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Syrie : Déclaration à la presse de cinq membres du CSNU

Publié le vendredi 18 janvier 2013

Concernant la situation en Syrie, les Représentants permanents de l'Australie, de la France, du Luxembourg, de la République de Corée et du Royaume-Uni ont fait ce jour la déclaration conjointe suivante à la presse :

Nous sommes consternés par l’épouvantable situation humanitaire et des droits de l'homme que la Haute-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Navi Pillay et la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Mme Valerie Amos, ont décrite au Conseil aujourd'hui.

Mme Pillay a rappelé que plus de 60 000 Syriens ont été tués au cours de ces 22 mois de crise. Crise qui a débuté par des manifestations pacifiques, écrasées sous la répression brutale du régime syrien. Ce bilan effroyable dépasse les pires évaluations et ne cesse d’augmenter. Mme Pillay a dénoncé les crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis principalement par le régime syrien. Elle a appelé sans relâche à une saisine de la CPI et a renouvelé cet appel aujourd'hui.

Les pays du monde entier sont unis pour condamner les violations des droits de l’homme en Syrie. L'Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme ont à maintes reprises condamné la poursuite des violences en Syrie et appelé le régime syrien à mettre un terme immédiat aux violations des droits de l’homme et aux attaques contre les civils.

Face à ce bilan dramatique, face au silence du Conseil de sécurité, nous devons réaffirmer l’exigence absolue de justice ; la communauté internationale ne peut fermer les yeux sur les atrocités commises en Syrie. Sans justice, il n'y aura pas de paix durable. Le gouvernement syrien n'a pas répondu aux appels répétés de la communauté internationale à lutter contre l’impunité au travers de procédures nationales. Nous pensons que la CPI a un rôle à jouer. En cas de saisine, le Conseil devra lui apporter toute son assistance.

C'est pourquoi la Suisse, au nom de 58 pays, y compris les cinq membres du Conseil représentés ici - l'Australie, la France, le Luxembourg, la République de Corée et le Royaume-Uni - a envoyé une lettre conjointe appelant le Conseil de sécurité à déférer la situation en République arabe syrienne à la Cour pénale internationale.

Nous soutenons pleinement l'initiative de la Suisse. Nous restons à l'avant-garde de la communauté internationale pour appeler à la saisine de la CPI et veiller à ce que, sans exception, les auteurs des crimes les plus graves commis en Syrie soient tenus responsables de leurs actes. Nous espérons que d’autres pays se joindront à cette initiative.

Nous soutenons aussi pleinement l’appel de la Commission d’enquête des Nations Unies à enquêter de manière approfondie. Il est important que le plus d’éléments possibles soient collectés sur ces atrocités en vue de poursuites judiciaires futures.

En tant que membres du Conseil, nous soutenons une transition pacifique en Syrie. Nous appelons le régime à mettre immédiatement un terme à toutes les violations des droits de l’homme et attaques contre les populations civiles. Nous appelons toutes les parties à mettre un terme à la violence et à poursuivre un processus de transition politique véritable visant à répondre aux besoins et aspirations légitimes du peuple syrien.

Nous regrettons profondément que le Conseil de sécurité ne soit pas aujourd'hui en mesure d’ordonner le renvoi à la CPI, mais nous ferons tout notre possible au sein de ce Conseil pour que cet appel à rendre des comptes ne reste pas lettre morte.

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