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Séance de synthèse des travaux du Conseil de sécurité au mois d'août 2014 en application de la note S/2010/507

Publié le jeudi 28 août 2014

Intervention de M. Olivier Maes Chargé d’affaires a.i., Représentant permanent adjoint du Luxembourg:

"Monsieur le Président,

Je vous remercie d’avoir organisé cette séance de synthèse en format public, qui permet de renforcer la transparence de l’action du Conseil. Je voudrais également vous exprimer nos félicitations, à vous-même et à toute votre équipe, pour votre Présidence dynamique et efficace du Conseil de sécurité au cours de ce mois d’août, qui a confirmé, s’il en était encore besoin, que le Conseil ne connaît pas de trêve estivale.

La plupart des situations qui ont figuré à l’ordre du jour du Conseil de ce mois amènent leur lot de souffrances pour les populations civiles. L’aggravation de la crise en Ukraine, que nous avons dû constater une nouvelle fois aujourd’hui-même, la poursuite des violences à Gaza jusqu’au cessez-le-feu du 26 août, la détérioration continue de la situation au Soudan du Sud et en Libye, la barbarie sans nom déployée par l’Etat islamique en Irak et en Syrie, la situation humanitaire qui reste catastrophique en Syrie malgré les progrès modestes en termes d’accès humanitaire obtenus grâce à la résolution 2165, voilà autant de situations qui doivent nous interpeller et nous amener à nous interroger sur la meilleure manière de renforcer l’action du Conseil pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Elles nous amènent à nous poser la question suivante : Que faire pour éviter de telles situations et pour prévenir la souffrance des populations civiles ?

Le débat public consacré à la prévention des conflits que vous avez organisé le 21 août a apporté des éléments de réponse à cette question. Une très grande majorité des participants à ce débat ont souligné l’importance d’une posture proactive du Conseil de sécurité pour essayer de prévenir les conflits plutôt que de réagir ex-post.

Nous nous félicitons de l’adoption lors de ce débat public de la résolution 2171, qui reprend tout un éventail d’instruments qui favorisent la prévention des conflits. Il s’agit maintenant d’en faire usage et de donner sa pleine mesure à l’article 99 de la Charte des Nations Unies. Nous espérons entendre le Secrétaire général, tout comme ses Conseillers spéciaux chargés de la prévention du génocide et de la responsabilité de protéger, pour ne citer qu’eux, nous informer dès que des signes avant-coureurs de situations de conflit se font jour.

Nous sommes convaincus qu’une dégradation substantielle de la situation des droits de l’homme annonce souvent un conflit. Ces signaux d’alerte doivent être entendus et portés à l’attention du Conseil de sécurité. L’initiative du Secrétaire général « Rights Up Front – Les Droits Avant Tout » est un instrument de choix pour alerter sur de telles situations et nous espérons qu’elle pourra être pleinement mise en œuvre, avec le concours du Haut-Commissaire aux droits de l’homme.

Ce mois-ci, plusieurs collègues y ont déjà fait référence, a été marqué par la visite de terrain du Conseil de sécurité, qui nous a permis notamment de mieux apprécier les crises qui affectent le Soudan du Sud et la Somalie. Nous avons pu nous rendre compte de la complexité de l’environnement dans lequel le personnel des Nations Unies et les acteurs humanitaires accomplissent leurs tâches. Ils se retrouvent en première ligne pour œuvrer en faveur du rétablissement de la paix et pour fournir aide et assistance aux populations prises au piège de situations de conflit, au prix de risques élevés.

Lors du débat public du 19 août, nous avons honoré la mémoire des nombreux travailleurs humanitaires et des personnels des Nations Unies qui ont payé de leur vie leur engagement. Nous soutenons l’initiative de mettre à jour la résolution 1502 de 2003, pour l’adapter aux réalités d’aujourd’hui, et nous espérons que nous pourrons adopter demain une nouvelle résolution sur la protection du personnel humanitaire. Il est de notre responsabilité individuelle et collective d’éviter que l’aide humanitaire soit détournée de son but premier et de faire en sorte que les principes qui la gouvernent soient respectés. La crédibilité de l’aide humanitaire en dépend, tout comme la sécurité de ceux qui la fournissent.

Monsieur le Président,

Une des leçons importantes que nous tirons des conflits passés est la nécessité de lutter contre l’impunité des auteurs des violations et abus des droits de l’homme et des violations du droit international humanitaire. Signifier clairement que ces criminels doivent répondre de leurs actes peut contribuer à dissuader d’autres de lancer des initiatives funestes. Notre récente visite à La Haye nous a permis une nouvelle fois de souligner l’importante contribution de la Cour pénale internationale et de la justice pénale internationale en général au maintien de la paix, mais également à la prévention des conflits.

Une responsabilité particulière revient en la matière au Conseil de sécurité. Seul notre engagement collectif permet de faire la différence. En ce sens, et alors qu’elle s’apprête à reprendre le flambeau de la Présidence du Conseil de sécurité, je voudrais assurer la délégation des Etats-Unis de notre plein soutien au cours du mois à venir.

Je vous remercie."

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