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Manifestation de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies relative aux objectifs de développement durable - Laboratoire de financement des objectifs de développement durable (« SDG Financing Lab »)

Publié le mardi 18 avril 2017

New York, le 18 avril 2017

 

Intervention de S.E. M. Marc BICHLER

Ambassadeur itinérant du Luxembourg pour le changement climatique

 

 

Monsieur le Président,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Merci tout d’abord pour l’organisation de ce forum de discussion sur un sujet aussi important que le financement du développement durable. Je me rallie à la déclaration faite au nom de l’Union européenne.

Il n’y a pas de développement durable sans financement durable du développement.

Cette maxime sert depuis bientôt trois décennies de fondement à l’aide publique au développement du Luxembourg qui s’élève à près d’un pour cent de notre revenu national brut. La pertinence de cette maxime ne nous a jamais frappés davantage que pendant le deuxième semestre 2015 quand le Luxembourg assurait la présidence de l’Union européenne et préparait à ce titre les rendez-vous internationaux qui ont abouti à l’adoption du Addis Ababa Action Agenda sur le financement du développement, des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Accord de Paris sur la lutte internationale contre le changement climatique.

Très tôt au cours de ces processus, il est apparu que la question du financement occuperait une place centrale dans les négociations. Très vite aussi les avis d’experts ont-ils confirmé que les besoins en financement pour réaliser nos nouveaux engagements contre la pauvreté et le changement climatique allaient dépasser de loin les moyens disponibles dans les budgets publics des Etats. Il faut désormais raisonner en milliers de milliards, et tout en réaffirmant l’importance des ressources financières publiques nationales et de l’aide publique au développement, il est désormais clair que de nouvelles alliances doivent être forgées avec les acteurs du secteur privé si nous voulons nous donner les moyens financiers de nos ambitions économiques, sociales et environnementales. C’est à quoi nous nous appliquons de manière renforcée depuis deux ans à Luxembourg.

 

Monsieur le Président,

Trois principes me semblent particulièrement importants si nous voulons aligner les financements nécessaires pour la réalisation des ODD :

En premier lieu, les défis de la lutte contre la pauvreté et le changement climatique sont d’une telle complexité que seule une coalition multi-acteurs et pluridisciplinaire permet une action efficace à long terme. Pour y parvenir, tous les acteurs impliqués – publics et privés et société civile – doivent partager l’objectif stratégique du développement durable, y reconnaître leur propre avantage et, dans cet esprit, s’impliquer sur base de leur motivation individuelle – qu’il s’agisse de politiques pour les gouvernements, de missions pour les ONG ou de business plans pour le secteur privé. C’est ainsi que le financement du développement durable devient durable à son tour.

Deuxièmement, il est essentiel de comprendre – et de l’expliquer de manière convaincante aux partenaires du secteur privé – que les activités de développement durable, pour coûteuses et risquées qu’elles puissent être, renferment un nombre insoupçonné d’opportunités économiques qui permettent à la fois un rendement financier raisonnable et un impact social et/ou environnemental quantifiable selon les cibles et les indicateurs des ODD.

Troisièmement, chaque projet ou programme de développement durable connaît des besoins de financement spécifiques, suivant le secteur d’activité en question, l’endroit géographique de mise en œuvre et son stade d’avancement. Nos stratégies de financement du développement durable doivent obligatoirement en tenir compte et aligner les instruments financiers adéquats au bon moment : les subsides, l’APD, les dons philanthropiques, les prises de participation ou les prêts à long terme.

A Luxembourg, nous appliquons ces principes notamment en matière de financement de l’action climatique, ce qui nous a permis au fil des deux dernières années :

  • de nouer un partenariat innovant avec la Banque européenne d’investissement, pour un effet de levier efficace sur l’investissement privé,
  • de lancer un accélérateur pour des gestionnaires de fonds d’investissement en vue du financement d’activités d’adaptation et d’atténuation (mitigation),
  • de lancer la première bourse à 100 pour cent verte, avec une valeur de 50 milliards d’euros à ce jour,
  • de mettre en place un système de certification pour éviter le greenwashing des investissements climatiques privés.

 

Monsieur le Président,

Vous pouvez compter sur nous pour agir de manière tout aussi déterminée afin d’être à la hauteur de nos engagements pris dans le cadre de l’Agenda 2030 dans son ensemble. Nous sommes prêts à continuer le dialogue et à partager les leçons apprises avec nos partenaires.

 

Je vous remercie de votre attention.

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