidémie de sida dès lors que nous poursuivons et renforçons notre engagement à tous les niveaux.

 

Je vous remercie.

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