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Débat du Conseil de sécurité - Paix et sécurité en Afrique : Ebola

Publié le vendredi 21 novembre 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Représentant permanent du Luxembourg :

"Monsieur le Président,

Nous sommes reconnaissants à notre collègue des Etats-Unis Samantha Power d’avoir demandé la tenue de de ce débat. Nous espérons que l’engagement continu du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations Unies donnera l’impulsion requise aux efforts en cours pour vaincre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest.

Je remercie l’Envoyé spécial David Nabarro et le Représentant spécial Anthony Banbury pour leurs présentations et pour leurs efforts inlassables. Je remercie tout particulièrement Thomas Mauget, le Chef de Délégation Guinée de la Croix-Rouge française, pour le témoignage du terrain qu’il nous a livré de Conakry. Au nom du Luxembourg, je voudrais rendre hommage à l’engagement héroïque des milliers de volontaires, nationaux et internationaux, qui, au péril de leur vie, sont en train d’endiguer l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Je tiens de même à exprimer mes sincères condoléances aux autorités et à nos collègues du Rwanda pour la disparition le 17 novembre de Marcel Rudasingwa, responsable de la gestion de la crise d’Ebola en République de Guinée dans le cadre de la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre Ebola, ainsi qu'à la MINUAUCE.

Monsieur le Président,

Même si le dernier rapport de situation de l’OMS permet d’entrevoir une lueur d’espoir, le moment n’est pas venu de baisser la garde. Au contraire, l’effort de la communauté internationale doit se poursuivre et s’intensifier.

Comme la collègue lituanienne vient de le rappeler, l’Union européenne et ses Etats membres se sont engagés à mobiliser plus d’un milliard d’euros. Beaucoup d’Etats membres envoient du personnel médical et humanitaire, des laboratoires mobiles ou du matériel spécialisé. Le Centre de coordination de la réaction d’urgence de l’Union européenne a été activé. Dans ce cadre, le Luxembourg met à disposition des capacités d’évacuation médicale pour rapatrier les travailleurs humanitaires internationaux qui seraient infectés par le virus Ebola. A partir de la mi-décembre 2014, deux avions de Luxembourg Air Ambulance spécialement équipés pour évacuer des patients infectés par le virus Ebola seront disponibles. Tous les Etats membres, les Nations Unies, les agences de l’ONU et les organisations internationales pertinentes peuvent faire appel à cette capacité, une capacité critique pour soutenir le personnel humanitaire déployé sur le terrain.

De plus, au début de ce mois, mon pays a mobilisé des capacités de transport aérien stratégique qui ont permis d’acheminer du matériel humanitaire à Conakry, Freetown et Monrovia. Cette opération logistique a permis de renforcer les capacités de la MINUAUCE et du PAM à répondre à l’épidémie d’Ebola, en leur fournissant notamment des véhicules médicalisés et du matériel de transmission, pour une contrevaleur d’un million d’euros. La contribution totale du Luxembourg à la lutte contre l’épidémie d’Ebola et à la préparation des pays de la région dépasse ainsi les deux millions de dollars.

La propagation du virus Ebola au Mali est un développement préoccupant. Nous sommes cependant convaincus que la réaction rapide des autorités du Mali, en partenariat avec l’OMS et la MINUAUCE, permettra d’endiguer rapidement le virus. Le cas du Mali illustre l’importance pour les Etats membres de la région de se préparer à prévenir, dépister, isoler et traiter tous les cas d’Ebola dans les meilleurs délais. Ils ont besoin de notre appui pour renforcer leurs capacités en la matière. Pour notre part, nous soutenons un programme régional mis en œuvre par la Croix-Rouge qui bénéficie au Bénin, au Burkina Faso, au Burundi, au Mali, au Niger et au Sénégal.

Nous saluons l’attitude responsable de tous les Etats membres qui ont maintenu leurs liens de transport et de commerce avec les pays les plus touchés par l’épidémie. Nous saluons également les compagnies aériennes et maritimes qui continuent de fournir leurs services essentiels pour l’économie des pays de la région.

Monsieur le Président,

Au-delà de l’urgence, nous devons d’ores et déjà préparer l’après-Ebola. La Formation Guinée de la Commission de consolidation de la paix (CCP), que j’ai l’honneur de présider, y travaille activement avec les autorités de la République de Guinée et avec les Formations Libéria et Sierra Leone de la CCP. Le 3 novembre dernier, les trois Formations ont tenu une réunion conjointe pour évaluer l’impact multiforme de l’épidémie d’Ebola. A la suite de cette réunion, nous avons adressé une lettre au Président de la Commission pour l’inviter à demander au Secrétaire général d’évaluer l’impact de l’épidémie dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance locale, des institutions politiques, de la cohésion sociale et du développement économique durable. Cette évaluation permettra à la communauté internationale de mieux soutenir le redressement de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone à plus long terme. La Commission de consolidation de la paix aura son rôle à jouer dans ce contexte, un fait que la déclaration présidentielle que nous venons d’adopter à l’initiative des Etats-Unis reconnait à juste titre.

Pour conclure, je voudrais vous assurer de l’engagement plein et entier de mon pays à contribuer concrètement à l’effort sans précédent qui est déployé par la communauté internationale pour libérer les pays affectés du virus Ebola et éradiquer ainsi cette menace pour la paix et la sécurité internationales.

Je vous remercie."

Déclaration présidentielle adoptée lors du débat (S/PRST/2014/24)

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