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Réunion de l’Assemblée générale de haut niveau sur le VIH/sida

Publié le vendredi 10 juin 2016

New York, le 10 juin 2016

 

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

 

 

Monsieur le Président,

Cette réunion de haut niveau ne saurait venir à un meilleur moment. Suite à l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 en septembre de l’année dernière, il est en effet opportun de procéder à l’examen approfondi des progrès accomplis dans la lutte contre le VIH/sida,mais aussi, et surtout, de susciter un engagement déterminé pour mettre fin à l’épidémie du sida d’ici 2030.

Le Luxembourg souscrit pleinement à la déclaration de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Comme le rappelle le rapport du Secrétaire général, la lutte contre le sida a connu des succès significatifs ces dernières années. Les raisons d’être optimistes au regard de la mise en œuvre des dix cibles de la Déclaration politique de 2011 sur le VIH et le sida sont réelles.

Grâce aux avancées scientifiques des dernières années, l’objectif de mettre sous traitement antirétroviral 15 millions de personnes fin 2015 a été atteint, et même dépassé, dès le printemps 2015.

Nous avons réussi à réduire significativement les nouvelles infections auprès des nourrissons avec des programmes efficaces de prévention de la transmission de la mère à l’enfant. Plusieurs pays ont même atteint l’élimination complète de la transmission, et nous les en félicitons.

Les nouvelles infections au VIH et le nombre de décès liés au sida ont également pu être réduits à l’échelle mondiale.

Mais, à présent que nous approchons du but, il ne faut pas relâcher nos efforts.

Nous connaissons les obstacles et les défis qui persistent. Prenons les décisions qui s’imposent.

ONUSIDA a lancé une nouvelle cible de traitement ambitieuse. L’initiative 90-90-90, que le Luxembourg est fier de parrainer, prévoit qu’à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique ; que 90% des personnes dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable et que 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral voient la charge virale durablement supprimée. Vous saurez compter sur l’engagement inlassable à cet effet de mon pays, et de son Ambassadeur spécial ONUSIDA 90-90-90, Monsieur le Député Marc Angel.

La question des enfants touchés par le VIH/sida est un autre sujet qui nous tient tout particulièrement à cœur. En dépit des succès rencontrés dans la prévention de la transmission de la mère à l’enfant, un enfant sur deux infecté par le VIH est condamné à ne pas survivre au-delà de sa deuxième année s’il ne bénéficie pas de traitement. Cela n’est pas acceptable ! Le manque de diagnostic précoce, de formules pédiatriques adaptées des ARV, d’intégration des services, d’observance thérapeutique sont autant de problèmes auxquels il faut trouver une réponse urgente.

Nous restons également préoccupés par la situation des adolescents et des jeunes, surtout les jeunes femmes et filles, qui restent un groupe particulièrement vulnérable au VIH et qui représentent le seul groupe d’âge pour lequel le taux des nouvelles infections a augmenté. Les femmes et les jeunes filles sont toujours le groupe le plus touché par le VIH en Afrique sub-saharienne - le sida étant la cause de mortalité la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. D’où l’importance de garantir et de promouvoir le plein respect des droits sexuels et procréatifs et d’assurer l’accès aux services de santé sexuelle et procréative et une éducation sexuelle complète.

Les populations clés restent disproportionnément touchées par le VIH avec des taux de prévalence bien au-delà de la population générale. Il ne sera pas possible d’en finir avec l’épidémie du sida si les besoins des travailleurs et travailleuses du sexe, des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes, des usagers de drogues injectables, des personnes transgenres, des prisonniers, des migrants ou des personnes handicapées continuent d’être ignorés et leur accès aux soins limité.

Au-delà, il importe d’assurer les ressources financières nécessaires, notamment par l’aide publique au développement et d’autres ressources internationales, les ressources intérieures, ainsi que les financements innovants. Le Luxembourg pour sa part augmentera de huit pour cent ses contributions à la cinquième reconstitution des ressources du Fonds mondial pour la période 2017-2019. Nous espérons que d’autres suivront !

Monsieur le Président,  

Nous avons non seulement la possibilité de mettre fin à l’épidémie du sida; nous en avons le devoir moral. Si nous ne saisissions pas l’opportunité qui s’offre à nous aujourd’hui, les générations futures ne nous le pardonneraient pas - et elles auraient raison ! Faisons le bon choix.

 

Je vous remercie.

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