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Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur l’Ukraine
Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Représentant permanent du Luxembourg:
"Monsieur le Président,
Je remercie à mon tour le Sous-Secrétaire général aux Affaires politiques ad interim, Jens Anders Toyberg-Frandzen de son exposé. Je remercie également le Chef de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE, l’Ambassadeur Ertuğrul Apakan, et la Représentante de la Présidence en exercice de l’OSCE, l’Ambassadeur Heidi Tagliavini, à la fois pour leur disponibilité et pour l’éclairage précieux qu’ils ont apporté au Conseil sur la situation critique en Ukraine.
Le Luxembourg soutient pleinement les efforts déployés par la Présidence en exercice suisse de l’OSCE pour trouver une solution politique à la crise, dans le plein respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Nous soutenons aussi la Mission spéciale d’observation de l’OSCE, qui a un rôle clef à jouer pour favoriser la désescalade des tensions, en fournissant des informations objectives sur ce qui se passe sur le terrain.
Nous sommes très préoccupés par la grave détérioration de la situation dans l’est de l’Ukraine depuis le 2 novembre dernier, jour où les séparatistes ont tenu des élections illégales dans les régions des oblasts de Donetsk et de Louhansk qui sont sous leur contrôle. Alors que le Protocole et le Mémorandum de Minsk signés les 5 et 19 septembre derniers ont tracé la voie d’un règlement pacifique du conflit, le non-respect des dispositions clés des accords conclus à Minsk a contribué à une nouvelle escalade des tensions et à l’intensification des combats dans plusieurs régions de l’est de l’Ukraine.
A la multiplication des violations du cessez-le-feu conclu le 5 septembre dernier s’ajoutent d’autres signes inquiétants. Nous sommes préoccupés par les nouvelles concentrations de troupes russes à proximité immédiate de la frontière ukrainienne. Nous sommes également préoccupés par les mouvements accrus de convois militaires, dans les zones contrôlées par les séparatistes, en direction des positions de l’armée ukrainienne. Comme il vient d’être rappelé, la Mission spéciale d’observation de l’OSCE a fait état ces derniers jours d’importants convois de camions militaires sans plaques d’immatriculation, transportant des troupes, mais également des armes lourdes telles que des obusiers. Un convoi de neuf chars, quatre chars T-72 et cinq chars T-64, se dirigeant vers l’Ouest a ainsi été observé par la Mission samedi dernier, le 8 novembre. Ces mouvements de troupes et d’armes lourdes s’accompagnent d’une intensification des bombardements, en particulier autour de Donetsk.
Monsieur le Président,
Nous condamnons le simulacre d’élections qui se sont tenues le 2 novembre dans les régions de l’est de l’Ukraine contrôlées par les séparatistes, avec la bénédiction de la Russie. Nous ne reconnaissons pas ces « élections ». Elles sont illégales en vertu de la Constitution et de la loi ukrainienne. Elles constituent une violation flagrante des engagements que la Russie et les représentants des groupes armés illégaux ont pris en signant le Protocole de Minsk.
Ces élections factices ne légitiment pas les chefs de guerre à la tête des républiques auto-proclamées de Donetsk et de Louhansk, tout comme le référendum illégal en Crimée n’a pas et ne saura pas légitimer l’annexion de la péninsule par la Russie. Les rapports successifs de la Mission spéciale d’observation des droits de l’homme témoignent des violations graves des droits de l’homme commises depuis avril dernier dans les zones occupées par les groupes armés séparatistes. Ces individus ne peuvent prétendre parler au nom des habitants du Donbass.
Le Secrétaire général des Nations Unies et le Président en exercice de l’OSCE ont dénoncé à juste titre les élections du 2 novembre comme étant un obstacle aux efforts visant à trouver une solution politique au conflit.
Monsieur le Président,
Nous saluons les mesures concrètes prises par l’Ukraine pour respecter ses engagements au titre des accords de Minsk, notamment l’adoption des lois prévoyant une amnistie et un statut temporaire d’autonomie locale.
Outre l’observation sans faille du cessez-le-feu, une importance particulière revient au retrait des groupes armés, du matériel militaire, des combattants et des mercenaires illégaux, ainsi qu’à la sécurisation de la frontière entre l’Ukraine et la Russie et à sa surveillance permanente sous vérification de l’OSCE. Il est crucial dans ce contexte que la Mission d’observation des postes frontière de Goukovo et Donetsk puisse être étendue dans les meilleurs délais à d’autres postes frontière.
Monsieur le Président,
Il devient chaque jour plus urgent de mettre fin au conflit qui affecte l’Ukraine. Ce conflit a déjà causé la mort de plus de 4000 personnes depuis avril dernier. Parmi les victimes figurent aussi nombre d’enfants, dont les deux enfants fauchés le 5 novembre dernier par des obus de mortier sur un terrain de sport d’une école de Donetsk. La tuerie doit cesser. Le chemin pour sortir du conflit est tracé : il passe par l’application de bonne foi du Protocole de Minsk du 5 septembre et du Mémorandum de Minsk du 19 septembre signés par toutes les parties au conflit, avec l’appui décisif de l’OSCE en termes de vérification. L’Ukraine a démontré par ses actions sa détermination à poursuivre le chemin de la paix. Nous appelons les séparatistes et la Russie à faire de même, afin de stopper la spirale du conflit. Nous appelons la Fédération de Russie à assumer les responsabilités qui sont les siennes dans la mise en œuvre pleine et entière des accords de Minsk, en empêchant tout mouvement de militaires, d’armes ou de combattants de son territoire vers l’Ukraine et en exerçant son influence pour que les séparatistes s’acquittent des obligations auxquelles ils ont souscrit à Minsk.
Je vous remercie."














