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Vote au Conseil de sécurité sur le projet de résolution consacré au vol MH17

Publié le lundi 21 juillet 2014

Intervention de S.E. M. Jean Asselborn, Ministre des Affaires étrangères et européennes du Luxembourg :

"Monsieur le Président,

Le Luxembourg se félicite de l’adoption à l’unanimité de la résolution 2166. Notre reconnaissance va à l’Australie, et plus particulièrement à ma collègue Julie Bishop, pour avoir pris l’initiative de préparer cette importante décision du Conseil.

Le Luxembourg a voté en faveur du projet de résolution et s’en est également porté co-auteur, pour trois raisons : afin de condamner avec la plus grande fermeté le fait qu’un aéronef civil de la compagnie Malaysia Airlines a été abattu le 17 juillet au-dessus de la province de Donetsk en Ukraine ; afin de marquer notre solidarité avec les proches des victimes qui se trouvaient à bord du vol MH17 et avec leurs pays d’origine ; et afin de marquer notre soutien aux efforts en cours afin que toute la lumière soit faite sur cette catastrophe, par le biais d’une enquête internationale exhaustive, minutieuse et indépendante, conformément aux directives de l’aviation civile internationale. Seule une telle enquête permettra d’établir les responsabilités pour cet acte inqualifiable.

Malgré tout ce qui le divise sur la crise relative à l’Ukraine, le Conseil de sécurité a été finalement en mesure de parvenir au consensus sur cette résolution. C’est le moins que nous pouvions faire pour honorer la mémoire des 298 victimes de cette catastrophe, 298 destins brisés par une crise dans laquelle ils n’avaient aucune responsabilité, une crise qui n’a que trop duré.

Je souhaite exprimer, au nom du peuple et du Gouvernement luxembourgeois, nos condoléances les plus sincères aux familles et aux proches des 298 personnes qui étaient à bord du vol MH17. Parmi ces victimes se trouve également une famille vivant au Luxembourg, un couple anglo-néerlandais et deux de leurs fils âgés de 12 et 14 ans. Nous partageons le deuil des peuples et des Gouvernements des Pays-Bas, de la Malaisie, de l’Australie, de l’Indonésie, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Belgique, des Philippines, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, de l’Afrique du Sud, des Etats-Unis, de l’Irlande et du Vietnam. Permettez-moi d’avoir une pensée particulière pour les Pays-Bas, un pays qui nous est proche et qui a été meurtri de façon particulièrement cruelle par cette catastrophe. Je salue mon collègue et ami le Ministre des Affaires étrangères Frans Timmermans, qui est parmi nous aujourd’hui, et je l’assure de notre soutien fraternel dans cette dure épreuve.

Monsieur le Président,

Tout doit maintenant être fait pour que la résolution que nous venons d’adopter soit pleinement mise en œuvre. Il faut soutenir les efforts que l’Ukraine déploie actuellement en coordination avec l’Organisation de l’aviation civile internationale et des experts internationaux, y compris les représentants des Etats ayant perdu des ressortissants qui se trouvaient à bord de l’appareil, en vue d’ouvrir une enquête internationale sur la destruction du vol MH17.

Le comportement des groupes armés illégaux présents sur le lieu de la catastrophe est inacceptable. Il faut que ces groupes se plient aux exigences du Conseil et donnent immédiatement aux services d’enquête habilités, à la Mission spéciale d’observation de l’OSCE et aux représentants d’autres organisations internationales compétentes plein accès, en toute sécurité et sans entraves au lieu de la catastrophe, près du village de Grabovo, dans l’Est de l’Ukraine. Il faut que les groupes armés illégaux s’abstiennent de toute nouvelle action susceptible de compromettre l’intégrité du lieu de la catastrophe et cessent immédiatement toutes les activités militaires dans son voisinage immédiat. Nous saluons à cet égard la décision du Président Porochenko de déclarer, avec effet immédiat, un cessez-le-feu unilatéral dans un rayon de 40 km autour du lieu de la tragédie.

La résolution 2166 le souligne clairement : les dépouilles des victimes doivent être traitées dignement et avec respect et professionnalisme. Toutes les parties concernées doivent faire en sorte que cette exigence soit immédiatement observée.

Nous appelons la Fédération de Russie à user activement et incessamment de son influence sur les groupes armés illégaux afin qu’ils cessent leurs actes et leurs manœuvres sordides visant à empêcher une enquête en bonne et due forme. La Fédération de Russie doit peser de tout son poids pour obtenir sans délai de ces groupes qu’ils cessent d’entraver l’enquête et de faire disparaître des éléments de preuve accablants, notamment des débris du missile utilisé pour abattre l’avion. Les corps des victimes doivent être retournés à leurs familles et les boîtes noires sont à remettre aux autorités compétentes.

L’enquête internationale sur l’incident tragique du 17 juillet doit établir les faits et les responsabilités. Dans la résolution qu’il vient d’adopter, le Conseil exige à juste titre que l’on contraigne les responsables de l’incident de répondre de cet acte odieux et que tous les Etats s’associent pleinement aux efforts déployés pour établir les responsabilités. Le Conseil de sécurité devra rester vigilant sur ce point, sur base des rapports liés à l’enquête qui lui seront faits par le Secrétaire général. Nous devons aux victimes et à leurs proches que justice leur soit rendue et que les responsables de cet acte criminel rendent des comptes.

Monsieur le Président,

La mort de 298 êtres humains innocents laisse un vide immense. Cette catastrophe vient nous rappeler de façon cruelle à quel point il est urgent de parvenir à une désescalade des tensions dans l’Est de l’Ukraine. Cette crise n’a que trop duré. Son bilan en pertes de vies humaines s’alourdit de jour en jour. Il faut redoubler d’efforts diplomatiques afin de trouver une solution à cette crise. La première priorité est d’établir un cessez-le-feu réel et durable qui soit observé par toutes les parties, afin de créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre du plan de paix du Président Porochenko.
 
Nous saluons les efforts déployés à cet égard par la France et l’Allemagne ainsi que par l’OSCE pour encourager le dialogue entre la Russie et l’Ukraine. Il est grand temps que toutes les parties prenantes, en particulier la Fédération de Russie, s’engagent de bonne foi pour mettre un terme à cette crise. Pour que le 17 juillet 2014 soit repris dans les livres d’histoire non seulement comme le jour marqué par la mort tragique de 298 innocents, mais aussi comme un jour qui aura marqué un tournant décisif vers un règlement de la crise ukrainienne.

Je vous remercie."

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