Recherche avancée

New York - Représentation permanente du Luxembourg auprès des Nations Unies > News > Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur... >

Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur l’Ukraine

Publié le vendredi 02 mai 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Représentant permanent du Luxembourg auprès des Nations Unies

Monsieur le Président,

Je remercie le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Monsieur Jeffrey Feltman, pour son exposé.

La situation dans l’est de l’Ukraine est en train de se détériorer de manière inquiétante. Tout doit être fait pour qu’elle ne dégénère en un conflit ouvert aux conséquences incalculables pour la paix et la sécurité internationales.

Nous sommes profondément préoccupés par les actions des milices séparatistes pro-russes soutenues par la Russie, qui visent manifestement à déstabiliser l’est de l’Ukraine et à empêcher la tenue des élections présidentielles du 25 mai prochain.

Confrontée depuis maintenant deux mois à la violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, les autorités ukrainiennes ont su faire preuve de retenue. Elles n’ont pas répondu militairement à l’occupation et à l’incorporation de la Crimée dans la Fédération de la Russie. Jusqu'ici, la réponse des autorités ukrainiennes à la multiplication des cas d’occupation illégale de bâtiments publics par des milices armées, au nombre croissant d’attaques contre les forces de l’ordre ukrainiennes et à l’accroissement de la violence contre ceux qui manifestent pacifiquement pour l’unité de l’Ukraine dans l’Est du pays a été des plus modérées.

Nous regrettons profondément que les affrontements aujourd’hui près de Sloviansk et lors d’une manifestation à Odessa aient fait des morts et des dizaines de blessés selon les rapports des médias.

Nous réitérons notre appel à la désescalade des tensions et à la retenue par toutes les parties impliquées. C’est là tout l’esprit de la déclaration commune adoptée le 17 avril à Genève par les chefs de la diplomatie de l’Ukraine, de la Russie, des Etats-Unis et de l’Union européenne. Maintenant n’est pas le moment d’enterrer cette déclaration, mais de la faire revivre. Les pertes de vies humaines des dernières heures auraient pu être évitées si toutes les parties impliquées avaient fait le nécessaire pour mettre en œuvre la déclaration de Genève.

Monsieur le Président,

Nous nous réunissons alors que la situation sur le terrain est confuse. La présence sur l’ensemble du territoire de l’Ukraine d’observateurs impartiaux des Nations Unies et de l’OSCE est cruciale pour établir les faits et désarmer la propagande guerrière. Observer de manière neutre et rapporter les faits, c’est contribuer à créer les conditions pour une désescalade de cette situation dangereuse. La mission d’observation spéciale de l’OSCE doit pouvoir jouer tout son rôle pour soutenir la mise en œuvre des mesures de désescalade prévues par la déclaration de Genève. La sécurité des observateurs internationaux déployés sur l’ensemble du territoire ukrainien doit être assurée par toutes les parties.

A cette occasion, nous réitérons notre vive condamnation de la prise en otage d’une équipe d’inspecteurs militaires déployée dans le cadre du document de Vienne de l’OSCE de 2011. Nous réitérons notre appel à la Russie de continuer d’utiliser toute son influence sur les séparatistes pro-russes pour qu’ils libèrent sans conditions et dans les meilleurs délais les sept inspecteurs des Etats participants de l’OSCE qu’ils retiennent à Sloviansk depuis maintenant une semaine, ainsi que le personnel ukrainien qui les accompagnait.

Monsieur le Président,

Le Luxembourg continue de croire qu’il est encore possible de trouver une issue pacifique à la crise. Rien ne pourra se substituer à un dialogue substantiel direct entre Kiev et Moscou pour trouver une solution diplomatique à la crise concernant l’Ukraine. Pour que ce dialogue puisse avoir lieu, il faut procéder de manière urgente à une désescalade des tensions. Nous espérons que la visite prochaine à Moscou et à Kiev de Monsieur Feltman y contribuera. Les bons offices des Nations Unies sont plus que jamais nécessaires.

Je vous remercie.

Retour