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Rapport de la Commission de consolidation de la paix - Examen du dispositif de consolidation de la paix de l’Organisation des Nations Unies
Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas
Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg
New York, le 27 avril 2016
Monsieur le Président,
Permettez-moi tout d’abord d’adresser mes vifs remerciements à l’Ambassadeur Olof Skoog pour son engagement à la tête de la Commission de consolidation de la paix au cours de l’année écoulée et d’assurer son successeur, le Représentant permanent du Kenya, de tout notre soutien.
Je voudrais vous remercier d’avoir organisé ce débat qui intervient à un moment important, alors que nous venons d’adopter la résolution consacrée à l’examen du dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies, qui reprend, et nous nous en félicitons, bon nombre des recommandations contenues dans le rapport du Groupe consultatif d’experts. Toute notre reconnaissance va dans ce contexte à son président, l’Ambassadeur Gert Rosenthal, et aux autres membres du Groupe, pour la qualité du travail et le niveau d’ambition dont ils ont fait preuve, ainsi qu’aux Représentants permanents de l’Angola et de l’Australie qui, ensemble avec leurs équipes, ont mené à bon port les négociations qui ont conduit à l’adoption de la résolution ce matin.
Le Luxembourg s’associe pleinement à la déclaration de l’Union européenne.
Monsieur le Président,
Les résolutions identiques adoptées ce matin par l’Assemblée générale et par le Conseil de sécurité reprennent bon nombre de priorités pour lesquelles le Luxembourg s’est engagé depuis la création de la Commission de consolidation de la paix et plus particulièrement dans l’exercice de la présidence de la Formation « Guinée ». Elles confirment des tendances déjà en cours au sein de la Commission de consolidation de la paix au cours des dernières années et reflétées dans le rapport sur sa neuvième session que nous discutons aujourd’hui.
Le Luxembourg est intimement convaincu que la pérennisation de la paix requiert une approche intégrée visant à prévenir l’éclosion, l’escalade, la poursuite et la réapparition de conflits, qui associe autorités gouvernementales et autres parties prenantes au niveau national et qui bénéficie de l’appui de la communauté internationale. Nous saluons que la résolution entérine formellement cette approche qui doit prendre la forme d’un processus politique à long terme, capable d’adresser les causes profondes des conflits, et réitère l’interdépendance des éléments constitutifs d’une telle approche intégrée.
Celle-ci doit nécessairement associer le développement, la paix et la sécurité, le respect des droits de l’homme, ou encore la bonne gouvernance, et soutenir des processus nationaux inclusifs qui prennent en compte les besoins de toutes les composantes de la société. C’est également ce que nous nous efforçons de faire au niveau de la Formation « Guinée », en collaboration, et dans un esprit d’appropriation nationale, avec les autorités guinéennes et les différentes composantes de la société guinéenne, les partenaires au développement et les organisations régionales et sous régionales, dont notamment la CEDEAO et l’Union du Fleuve Mano. La Formation « Guinée », que j’ai l’honneur de présider depuis son établissement à la demande des autorités guinéennes en février 2011, met ainsi l’accent sur le dialogue national et une démarche inclusive.
L’examen du dispositif de consolidation de la paix des Nations Unies que nous venons d’adopter, reconnaît la nécessité d’une approche flexible dans la manière dont la Commission de consolidation de la paix organise ses travaux. En effet, si nous voulons maximiser la valeur ajoutée que la Commission de consolidation de la paix peut apporter, il nous faut lui donner les moyens de se saisir rapidement de contextes nationaux ou régionaux qui ne figurent pas sur son agenda, tout comme de questions thématiques et transversales, à l’instar de ce qui a été fait en 2015 pour ce qui est de la transition au Burkina Faso, du processus de paix en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou encore des défis en matière de consolidation de la paix en Somalie. Une telle approche a également été mise en pratique avec succès à partir de 2014 concernant l’épidémie d’Ebola. Les Formations « Guinée », « Libéria » et « Sierra Leone » de la Commission de consolidation de la paix ont su offrir leurs plateformes pour mobiliser l’attention internationale, non seulement concernant la menace posée en matière de santé publique, mais également concernant la stabilité des pays concernés, et au-delà, de la région ouest-africaine. Le Fonds de consolidation de la paix a, de son côté, su jouer son rôle, venant compenser les ressources qui manquaient pour faire face aux défis posés en matière de paix et de sécurité.
Sans vouloir prétendre à l’exhaustivité, permettez-moi de relever encore quelques éléments qui figurent depuis un moment parmi les priorités de la Commission de consolidation de la paix et dont la pertinence se voit réaffirmée aujourd’hui. Je veux parler de la nécessité de prendre en compte la dimension « genre » de façon transversale dans les efforts de consolidation de la paix, ou encore de la reconnaissance du rôle joué par les jeunes pour prévenir et mettre fin à des conflits. Au même titre, il importe de mentionner aussi la justice transitionnelle, en tant qu’élément clé pour consolider la paix et la stabilité et pour jeter les bases du développement.
Monsieur le Président,
Des recommandations plus ambitieuses du rapport du Groupe consultatif d’experts, notamment concernant l’accroissement du financement des activités de consolidation de la paix et l’amélioration de sa prévisibilité auraient certes mérité d’être retenues, mais le dispositif de consolidation de la paix mis en place aujourd’hui, à travers cet examen, constitue un important pas en avant, nous en sommes convaincus.
Désormais il importera d’en tirer pleinement profit. Vous saurez compter sur l’engagement et le soutien continus du Luxembourg à cette fin.
Je vous remercie de votre attention.














