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Séance de synthèse des travaux du Conseil de sécurité au mois d’avril 2014

Publié le mercredi 30 avril 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie LUCAS, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg auprès des Nations Unies

Madame la Présidente,

Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter, ainsi que votre équipe, de la façon dont vous avez conduit les travaux du Conseil de sécurité au cours de ce mois et de vous remercier d’avoir prévu une séance de synthèse de nos travaux. Cet exercice est important, puisqu’il nous permet de prendre un peu de hauteur pour analyser les points forts de l’activité du Conseil de sécurité des 30 derniers jours et de regarder de l’avant et discuter des défis à venir. Cette réunion est la troisième séance de synthèse d’affilée et nous espérons que cette pratique pourra se perpétuer, comme elle contribue à accroître la transparence de nos travaux.

Ce mois d’avril a été marqué par un débat ministériel que votre pays le Nigéria a consacré à la réforme du secteur de la sécurité. Il s’agit d’un élément essentiel de la stratégie des Nations Unies dans de nombreuses situations de conflit et de post-conflit. Un secteur de la sécurité professionnel, respectueux de l’état de droit et des droits fondamentaux des citoyens, permet d’ancrer le retour à la paix et à la stabilité dans la durée et de restaurer la confiance des citoyens dans l’Etat. Nous saluons l’adoption de la première résolution thématique consacrée à cette question, qui permettra d’en rehausser le profil et de créer un élan renouvelé en sa faveur.

Autre fait marquant de ce mois : le Conseil de sécurité a réservé une place importante aux questions du respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Tel a notamment été le cas lors des consultations en présence de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, le 8 avril, qui nous ont permis d’aborder des cas spécifiques de pays, mais également de souligner l’importance de traiter des questions des droits de l’homme en tant que telles au Conseil de sécurité. Cela illustre une tendance de fond que nous saluons.

Au cours de ce mois, nous avons discuté de plusieurs situations où les droits de l’homme sont gravement menacés, pour des raisons qui varient d’un contexte à l’autre : en Syrie, en République populaire démocratique de Corée, en  République centrafricaine, au Soudan du Sud, au Burundi et en Ukraine. Madame Pillay nous rendra compte après-demain des conclusions de la mission urgente qu’elle a entreprise au Soudan du Sud avec le Conseiller spécial pour la prévention du génocide. Ce Conseil devra agir fermement pour éloigner le spectre de violences encore plus graves et risquant d’échapper à tout contrôle. La même chose vaut pour la République centrafricaine, où les exactions, y compris sur une base confessionnelle, se poursuivent et ont conduit à une situation où l’unité nationale est menacée. Les atteintes à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine ont également conduit à des violations des droits des minorités et notamment des Tatars de Crimée, mais aussi des populations dans l’Est de l’Ukraine. Le Conseil de sécurité devra rester vigilant et continuer de suivre cette situation de près.

Les réunions selon la formule « Arria » consacrées l’une à la présentation du rapport « César » sur la torture commise de façon systématique dans les prisons syriennes et l’autre aux conclusions de la Commission d’enquête sur les droits de l’homme en République populaire démocratique de Corée, nous ont rappelé la brutalité incommensurable dont peuvent se rendre coupables les autorités d’un pays à l’encontre de leur propre population, foulant aux pieds la responsabilité de protéger qui leur incombe.

Ces exemples illustrent la reconnaissance, par le Conseil de sécurité, de l’importance de la protection des droits de l’homme dans le contexte d’une approche d’ensemble devant associer les trois volets : la sécurité, le développement et les droits de l’homme. Les violations des droits de l’homme sont à l’origine de nombre de situations de conflit; elles en sont souvent le signe précurseur. D’où l’importance de l’initiative « Les droits avant tout ! », « Rights Up Front ! » du Secrétaire général, qui place la lutte contre les violations des droits de l’homme en première ligne et qui impose des obligations précises d’alerte et d’action au personnel des Nations Unies.

Pour ouvrir la voie à une réconciliation durable, il importe que les responsabilités de telles violations des droits de l’homme soient clairement établies, à des fins de sanction bien évidemment, mais également à des fins de dissuasion. Le Conseil de sécurité doit jouer son rôle dans la lutte contre l’impunité, y compris en saisissant la Cour pénale internationale de situations de violations massives des droits de l’homme.  

Madame la Présidente,

Nous saluons et soutenons l’attitude proactive que le Secrétariat des Nations Unies a adoptée ce mois-ci pour attirer l’attention du Conseil de sécurité sur des situations qui risquent d’évoluer vers une menace à la paix et la sécurité internationales, et nous espérons qu’elle sera poursuivie dans le futur. La 20ème Commémoration du génocide au Rwanda que nous avons marquée avec l’adoption de la résolution 2150 vient en effet de nous rappeler douloureusement où peut conduire l’incapacité de la communauté internationale et de ce Conseil à reconnaître les signes avant-coureurs d’un drame qui se prépare.

Madame la Présidente,

Pour conclure, alors que la République de Corée reprendra le flambeau de la présidence du Conseil de sécurité, je voudrais souhaiter à l’Ambassadeur Oh Joon et à son équipe beaucoup de succès dans la noble tâche qui les attend. Ils peuvent compter sur le soutien plein et entier de la délégation du Luxembourg.

Je vous remercie.      

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