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Séance de synthèse des travaux du Conseil de sécurité au mois de novembre 2014

Publié le mercredi 26 novembre 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg :

"Monsieur le Président,

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais tout d’abord vous féliciter très chaleureusement, ainsi que toute votre équipe, pour la manière dont vous avez conduit nos travaux au cours de ce mois. Je voudrais également vous remercier d’avoir organisé cette séance de synthèse fort utile.

Dans votre note de concept pour cette réunion, vous nous avez demandé de ne pas seulement passer en revue les points forts du mois, mais également de regarder de l’avant et de nous concentrer sur des questions transversales et sur nos méthodes de travail.

Dans la conduite de nos travaux, et plus particulièrement lors des consultations à huis clos, vous avez veillé à tout moment à concilier l’impératif d’une bonne gestion du temps avec la volonté d’instiller plus d’interactivité dans nos débats. Les deux dialogues informels interactifs de ce mois ont permis de riches échanges entre les membres du Conseil et des personnes-ressources sur la Mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) tout d’abord, sur l’examen des opérations de paix des Nations Unies ensuite. J’ajouterais à cela encore l’initiative - bienvenue - d’injecter une dose d’interactivité dans les séances d’information publique du Conseil, comme cela a été le cas au cours de la séance consacrée au rôle de la police des Nations Unies, présidée par Madame la Ministre Bishop. Tous ces efforts en vue de plus d’interactivité, entamés il y a quelques mois et perfectionnés au fil du temps, contribuent assurément à rendre nos débats plus riches et nous donnent en fin de compte de meilleurs moyens pour façonner l’action du Conseil.

Monsieur le Président,

En passant en revue un mois riche en activités, je voudrais mettre l’accent sur quelques initiatives en particulier.

Suite à l’adoption des résolutions 2170 et 2178, vous avez fait le choix d’organiser un débat public à niveau ministériel consacré à la problématique du terrorisme et de l’extrémisme violent. Un choix qui se justifie, hélas, à la lumière du défi posé par la menace du terrorisme et par la nécessité d’agir de manière résolue contre ce fléau. La barbarie de Daech, qu’il s’agisse des atrocités commises à l’encontre des populations syriennes et iraquiennes ou encore de l’assassinat de ceux qui s’engagent pour apporter aide et assistance aux populations dans le besoin, la brutalité sans nom de Boko Haram, l’attrait insidieux que cette idéologie de l’extrême exerce auprès de plus en plus de jeunes à travers le monde, sont autant d’éléments qui rendent nécessaire une action résolue de la communauté internationale. La déclaration présidentielle que nous avons adoptée lors de ce débat contribue au renforcement de l’action et de la coopération de la communauté internationale en la matière. A nous maintenant d’œuvrer pour donner plein effet aux mesures décidées par le Conseil. Je voudrais dans ce contexte réitérer ici notre conviction que le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit faire partie intégrante de notre stratégie de lutte contre le terrorisme. Autrement, nous courrons le risque que le remède espéré alimente encore davantage le mal.

C’est au cours de votre présidence également que le Conseil de sécurité a tenu pour la première fois une séance consacrée au rôle de la police des Nations Unies dans le maintien et la consolidation de la paix. L’adoption de la résolution 2185 - une première en ce qui concerne les fonctions de police - complète utilement le cadre à notre disposition pour le maintien de la paix, la consolidation de la paix et la réforme du secteur de la sécurité. Il s’agit également d’une reconnaissance du rôle de plus en plus important joué par la police des Nations Unies dans des contextes de conflit et de consolidation de la paix, comme nous avons pu nous en rendre compte au cours du débat et lors de nos séances consacrées au Libéria et au Soudan du Sud, pour ne citer que deux exemples.

Le rôle de la police des Nations Unies sera également un des nombreux sujets à discuter au cours de l’examen des opérations de paix des Nations Unies, qui sera conduit par le Groupe indépendant de haut niveau. Nous avons grandement apprécié la possibilité de discuter avec le Groupe, qui nous a été offerte au cours de ce mois, et nous espérons que le Conseil de sécurité, comme les autres parties intéressées, auront l’occasion de contribuer tout au long du processus d’examen des opérations de paix. Comme j’ai pu le dire lors de ce dialogue informel interactif, il sera particulièrement important que des synergies soient établies avec l’examen de l’architecture de consolidation de la paix des Nations Unies et avec celui sur le rôle des femmes en matière de paix et de sécurité, qui se dérouleront en parallèle.

Monsieur le Président,

Pas plus tard que hier, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, nous a présenté la dernière mise à jour sur la situation humanitaire en Syrie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et je ne vais pas les répéter ici. En adoptant la résolution 2165, le Conseil de sécurité a créé un cadre pour permettre la fourniture de l’aide, par les voies les plus directes, aux populations dans le besoin. Grâce à l’adoption de cette résolution, près de 300.000 personnes supplémentaires ont pu bénéficier d’aide humanitaire et médicale. Il importe de continuer sur cette lancée. Pour cela, le Conseil de sécurité devra jouer son rôle. Nous sommes confiants de pouvoir compter sur le soutien des collègues au Conseil pour renouveler prochainement les décisions prises dans la résolution 2165 par rapport aux opérations transfrontières et à travers les lignes de conflit et le mécanisme de surveillance des Nations Unies et continuer ainsi d’apporter à OCHA, aux agences et aux personnels humanitaires le soutien du Conseil de sécurité dont ils ont besoin pour aider les populations prises au piège du conflit en Syrie.

 

Monsieur le Président,

Je voudrais encore dire beaucoup de choses - vous remercier d’avoir organisé une séance consacrée aux questions générales relatives aux sanctions, parler des situations prévalant au Soudan du Sud, au Proche-Orient ou encore en Libye et en Iraq, pour ne mentionner que quelques-uns parmi les dossiers qui nous préoccupent - mais je ne suis pas convaincue qu’il soit recommandé, du point de vue de l’efficacité de nos travaux, de dépasser par trop le temps de parole qui m’est imparti.

Je vais donc m’arrêter ici, sans toutefois manquer de souhaiter à l’Ambassadeur Chérif et à toute la délégation du Tchad nos meilleurs vœux de succès pour la présidence du Conseil de sécurité qu’ils assumeront en décembre. Ils pourront compter sur notre collaboration et notre appui.

Je vous remercie de votre attention.

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