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Dialogue interactif informel de l’Assemblée générale des Nations Unies - Rapport du Secrétaire général « La responsabilité de protéger au cours des 10 prochaines années : mettre en œuvre l’action collective »

Publié le mercredi 07 septembre 2016

New York, le 6 septembre 2016

 

Intervention de S.E. M. Christian Braun

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

 

 

Monsieur le Modérateur,

Je remercie le Président de l’Assemblée générale d’avoir convoqué ce dialogue interactif qui est l’occasion de réaffirmer le plein appui de mon pays au principe de la responsabilité de protéger et à sa mise en œuvre.

Je m’associe aux interventions de l’Union européenne et des Pays-Bas au nom du Groupe des amis de la responsabilité de protéger.

Le rapport du Secrétaire général dresse un constat sans appel : malgré les avancées réalisées depuis le Sommet mondial de 2005, la communauté internationale qui aspirait à protéger les populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité a, je cite le rapport, « lamentablement échoué ». C’est un fait démontré au quotidien.

Le Secrétaire général avance quatre propositions pour surmonter les obstacles à la mise en œuvre de la responsabilité de protéger. Nous soutenons ses propositions et espérons que le prochain Secrétaire général les fera siennes.

Un obstacle majeur à la mise en œuvre de la responsabilité de protéger est le fait que de plus en plus de parties aux conflits, qu’il s’agisse de forces gouvernementales ou de groupes armés non étatiques tels que Daech ou Boko Haram, violent le droit international humanitaire ouvertement et en toute connaissance de cause, et continuent de le faire en toute impunité. La lutte contre l’impunité doit dès lors être une priorité absolue. A cet égard, nous saluons le lien établi par le Secrétaire général entre la responsabilité de protéger et l’action de la Cour pénale internationale en matière de justice pénale internationale.

Amener les responsables à répondre des atrocités qu’ils ont commis contribue à prévenir d’autres atrocités. La prévention d’atrocités, y compris la prévention de la récurrence d’atrocités, voilà une autre priorité clef à nos yeux. Elle motive l’engagement du Luxembourg au sein de la Commission de consolidation de la paix, en particulier pour contribuer à la pérennisation de la paix en Guinée.

Quand la prévention ne porte pas ses fruits, la communauté internationale doit être en mesure d’agir de manière résolue, avec tous les outils dont elle dispose, pour protéger les populations affectées. Un rôle clef revient ici, cela a été dit, au Conseil de sécurité. La paralysie du Conseil alors que des populations endurent des crimes atroces, comme cela a été trop souvent le cas au cours du conflit en Syrie, n’est pas acceptable. Pour remédier à cette paralysie, nous soutenons l’initiative lancée par la France et le Mexique visant à ce que les membres permanents du Conseil de sécurité s’abstiennent de recourir au veto en cas d’atrocités de masse.

Au-delà des cinq membres permanents du Conseil, tous les Etats membres doivent prendre leurs responsabilités. Nous encourageons ainsi les Etats membres qui ne l’ont pas encore fait à souscrire au Code de conduite élaboré par le groupe ACT concernant l’action du Conseil de sécurité contre le génocide, les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre. 112 pays soutiennent ce code de conduite. Son application permettra de renforcer notre capacité collective à mettre en œuvre la responsabilité de protéger.

 

Je vous remercie.

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