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Débat public du Conseil de sécurité - Le sort des enfants en temps de conflit armé

Publié le mardi 31 octobre 2017

New York, le 31 octobre 2017

 

Intervention de S.E. M. Christian Braun

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

 

 

 

Madame la Présidente,

Permettez-moi de remercier la Présidence française d’avoir organisé l’important débat de ce jour, ainsi que tous les intervenants qui y ont contribué, notamment la Représentante spéciale, Mme Virginia Gamba.

Le Luxembourg s’associe pleinement à l’intervention de l’Union européenne ainsi qu’à celle du Canada au nom du Groupe des amis sur les enfants et les conflits armés et à l’intervention de la Norvège au nom des pays qui ont souscrit à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles.

Depuis plus de vingt ans, les Nations Unies ont travaillé inlassablement à la mise en place d’un mécanisme de protection des enfants en situation de conflits armés. En dépit des succès indéniables que constituent la libération, la réintégration dans leurs familles et à l’école de dizaines de milliers d’enfants, d’année en année, nous constatons tous que les violations graves commises contre les droits fondamentaux des enfants persistent à un niveau alarmant un peu partout dans le monde dans les zones et pays en conflits.

Dans son rapport, le Secrétaire Général met l’accent sur l’ampleur et la gravité des violations l’année passée, notamment le nombre alarmant de meurtres et de mutilations, de cas de recrutement et d’utilisation d’enfants et, de refus d’accès humanitaire. Nous devons continuer à inlassablement condamner :

  • Le recrutement et de l'utilisation d'enfants par toutes les parties au conflit, y compris les groupes armés et les forces gouvernementales;
  • Le refus de l'accès humanitaire avec des conséquences dévastatrices pour les enfants;
  • Les attaques contre les écoles et les hôpitaux: dans presque tous les pays où des programmes sur les enfants et les conflits armés ont été lancés;
  • La détention d'enfants pour leur association présumée avec des groupes armés;
  • L’utilisation accrue d'enfants en tant que bombes humaines et boucliers humains
  • Nous réitérons notre soutien sans équivoque au mandat de la Représentante spéciale qui œuvre sans relâche à la protection des enfants en temps de conflit armé. L’indépendance de son travail, notamment en ce qui concerne l'inscription de tous les auteurs de violations graves identifiés par le mécanisme de surveillance dans les annexes du rapport du Secrétaire Général, ne saurait être remise en cause. Nous comptons sur tout un chacun pour la respecter ;
  • Nous encourageons tous les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait à souscrire aux Principes de Paris, à ratifier le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, et à endosser la Déclaration sur la sécurité dans les écoles ;
  • Face à la tendance d’arrestation et de détention d’enfants pour atteinte à la sécurité qui les prive de leurs droits et garanties fondamentaux, nous estimons qu’il faut traiter les enfants associés à des groupes armés, y compris ceux qui se livrent à un extrémisme violent, comme des victimes, éligibles à la pleine protection de leurs droits de l'homme;
  • La libération et la réintégration des enfants est un défi continu, complexe et à long terme qui est primordial pour briser le cycle de violence et assurer la paix et la sécurité de façon durable. Il faut veiller à intégrer, dès le début, des dispositions spécifiques sur les besoins des enfants dans les processus de paix et les accords de paix ;
  • Nous réaffirmons notre volonté de voir, dans les opérations de maintien de la paix et dans les missions politiques des Nations Unies, les conseillers à la protection de l’enfance continuer à exercer leur mandat spécifique de manière indépendante. Les ressources nécessaires doivent être mises à disposition pour permettre d'exécuter les mandats essentiels de protection de l'enfance avancés par le Conseil de sécurité ;

Monsieur le Président,

Le Luxembourg, ensemble avec la Suisse, appuie un projet de recherche de l’Université des Nations Unies, réalisé en partenariat avec UNICEF, qui permettra de développer des outils afin de mieux guider l’action du personnel de l’ONU sur le terrain pour prévenir, protéger et désengager les enfants de la violence extrême. Ce rapport sera présenté début de l’année prochaine.

Enfin, le Luxembourg continue son appui financier et politique au Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général ainsi qu’au Département des opérations de maintien de la paix.

Je vous remercie.

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