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Séance de synthèse des travaux du Conseil de sécurité au mois d’octobre 2014

Publié le jeudi 30 octobre 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg :

"Madame la Présidente,

Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter, ainsi que toute votre équipe, pour la manière dont vous avez conduit nos travaux au cours d’un mois d’octobre particulièrement riche en activités. Je voudrais également vous remercier d’avoir organisé cette séance de synthèse de nos travaux du mois, dont la plus-value n’est plus à nier et qui répond à l’objectif de transparence auquel nous souscrivons.

Je voudrais commencer mon propos en me penchant sur les défis nouveaux qui se posent en matière de maintien de la paix. Les opérations de maintien de la paix des Nations Unies interviennent de plus en plus souvent dans des situations complexes où il y a peu ou pas de paix à maintenir et un risque accru d’attaques asymétriques visant directement nos Casques bleus. Des réponses multidimensionnelles s’imposent pour faire face dans ce contexte changé.

Nous avons pu en discuter, le 9 octobre dernier, lors de la réunion publique annuelle avec les commandants des composantes militaires des opérations de maintien de la paix. Les commandants de force de la MONUSCO, de la MINUSMA et de la FNUOD nous ont présenté les points de vue du terrain sur ces nouveaux défis et leur impact sur l’accomplissement des mandats des missions, que ce soit en raison de situations plus complexes en matière de protection des civils ou encore en raison de contextes sécuritaires et opérationnels qui se détériorent. Nous avons pu approcher certains de ces problèmes de manière plus spécifique lorsque nous avons discuté, au cours de ce mois, des situations prévalant sur le Plateau du Golan, au Soudan du Sud, ou encore en République centrafricaine.

Ces questions se poseront avec acuité lorsque nous discuterons des renouvellements des mandats. Ce sera le cas le mois prochain pour le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud. Il va sans dire que l’échange avec les pays contributeurs de troupes en amont du renouvellement du mandat sera crucial pour tenir compte de leurs préoccupations et de leurs points de vue.

Le mois prochain également, en ce qui concerne la MINUSMA, nous devons identifier des solutions pour permettre à la Mission de mieux faire face aux menaces qu’elle doit affronter au Nord du Mali. Des questions similaires risquent de se poser dans le contexte de la montée en puissance de la MINUSCA, qui est confrontée d’ores et déjà à une situation particulièrement complexe en République centrafricaine.

Surtout, nous saluons l’annonce faite par le Secrétaire général de créer un Groupe d’étude de haut niveau pour effectuer une étude globale des opérations de maintien de la paix, afin d’élaborer des propositions plus stratégiques en la matière. Des synergies utiles pourront être établies à cet égard avec la revue de l’architecture de consolidation de la paix, prévue en 2015.

Madame la Présidente,

Je voudrais, en deuxième lieu, revenir brièvement à un autre sujet auquel nous accordons une grande importance, la lutte contre l’impunité et pour la justice. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une partie intégrante des efforts du Conseil en vue du maintien de la paix et de la sécurité internationales, mais également de la prévention des conflits. Lors du débat public sur les méthodes de travail de jeudi dernier, le Procureur de la Cour pénale internationale, Madame Fatou Bensouda, et Madame Kimberley Prost, la Médiatrice du régime de sanctions Al-Qaïda, ont illustré une nouvelle fois l’importance de la justice et du procès équitable dans l’action du Conseil de sécurité et le rôle que la Cour et la Médiatrice peuvent jouer en la matière. La réunion privée annuelle du Conseil de sécurité avec le Président de la Cour internationale de justice a également permis de mettre l’accent sur les efforts complémentaires des deux institutions.

Au cours de ce mois, nous avons évoqué plusieurs crises où la lutte contre l’impunité doit être une partie intégrante, sinon un élément cardinal, de la recherche d’une solution durable. Tel est le cas en Soudan du Sud ou encore en Syrie. Il sera crucial, le moment venu, d’établir les responsabilités des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire pour parvenir à la réconciliation et à une paix durable. Les témoignages poignants entendus lors du débat public consacré à la situation des femmes et des filles déplacées par des conflits nous renforcent également dans notre conviction que la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes, notamment sexuels, doit être une partie intégrante de toute stratégie holistique pour soutenir les femmes et les filles affectées par les conflits.

Madame la Présidente,

Avant de conclure, permettez-moi encore de mentionner certains autres sujets importants qui ont figuré à notre programme au mois d’octobre.

La Syrie tout d’abord. L’Envoyé spécial du Secrétaire général, Staffan de Mistura, nous a fait rapport, ce matin, de ses démarches en vue de dégager une solution politique à la crise. Nous devons soutenir ses efforts en la matière, au regard de la détresse des populations syriennes et des réfugiés tout d’abord, mais également en vue de l’impact grandissant du conflit sur la stabilité de la région tout entière. En parallèle, nous devons continuer d’insister sur la mise en œuvre scrupuleuse des résolutions 2139 et 2165 pour apporter une aide humanitaire et soulager les souffrances des populations. Nous devons également rester vigilants pour ce qui est du démantèlement complet du programme d’armes chimiques syrien. Le Conseil de sécurité ne saurait tolérer que des violations de la résolution 2118 soient passées sous silence.

Le conflit israélo-palestinien ensuite. Le débat public de ce mois et la séance d’urgence tenue hier ont souligné l’urgence de sortir de l’impasse. Les tensions accrues à Jérusalem-Est nous préoccupent au plus haut point. Nous espérons qu’Israël s’abstienne de toute démarche supplémentaire réduisant encore davantage les chances de voir aboutir la solution à deux Etats. Nous appelons les deux parties à prendre les dispositions qui s’imposent pour progresser en vue de la paix.

D’autres questions dont nous avons traité mériteraient d’être soulevées ici – je pense à la situation en Ukraine, à la lutte contre l’épidémie d’Ebola, ou encore aux hostilités qui continuent de ravager le Soudan du Sud et la République centrafricaine. Elles vont continuer à nous mobiliser dans les semaines et mois à venir.

La responsabilité de guider nos travaux reviendra désormais à l’Australie. Je voudrais souhaiter plein succès à mon collègue Gary Quinlan et à son équipe. Ils peuvent compter sur notre soutien plein et entier.

Je vous remercie."

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