New York - Représentation permanente du Luxembourg auprès des Nations Unies > News > Débat du Conseil de sécurité sur la MINUK >
Débat du Conseil de sécurité sur la MINUK
Intervention de M. Olivier Maes, Chargé d’affaires a.i., Représentant permanent adjoint du Luxembourg:
"Monsieur le Président,
Je remercie à mon tour le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la MINUK, Monsieur Farid Zarif, de son exposé. Je salue Son Excellence Monsieur Aleksandar Vučić, Premier Ministre de la Serbie, et Son Excellence Monsieur Hashim Thaçi, Premier Ministre du Kosovo, et les remercie de leurs interventions.
Nous saluons le fait que la situation sécuritaire au Kosovo est restée calme et stable au cours de la période qui a suivi notre dernier débat au Conseil de sécurité, y compris dans les quatre municipalités à majorité serbe dans le nord du pays. Autre fait positif : la Serbie et le Kosovo ont poursuivi le processus de normalisation de leurs relations, au niveau technique, dans le cadre du dialogue facilité par l’Union européenne, en attendant la constitution du nouveau Gouvernement du Kosovo suite aux élections du 8 juin.
Nous encourageons les nouveaux élus à créer dans les meilleurs délais les conditions nécessaires à la reprise du dialogue à haut niveau facilité par l’UE. Les récentes avancées dans les discussions entre les deux partis ayant recueilli le plus de voix lors des élections laissent espérer la formation prochaine d’un Gouvernement soutenu par une majorité stable au Parlement. Il incombe aux nouveaux élus de faire preuve d’esprit de compromis et de faire primer l’intérêt du pays et le respect de la Constitution du Kosovo sur d’autres considérations.
Monsieur le Président,
Le Luxembourg se félicite des importantes mesures qui ont été prises par les organes de police et de sécurité du Kosovo pour contribuer à la lutte contre le problème mondial de l’extrémisme violent. Je pense en particulier aux mesures prises afin d’empêcher la participation de citoyens kosovars aux conflits à l’étranger. Nous encourageons le nouveau Parlement à faire de l’adoption du projet de loi interdisant la participation de Kosovars à des conflits armés à l’extérieur du Kosovo une de ses priorités.
Parmi les autres priorités qui attendent les nouveaux élus figure, outre le budget de 2015, la mise en place du tribunal spécial, suite aux travaux de l’Equipe spéciale d’enquête d’EULEX sur les allégations contenues dans le rapport de Dick Marty. Ce tribunal spécial permettra de traduire en justice les responsables des crimes commis, tout en permettant à ceux qui sont accusés à tort de prouver leur innocence.
En parlant de la Mission Etat de droit de l’Union européenne, EULEX, et étant donné que plusieurs intervenants ont évoqué les allégations de corruption visant des magistrats d’EULEX, je voudrais souligner ici que nous avons pleine confiance en la capacité de Monsieur Jean-Paul Jacqué, l’expert indépendant nommé le 10 novembre dernier par la Haute Représentante de l’Union européenne, Federica Mogherini, pour faire toute la lumière sur ces allégations. Ces allégations ne doivent pas être utilisées pour remettre en cause le rôle important qu’EULEX continue de jouer pour renforcer l’Etat de droit au Kosovo.
Monsieur le Président,
La formation prochaine du nouveau Gouvernement au Kosovo devra être suivie d’une reprise sans délai du dialogue à haut niveau facilité par l’Union européenne, afin d’assurer l’application complète de l’accord historique conclu le 19 avril 2013. Une importance particulière doit être accordée à cet égard à deux points : la mise en place de l’Association/Communauté des municipalités à majorité serbe, et le démantèlement intégral des structures parallèles, en particulier des structures de sécurité.
Le processus de normalisation des relations entre Belgrade et Pristina sous les auspices de l’Union européenne a durablement changé la nature des relations entre la Serbie et le Kosovo. Au fur et à mesure que les deux pays progressent sur la voie de l’intégration européenne, l’implication des Nations Unies sur le terrain deviendra de moins en moins déterminante. Nous encourageons donc les Nations Unies à ajuster leur présence à la stabilisation durable de la situation au Kosovo, comme l’Union européenne l’a fait, entre autres, en reconfigurant EULEX. Il serait également opportun de revoir le cycle des rapports et des réunions du Conseil de sécurité consacrés à la MINUK.
Pour conclure, alors que notre mandat au Conseil de sécurité approche de son terme, je voudrais saisir cette occasion pour encourager une nouvelle fois les responsables de la Serbie et du Kosovo à continuer de faire preuve de la volonté et du courage politiques nécessaires pour mener à bien la réconciliation entre leurs pays et les rapprocher de l’Union européenne. Le Kosovo et la Serbie pourront continuer de compter sur le soutien actif du Luxembourg pour réaliser leur avenir européen.
Je vous remercie."














