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Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur les fonctions de police dans le maintien de la paix et la consolidation de la paix
Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Représentant permanent du Luxembourg :
"Madame la Présidente,
Le Luxembourg remercie l’Australie pour l’organisation de cette première séance du Conseil de sécurité dédiée au rôle de la police des Nations Unies dans le maintien et la consolidation de la paix. Le fait que vous présidiez personnellement cette séance, Madame la Ministre, témoigne de l’engagement de votre pays en la matière. Je remercie également le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, ainsi que les Commissaires Greg Hinds, Fred Yiga et Luis Miguel Carrilho de leurs présentations. En adoptant ce matin la résolution 2185, la première résolution consacrée aux fonctions de police, le Conseil de sécurité a complété de façon utile et pratique le cadre pour les opérations de maintien de la paix, la consolidation de la paix et la réforme du secteur de la sécurité. Le Luxembourg s’est de ce fait porté coauteur de la résolution initiée par l’Australie.
Comme l’a rappelé le document de fond (S/2014/788) que vous avez préparé pour cette séance, les 20 dernières années ont été marquées par un essor sans précédent des composantes de police dans les Missions des Nations Unies. Ces Missions sont de plus en plus complexes et diverses. Elles agissent également dans des situations de plus en plus difficiles, qui peuvent rapidement se détériorer. Les exposés que nous venons d’entendre des chefs des composantes de police au Libéria, au Soudan du Sud et en République centrafricaine l’ont bien montré. Il est donc légitime que le Conseil de sécurité prête une attention accrue aux composantes de police.
Madame la Présidente,
La protection des civils est au cœur du mandat de la plupart des opérations des Nations Unies. Les composantes de police sont un acteur clef pour la bonne exécution de ce mandat. Il est ainsi indispensable, comme il a été rappelé ce matin, que les composantes de police soient bien formées et qualifiées, et qu’elles soient sensibilisées à la protection des civils. Il est essentiel qu’elles disposent des capacités et des ressources requises pour protéger efficacement les civils, en particulier les femmes et les enfants, qui sont les premières victimes des conflits. En cette journée où nous commémorons le 25e anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, nous nous félicitons du fait que la résolution que nous venons d’adopter ait pris en compte cet aspect. En effet, la résolution 2185 réitère que la protection des enfants dans les conflits armés doit être un aspect important de toute stratégie globale de règlement des conflits et de consolidation de la paix. Elle souligne aussi l’importance de renforcer la coordination entre les composantes de police et les conseillers en charge de la protection de l’enfance et de la protection des femmes. Et elle encourage la formation des policiers avant leur déploiement, sur base de scénarios, pour renforcer leur capacité à prévenir les violences sexuelles et sexistes et leurs capacités en matière de protection des enfants. Cette disposition se situe dans le droit fil de la résolution 2143 sur les enfants et les conflits armés.
Dans l’esprit interactif de cette séance, je voudrais demander aux Commissaires Yiga et Carrilho de nous dire comment ils évaluent la façon dont la protection des femmes et des enfants est mise en œuvre sur le terrain, au Soudan du Sud et en République centrafricaine. Comment la coordination entre la composante de police et les conseillers en charge de la protection de l’enfance et de la protection des femmes fonctionne-t-elle dans le cadre de la MINUSS et de la MINUSCA ? Est-ce que la désignation de points focaux pour la protection de l’enfance au sein des composantes de police permet de renforcer davantage cette coordination ? Quelles sont les mesures qui peuvent être prises au niveau du Conseil de sécurité pour renforcer les capacités des composantes de police de la MINUSS et de la MINUSCA à protéger les civils ?
Permettez-moi de dire encore un mot sur l’aspect « femmes et paix et sécurité ». Comme le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix l’a relevé, il est évident que les femmes policières apportent une contribution essentielle au travail des composantes de police, surtout quand les Missions doivent interagir avec des femmes affectées par la violence sexuelle en temps de conflit. Il importe donc de redoubler d’efforts en vue d’accroître leur nombre et d’éliminer tous les obstacles à la participation des femmes aux composantes de police. Les femmes policières doivent pouvoir accéder à tous les niveaux de responsabilité, sur le terrain comme au siège des Nations Unies.
En tant que « gardiens de la paix », les policiers sont le visage le plus visible de l’Etat pour les citoyens. Ils doivent répondre aux critères les plus rigoureux en matière de professionnalisme, de qualité et de discipline. A cet égard, la dimension du mentorat (mentoring) dans la formation des polices nationales par les composantes de police des Nations Unies nous paraît essentielle, tout comme la formation des cadres supérieurs. Je saisis cette occasion pour demander au Commissaire Hinds quelles sont les mesures qui sont prises au Libéria pour s’assurer que le renforcement des capacités de la Police nationale du Libéria (PNL) soit durable, c’est-à-dire que la PNL puisse fonctionner, à terme, sans l’appui de la MINUL ?
Madame la Présidente,
Je conclurai en exprimant la reconnaissance profonde du Luxembourg aux plus de 12.500 policiers déployés dans le cadre des opérations de maintien de la paix et des Missions politiques spéciales des Nations Unies. Aux côtés des soldats de la paix et du personnel civil, ces policiers réalisent un travail indispensable, dans des conditions souvent difficiles, pour mettre en œuvre les mandats définis par notre Conseil. Nous saluons leur engagement, comme nous saluons la mémoire de celles et de ceux qui ont donné leur vie dans l’exercice de leur fonction, au service des Nations Unies.
Je vous remercie."














