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Mr. Jean Feyder, Permanent Representative to the United Nations in Geneva, adresses the Durban Review Conference (Geneva, 20-24 April 2009)

Publié le jeudi 23 avril 2009

Speech delivered by Mr. Feyder:

Monsieur le Président,

Madame la Haut Commissaire,

Excellences,

Chers délégués,

Je m’associe pleinement à l’intervention qu’a faite mon collègue suédois au nom de l’Union Européenne.

Le Luxembourg se félicite de l’adoption par consensus du Document final hier par notre Conférence. Je remercie le facilitateur russe Monsieur Yuri Boichenko et toute l’équipe qui l’a assistée pour le travail de préparation patient et décisif.

Ce document constitue un nouveau jalon dans la lutte de l’humanité contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance. C’est en faisant preuve d’esprit de compromis que nous sommes parvenus à cet accord qui - pour nous - respecte les fondements de nos démocraties et de nos valeurs. Le texte dénonce justement l’antisémitisme, s’abstient de langage stigmatisant une seule région au monde, consacre le principe essentiel de la liberté d’expression tout en réaffirmant l’impératif de lutter contre l’incitation à la haine et nous rappelle la mémoire de l’Holocauste. La déclaration de Genève souligne également les droits des femmes et l’égalité des sexes, la lutte contre la traite des êtres humains, la non-discrimination des minorités et des personnes atteintes d’un handicap ou encore des personnes atteintes du VIH/SIDA.

Cette déclaration fournit également une réponse claire et nette aux propos choquants et inacceptables tenus lundi par le Président Ahmadinejad qui s’est délibérément placé en dehors de l’esprit de consensus qui a marqué nos travaux et en dehors de l’esprit de coopération, de tolérance et de dialogue entre tous les Etats qui est celui du Conseil des droits de l’homme.

Le monde est frappé par une crise financière et économique sans précédent. Cette crise doit nous conduire à faire preuve d’une vigilance particulière. Car il s’agit d’éviter, de manière résolue, toute vague de discrimination raciale et xénophobe risquant d’affecter en particulier les migrants, les étrangers et les groupes vulnérables de la société.

La lutte contre le racisme et la discrimination raciale concerne tous les Etats.

Nous devons nous concentrer sur une évaluation sans complaisance des progrès réalisés depuis 2001 et trouver un accord sur les actions à mener à l’avenir.

Méfions-nous des chantres du choc des civilisations parfois encouragés par les évènements du 11 septembre 2001. Ce discours est trompeur. La réalité montre qu’à la faveur la mondialisation, les civilisations sont en train de se rapprocher les unes des autres. Conscients du métissage entre cultures des différents continents en train de se produire, intensifions le dialogue entre civilisations dans un souci de fermer la route à tous les revers possibles et à toutes les violences susceptibles d’être engendrées.

L’histoire, en effet, doit nous conduire à faire preuve à la fois d’ouverture et d’humilité au delà de toutes les sensibilités politiques et nationales. Cela concerne une connaissance objective de la traite des Noirs dans toutes ses dimensions. Dans ce contexte, je me plais à signaler la contribution du Luxembourg à la réalisation du film ‘Retour à Gorée’ avec la participation de Youssou N’Dour.

N’oublions pas non plus que ni la création des Nations Unies ni l’entrée en vigueur d’une Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale n’ont empêché le génocide au Rwanda, ni les massacres de Srebenica, ni les tueries entre diverses communautés dans pratiquement tous les continents – hier et aujourd’hui-. La marginalisation des populations les plus vulnérables continue qu’il s’agisse des femmes, des peuples autochtones, des minorités ethniques, religieuses, sexuelles ou linguistiques. Renforçons notre action commune pour le développement sachant que c’est la pauvreté qui constitue une des causes les plus fréquentes des discriminations raciales souvent violentes auxquelles nous assistons aujourd’hui.

Un mot sur la situation de mon pays qui a une population totale de 485.000 habitants, qui compte 42% d’étrangers et où quelque 130 000 transfrontaliers franchissent tous les jours la frontière. Cela représente pour nous un défi, mais également une opportunité.

En tant qu’Etat membre de l’Union européenne, notre politique nationale s’inscrit largement dans une dimension européenne. Depuis Durban, le Luxembourg a notamment mis en place une vaste campagne nationale annuelle d’information et de sensibilisation de lutte contre les discriminations avec le soutien du Programme Communautaire de Lutte contre les Discriminations.

A l’instar des autres Etats membres de l’Union européenne, la stratégie luxembourgeoise de ladite campagne a été élaborée de concert avec les parties prenantes lors de l’Année européenne de l’Egalité des chances pour tous (2007).

Il y a maintenant à peu près un an que le Centre pour l’Egalité de Traitement a été mis en place au Luxembourg. Il est devenu un acteur incontournable pour toutes les parties actives dans la lutte contre les discriminations. Ce Centre a pour mandat de publier des rapports, émettre des avis ainsi que des recommandations et conduire des études sur toutes les questions liées aux discriminations. Il apporte également une aide aux personnes qui s’estiment victimes d’une discrimination en mettant à leur disposition un service de conseil et d’orientation visant à informer les victimes sur leurs droits individuels, la législation, la jurisprudence et les moyens de faire valoir leurs droits.

Au-delà des projets de sensibilisation mentionnés, le Luxembourg s’est donné les moyens et la base juridique pour poursuivre ce devoir positif de l’Etat par le biais d’un Plan d’Action National d’Intégration et de lutte contre les discriminations créé dans la récente loi portant sur l’Accueil et l’Intégration des Etrangers. Dans cette même lignée, le Luxembourg a accepté de figurer parmi les cinq pays participant au projet pilote de la Journée de la Diversité, initiée par la Commission européenne. Cette première Journée aura lieu en automne 2009.

Le Luxembourg a récemment accueilli Mme Asma JAHANGIR, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la liberté de religion ou de convictions dans le cadre d’une table ronde que le Commissariat du Gouvernement aux Etrangers a organisé à l’occasion du soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Mesdames et Messieurs,

Le racisme est un fléau qui nous concerne tous et aucun Etat n’est au-dessus de critiques. Cette Conférence n’est certainement pas la fin d’un processus et le Luxembourg restera fermement engagé, sur le plan national comme international dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, qu’elles aient lieu sur la base de l’origine ethnique, du sexe, de l’orientation sexuelle, de la croyance, de convictions, de la religion, d’un handicap, de l’âge ou encore d’autres motifs.

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