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Commission spéciale de l’Assemblée générale pour les annonces de contributions volontaires à l’UNRWA
Intervention de M. Patrick Hemmer, Conseiller à la Représentation permanente du Luxembourg auprès des Nations Unies:
"Madame la Présidente,
Madame le Commissaire général adjoint,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens d’emblée à réitérer le plein soutien du Luxembourg à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, l’UNRWA, qui continue de mener une action remarquable et indispensable au service des réfugiés de Palestine, notamment en matière de développement économique, d’accès à l’éducation, à la santé et, de manière générale, aux services sociaux de base. Je transmets mes condoléances aux familles des agents de l’Office qui ont perdu leur vie au cours de cette l’année dans le cadre de leurs efforts pour soutenir les réfugiés palestiniens.
Madame la Présidente,
J’ai l’honneur d’annoncer que la contribution volontaire du Luxembourg au budget de l’UNRWA pour 2015 s’élèvera à 3.750.000 euros, conformément à l’engagement financier pluriannuel signé en vue de renforcer le partenariat entre le Luxembourg et l’UNRWA pour la période 2012-2015. Notre contribution de 15 millions d’euros, soit 20 millions de dollars américains, sur une période de quatre années, aide l’Office à maintenir ses programmes de développement humain au profit des réfugiés palestiniens, y compris dans les domaines de l’éducation et de la santé.
De plus, le Luxembourg continue de soutenir le projet de l’UNRWA intitulé « Healthy Life and Lifestyle for Youth in the West Bank and Gaza ».
Ces contributions viennent s’ajouter aux efforts consentis à travers l’Union européenne, auxquels le Luxembourg contribue sa part en tant qu’Etat membre.
Au total, le Luxembourg fournit depuis 2007 un montant annuel d’environ sept millions d’euros en appui à la Palestine et continuera de le faire au cours des années à venir.
Madame la Présidente,
Depuis maintenant 65 ans, l’UNRWA déploie d’importants efforts pour mener à bien sa mission humanitaire, en dépit d’un environnement opérationnel de plus en plus précaire. La crise socio-économique dans la bande de Gaza s’est aggravée suite au conflit dévastateur de cet été, avec des dizaines de milliers de personnes toujours déplacées, une économie moribonde, des ménages touchés par l’insécurité alimentaire, et tous les autres effets néfastes du blocus illégal qui persiste depuis bientôt sept ans. Aucun peuple ne saurait vivre dans les conditions imposées aux habitants de Gaza, assiégés entre trois murs et la mer, ne survivant que grâce à l’UNRWA et l’aide internationale.
Et que dire de la situation en Syrie, où le conflit continue de décimer la population civile, y compris les réfugiés palestiniens, et où la liste des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ne fait que s’allonger ?
Face à de telles situations, nous ne pouvons que soutenir les efforts déployés par l’UNRWA pour améliorer la vie des réfugiés palestiniens, y compris à travers l’éducation des enfants et l’aide humanitaire apportée aux plus vulnérables. Nous ne pouvons, en outre, que saluer le courage des agents humanitaires de l’Office qui, au péril de leur vie, tentent de mobiliser, tant bien que mal, les ressources nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents des réfugiés palestiniens. Nous dénonçons, dans ce contexte, les difficultés d’accès des agents humanitaires aux civils affectés par la crise en Syrie, à Yarmouk et ailleurs. Il importe que les décisions prises par le Conseil de sécurité, notamment les résolutions 2139 et 2165, soient pleinement appliquées, afin que les sièges soient levés, que l’accès humanitaire soit assuré et que la sécurité des Palestiniens soit respectée.
Madame la Présidente,
Nous le savons tous : nous ne pouvons en rester à une approche purement humanitaire. L’aide est essentielle, mais à elle seule elle est insuffisante. Une solution durable et juste de la question des réfugiés doit être trouvée dans le cadre d’une paix négociée fondée sur la coexistence de deux Etats, avec un Etat de Palestine souverain, indépendant, démocratique, d’un seul tenant et viable, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés de l’Etat d’Israël, sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats.
La guerre de Gaza a traduit l’inéluctabilité des affrontements dans un contexte d’impasse politique, de haine et de discorde. Depuis vingt ans, le processus de paix a connu la répétition de trois états successifs : la relance, l’enlisement et l’échec. Chaque nouveau cycle a apporté son lot de souffrances. Il est désormais grand temps de sortir des sentiers battus. L’heure n’est plus à la répétition des processus stériles, des négociations perpétuelles qui n’aboutissent à rien. Il nous incombe de tirer les leçons du passé.
Je conclurai ainsi en soulignant à quel point il est urgent de redonner un horizon politique crédible aux efforts de paix entre Israéliens et Palestiniens. Si rien n’est fait, la solution à deux Etats risque de se réduire prochainement à un concept abstrait, inapplicable sur le terrain. Le Luxembourg est convaincu que la communauté internationale, y compris le Conseil de sécurité, peut et doit jouer un rôle, notamment en réaffirmant les paramètres de la solution à deux Etats. Nous sommes prêts à y contribuer, comme nous sommes prêts à continuer de soutenir l’action exemplaire menée par l’UNRWA sous la direction du Commissaire général Pierre Krähenbühl.
Je vous remercie."














