Recherche avancée

New York - Représentation permanente du Luxembourg auprès des Nations Unies > News > Débat public du Conseil de sécurité - Le sort des enfants... >

Débat public du Conseil de sécurité - Le sort des enfants en temps de conflit armé

Publié le mardi 02 août 2016

New York, le 2 août 2016

 

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

 

 

Madame la Présidente,

Permettez-moi de vous remercier d’avoir organisé l’important débat de ce jour, ainsi que tous les intervenants qui y ont contribué.

Le Luxembourg s’associe pleinement à l’intervention de l’Union européenne ainsi qu’à celle du Canada au nom du Groupe des amis sur les enfants et les conflits armés.

Il y a vingt ans, en août 1996, Graça Machel publia son rapport consacré à l’impact des conflits armés sur les enfants. Depuis cette date, nous avons élaboré - collectivement, étape par étape - un mécanisme de protection des enfants qui compte parmi les succès incontestables des Nations Unies. Nous l’avons fait dans le consensus, unis dans la conviction que les enfants représentent pour chaque nation ce qu’il y a de plus sacré.

Grâce à ce mécanisme - au centre duquel se trouvent le groupe de travail du Conseil sur les enfants et les conflits armés et le mécanisme de surveillance et de communication de l’information - des dizaines de milliers d’enfants ont pu être secourus, libérés des rangs armés, réintégrés dans leurs familles et retrouver le chemin de l’école.

Tous les pays dont les forces de sécurité nationales figurent dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général ont à présent signé un plan d’action avec l’ONU pour mettre fin aux violations graves contre les enfants. Cela doit beaucoup à la mobilisation accrue suscitée par la campagne « Enfants, pas soldats » lancée par la Représentante spéciale et UNICEF en 2014. Nous nous félicitons que le Soudan ait pris à son tour cet engagement en signant le 27 mars dernier un plan d’action en présence de Madame Leila Zerrougui. Il s’agit à présent de bâtir sur cette volonté politique afin d’aboutir dans les meilleurs délais à la pleine mise en œuvre du plan d’action.

Au-delà de la campagne « Enfants, pas soldats », d’autres avancées sont à relever au cours de l’année écoulée, telles que l’intensification du dialogue entre la Représentante spéciale et les groupes armés non-étatiques, dont on sait qu’ils constituent la majorité des partis au conflit figurant dans les annexes du rapport du Secrétaire général. Cela a déjà porté ses fruits pour la Colombie. Nous saluons également la décision du Secrétaire général de suspendre de toute participation aux opérations de paix les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police qui figurent dans les annexes de ses rapports annuels.

Mais si des progrès ont été faits, beaucoup reste à faire. Le rapport annuel du Secrétaire général dresse en effet un tableau bien sombre de la situation en 2015.

En Afghanistan, les enfants sont touchés de façon disproportionnée par la recrudescence des attaques. L’année dernière, une victime civile sur quatre était un enfant. En Syrie, l’enrôlement en masse et l’utilisation d’enfants par Daech se sont poursuivis, tout comme les attaques, en particulier par le Gouvernement, contre des écoles et des hôpitaux, notamment du fait de l’utilisation croissante de frappes aériennes et d’armes explosives dans des zones peuplées. Les cas d’enlèvements d’enfants ne restent que trop courants en Iraq ou en République centrafricaine, voire au Soudan du Sud, où ils ont encore augmenté. Au Yémen, le nombre d’enfants tués ou mutilés au cours de l’année 2015 a été multiplié par six.

Pour cette raison:

  • Nous réitérons notre soutien sans équivoque au mandat de la Représentante spéciale qui œuvre sans relâche à la protection des enfants en temps de conflit armé. L’indépendance de son travail ne saurait être remise en cause. Nous comptons sur tout un chacun pour la respecter ;
  • Nous réaffirmons notre confiance sans faille dans les instruments de protection, et notamment dans le mécanisme de surveillance et de communication de l’information, mis en place par ce Conseil, et qui vérifie l’exactitude de toutes les informations consignées dans le rapport annuel et ses annexes. Ce rapport est le fruit de vastes consultations menées au sein du système des Nations Unies, au Siège et sur le terrain, et avec les Etats membres concernés ;
  • Nous réaffirmons notre volonté de voir, dans les opérations concernées, les conseillers à la protection de l’enfance continuer à exercer leur mandat spécifique.

Voilà pourquoi nous continuons également d’appuyer de façon concrète le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général tout comme le Département des opérations de maintien de la paix. Nous avons de même décidé de soutenir un projet de recherche de l’Université des Nations Unies, réalisé en partenariat avec UNICEF, et qui doit permettre de développer des outils afin de mieux guider l’action du personnel de l’ONU sur le terrain pour prévenir, protéger et désengager les enfants de la violence extrême.

Madame la Présidente,

Alors que nous célébrons cette année le vingtième anniversaire de l’agenda « enfants et conflits armés », nous devons redoubler d’efforts pour renforcer la protection des enfants. Si notre détermination venait à fléchir, nous serions jugés sévèrement par l’histoire.  

Je vous remercie.

Retour