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Débat public du Conseil de sécurité : Protection des civils en période de conflit armé
Intervention de S. E. Mme Sylvie Lucas, Représentant permanent du Luxembourg:
"Monsieur le Président,
Permettez-moi de remercier le Chili pour l’organisation de ce débat public sur la protection des civils et pour avoir choisi de mettre l’accent sur les besoins spécifiques des femmes et des filles dans les situations de conflit armé et après un conflit.
Le Luxembourg souscrit pleinement à la déclaration de l’Union européenne.
L’année 2015 verra coïncider plusieurs rendez-vous importants. L’examen de haut niveau sur la mise en œuvre de la résolution 1325 et l’examen de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Pékin seront sans conteste les événements marquants de l’année pour faire progresser l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes. Deux autres évaluations importantes auront lieu cette année. Elles concernent les opérations de paix de l’ONU et l’architecture de consolidation de la paix. En termes de protection des civils, tous ces examens doivent permettre d’identifier des pistes pour améliorer nos moyens d’action. Pour cela, il est impératif que les conclusions et recommandations de ces examens distincts mais complémentaires soient coordonnées afin de créer un effet de synergie.
Monsieur le Président,
La note de réflexion que vous avez circulée pour ce débat et les exposés de la Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires, du CICR et du Groupe de travail des ONG sur les femmes et la paix et la sécurité ont bien décrit la situation dramatique des femmes et des filles dans les situations de conflit armé et les nombreuses violations du droit international humanitaire dont elles sont les victimes. C’est le cas en Syrie, en Irak, où Daesh utilise la violence sexuelle comme tactique de guerre, en République centrafricaine et au Soudan du Sud, où les femmes sont affectées de façon disproportionnée par les déplacements massifs de population. C’est le cas aussi au Nigéria, où Boko Haram cible délibérément les femmes et les jeunes filles.
Cette liste n’est hélas pas exhaustive. Face à ce fléau largement répandu, tous les Etats membres, les organisations régionales, les organes et entités du système des Nations Unies et les organisations de la société civile doivent unir leurs efforts pour assurer un environnement protecteur pour les civils. Le Conseil de sécurité, en particulier, doit faire preuve de cohérence dans son approche, en s’assurant que les responsables des crimes commis contre les civils soient traduits en justice, et en prenant des mesures ciblées à l’encontre des responsables de graves violations des droits de l’homme. Lors de ses visites de terrain, le Conseil de sécurité devrait aborder de façon systématique la question de la protection des femmes avec les autorités concernées et rencontrer des organisations locales de femmes.
La même cohérence est requise dans l’établissement des Missions de maintien et de consolidation de la paix. Ces Missions doivent être dotées d’un mandat adéquat et de ressources suffisantes pour protéger les civils, notamment par le déploiement de conseillers en genre, de conseillers pour la protection des femmes et de conseillers pour la protection de l’enfance. Ces trois types de conseillers ont chacun, il faut le rappeler, leur rôle spécifique à jouer. Le Conseil devrait par ailleurs continuer à se tenir informé de la situation des femmes et des filles en invitant régulièrement à ses débats le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles en conflit, ou encore la Directrice exécutive d’ONU Femmes.
Monsieur le Président,
Si la protection des civils et les besoins spécifiques des femmes et des filles sont au centre de ce débat, ce serait déresponsabiliser les femmes que de les cantonner dans un rôle passif de victimes. Il faut ainsi veiller à renforcer la participation des femmes dans la médiation, la résolution des conflits ainsi que dans tous les processus politiques. Depuis 2010, le Luxembourg soutient un programme mis en place par le Département des opérations de maintien de la paix pour promouvoir la participation politique des femmes après un conflit. Ce programme a permis d’aller de l’avant en termes de participation et d’association des femmes au Timor-Leste, en Haïti, en République démocratique du Congo ou encore au Libéria. Il a aussi montré que la protection des droits et de l’intégrité physique et morale des femmes est une condition importante pour qu’elles puissent prendre la place qui leur revient dans le champ de l’action politique.
Pour conclure, je formulerai le vœu que les idées avancées lors de ce débat puissent être mises en œuvre de manière conséquente, afin d’améliorer la protection des civils sur le terrain. Nous devons tous nous mobiliser pour que l’année 2015 puisse tenir ses promesses et initier le changement que des millions de femmes et de filles attendent de par le monde.
Je vous remercie."














