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Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne

Publié le mercredi 29 octobre 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Représentant permanent du Luxembourg :

"Madame la Présidente,

Je vous remercie d’avoir organisé cette importante réunion à la demande de la Jordanie, suite à une requête urgente de l’Observateur permanent de l’Etat de Palestine. Je remercie également le Secrétaire général adjoint aux Affaires politiques, Monsieur Jeffrey Feltman, de son exposé.

 

Madame la Présidente,

La situation est grave. Les projets israéliens d’extension des colonies de peuplement en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, rendent l’émergence d’un Etat palestinien chaque jour plus difficile. Si rien n’est fait, la solution à deux Etats risque de se réduire prochainement à un concept abstrait, inapplicable sur le terrain. Si rien n’est fait, bientôt personne ne croira plus à cette solution.

La communauté internationale, et notamment ce Conseil, ne saurait se résigner à ne rien faire. Nous devons agir en exigeant la fin des provocations et déclarations incendiaires de tous bords, la fin des actes qui sèment la haine et enveniment encore davantage une situation déjà si fragile. Le Conseil de sécurité se doit de condamner les appels à la violence et les actes extrémistes commis des deux côtés, que ce soit par des militants palestiniens ou des colons israéliens. Ces actes extrémistes ont récemment encore fait des victimes parmi les enfants, tuant la jeune Palestinienne Inas, âgée de cinq ans, et la jeune Israélienne Chaya, âgée de trois mois. Le Conseil de sécurité se doit aussi de condamner la poursuite effrénée des démolitions d’infrastructures palestiniennes et les décisions de colonisation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Je pense en particulier aux décisions prises récemment, qui concernent Givat Hamatos, Har Homa et Ramat Shlomo.

Pourquoi devons-nous condamner ces décisions de colonisation ? Parce que les colonies constituent un obstacle à la paix. Parce qu’elles sont illégales au regard du droit international. Parce qu’elles viennent directement menacer la solution à deux Etats. Et parce qu’elles ne sont nullement compatibles avec les aspirations des peuples israélien et palestinien de vivre en paix et en sécurité.

Nul ne croira à l’aboutissement des efforts de paix, aussi fragiles soient-ils, si les activités de colonisation perdurent. Si elles étaient maintenues, ces décisions confirmeraient le doute que l’on peut avoir sur l’engagement d’Israël en faveur d’une solution négociée avec les Palestiniens. Comment en effet justifier la construction de milliers d’unités d’habitation, comment justifier la confiscation de tant de terres palestiniennes, alors que tous les efforts devraient tendre vers le règlement du conflit par la concrétisation de la solution à deux Etats ?

Israël veut vivre en paix, en sécurité. Israël a le droit de vivre en paix, en sécurité. Elle doit partant cesser de prendre des mesures qui sapent la viabilité des perspectives de paix. Nous exhortons Israël à revenir sur ces décisions et, de façon générale, à mettre fin aux activités de colonisation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. Nous demandons tout particulièrement l’arrêt de toutes les mesures qui affectent les équilibres démographiques à Jérusalem, dont la vocation est de devenir la capitale de deux Etats : un Etat de Palestine souverain, indépendant, démocratique, d’un seul tenant et viable, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël.

 

Madame la Présidente,

Je me dois également de revenir sur les incidents violents dans la Ville Sainte, plus particulièrement sur les velléités de la part de certains de modifier le statu quo du site de l’esplanade des mosquées. Ces agissements risquent de provoquer une crise majeure, une crise qui poserait des défis directs au monde musulman, au monde chrétien. Le Luxembourg rappelle son attachement à la liberté d’accès aux lieux saints pour toutes les religions. Toute remise en cause du statu quo sur ce site serait porteuse de risques de déstabilisation importants.

 

Madame la Présidente,

Je conclurai en soulignant à quel point il est urgent de redonner un horizon politique crédible aux efforts de paix entre Israéliens et Palestiniens. La misère, la violence et le désespoir ne font que grossir les rangs des extrémistes des deux côtés, qui se nourrissent mutuellement par leurs actes et leurs propos incendiaires. Le temps pour la mise en œuvre de la solution à deux Etats n’est pas extensible à l’infini.

L’heure est grave. L’heure est venue de mettre un terme aux mesures qui sapent la confiance et exacerbent les tensions et les souffrances. L’heure est venue de prendre des mesures audacieuses et concrètes pour parvenir à une paix juste et durable. A nos yeux, le Conseil de sécurité a un rôle à jouer à cet égard, en assumant ses responsabilités institutionnelles, en assumant un rôle plus actif pour appuyer et préserver la solution à deux Etats. Nous espérons que notre institution saura jouer tout son rôle, un rôle constructif pour aboutir à la paix, pour encourager et faciliter les efforts visant à sauver la solution à deux Etats et à mettre un terme à l’occupation.

Le Luxembourg est prêt à appuyer ces efforts.

Je vous remercie."

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