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74e session de l’AG des Nations Unies - Discours de Monsieur le Premier ministre

Published Thursday September 26 2019

New York, le 26 septembre 2019

 

Monsieur le Président,

La semaine en cours est remarquable à plusieurs égards.

Par le niveau de la représentation des Etats membres qui ne cesse de s’élever. Pendant cinq jours, New York est bien le centre du monde.

Par la variété des thèmes abordés, lors du débat général mais aussi en marge de celui-ci à l’occasion d’une série de sommets et d’évènements à haut niveau.

Enfin, cette semaine se caractérise par une mobilisation sans précédent pour relever des défis très concrets.

Au premier chef de ces derniers, bien sûr, et cela s’est manifesté dans d’innombrables pays, régions, villes et villages du monde, l’urgence climatique. La mobilisation de la jeunesse, la multiplication des initiatives de la société civile, du secteur privé, des instances internationales est remarquable. Nous l’avons encore constaté ces derniers jours.

Cela dit, c’est bien de l’action des Etats et des femmes et des hommes qui les gouvernent que doit venir l’impulsion et la détermination pour éviter une catastrophe environnementale, économique et, au bout du compte, géopolitique. Sécurité internationale, croissance, migrations, droits de l’homme, pas un de ces domaines qui ne soit déjà aujourd’hui affecté par le changement climatique, qui revêt une dimension plus effrayante d’année en année.

Le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat illustre l’ampleur du défi et l’urgence d’agir : seule une réduction de moitié d’ici 2030 par rapport au niveau actuel des émissions mondiales de gaz à effet de serre suivi de la neutralité climatique en 2050 permettra de limiter le réchauffement global à 1.5 degré Celsius.

Ce lundi, j’ai pu à l’occasion du Sommet Action Climat faire état de la contribution nationale du Luxembourg à l’effort commun, à savoir :

-          une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 à 55% en 2030 par rapport à 2005 ;

-          une augmentation de la part réservée aux énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale de l’ordre de 23 à 25% à l’horizon 2030 ;

 

-          une augmentation de l’efficacité énergétique de l’ordre de 40 à 44% à l’horizon 2030 ;

 

-          l’adoption prochaine d’une loi-cadre sur le climat visant la neutralité climatique pour 2050 au plus tard.

 

Ces chiffres ne doivent en aucun cas rester des coquilles vides, car il nous appartient de rassurer nos enfants que leur avenir est assuré. L’espoir et l’optimisme des générations émergentes se nourrissent aussi de la confiance que leurs inspirent les actions de leurs parents. Or, dans le combat contre les changements climatiques des décennies à venir, la jeunesse est notre alliée, car elle n’est, par principe, jamais opposée au changement. La jeunesse porte le changement. Pour la jeunesse, le changement est une vertu, il est fondamentalement positif. C’est ainsi, c’est la vie.

Parce que nous sommes conscients que la vie, c’est aussi la mobilité, lorsqu’on est jeune et davantage encore lorsqu’on ne l’est plus, nous avons décidé à Luxembourg d’illustrer que la lutte contre le changement climatique peut induire un changement positif et une amélioration de la qualité de vie pour tous, en prenant une mesure-phare sans précédent, la gratuité des transports en commun à échelle nationale, pour l’ensemble des bus, trams et trains, à partir de l’année prochaine.

En termes de solidarité internationale, le Luxembourg allouera pour la période 2021-2025 une enveloppe de 200 millions d’euros à l’assistance financière et technique pour soutenir les activités liées à la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement avec une priorité aux pays les moins avancés et aux petits Etats insulaires en développement.

Il s’agit, sur une base annuelle, d’un doublement de l’effort par rapport à la période 2014-2020. Une partie importante de ces fonds ira au Fonds vert pour le climat.

Le Luxembourg poursuivra ses efforts pour la mise en place d’un environnement favorable à la finance verte. La Bourse de Luxembourg a lancé déjà en 2016 le Luxembourg Green Exchange, première plateforme mondiale de cotation dédiée exclusivement aux obligations vertes. En partenariat avec la Banque européenne d’investissement, basée à Luxembourg, nous avons créé une Climate Finance Plateform visant à accroître l’effet de levier sur les investissements privés en faveur de projets climatiques en atténuant leurs risques financiers.

Cet effort, nous envisageons à terme de l’étendre au financement des objectifs du développement durable de l’Agenda 2030. Lors du sommet qui s’est réuni ici, hier et avant-hier, il a été rappelé combien les sommes nécessaires pour réaliser les objectifs sont importantes. On parle de plusieurs milliers de milliards d’euros. Evidemment cette contribution devra se faire à travers l’ensemble des partenaires du développement : la puissance publique ne saurait tout financer.

Cela dit, la contribution des Etats demeure essentielle, en particulier s’agissant du financement du développement. Un autre sommet se tient sur ce sujet dans une salle à quelques pas d’ici. Le Luxembourg y présentera des initiatives novatrices, notamment dans le domaine des véhicules d’investissement d’impact social et environnemental. La mobilisation de ressources privées est une réalité au Luxembourg.

Les mécanismes les plus innovants ne peuvent cependant pallier la baisse relative des financements publics. De son côté, le Luxembourg continuera à consacrer 1% de son Revenu National Brut à l’aide publique au développement, avec une concentration sur les pays les moins avancés. Les fonds alloués au financement climatique international et à l’accueil des réfugiés viennent en sus, en application du principe d’aditionnalité des fonds.

 

Monsieur le Président,

Les cinq réunions au sommet qui se tiennent cette semaine en marge du débat général sont l’illustration que les grands défis qui se posent à l’humanité ne peuvent être relevés que dans un cadre universel et global. Une adhésion, parfois bien tiède, au multilatéralisme a ouvert la voie à un affaiblissement des formats multilatéraux depuis une dizaine d’années, et cela dans de nombreux domaines, par exemple, les droits de l’homme, la migration, la sécurité, ainsi que le commerce.

Pour ne citer que ce dernier, le recours aux mesures et contre-mesures unilatérales, parfois fondées sur de vraies inquiétudes, mais aussi, souvent, basées sur des prétextes fallacieux, nous entraînent dans un cycle dangereux où l’ensemble de la communauté internationale et, surtout, nos populations risquent d’être perdantes.

Il est de notre devoir, et il y va de notre avenir, de relancer les formats multilatéraux. Pour notre part, nous avons toujours été en faveur d’un multilatéralisme actif, dynamique et fondé sur la règle de droit. C’est naturel pour un petit pays disposant d’une économie ouverte, mais c’est aussi un choix raisonné au-delà des seules considérations liées à la souveraineté. Dans la mesure de nos moyens, nous tâchons de participer activement aux enceintes les plus engagées dans la poursuite d’une coopération internationale plus poussée. Ainsi, notre participation à la « High Ambition Coalition » pour lutter contre le changement climatique, ou notre contribution à l’Alliance pour le multilatéralisme, pour ne citer que deux exemples.

En Europe, l’Union européenne est la quintessence du multilatéralisme à travers le processus d’intégration et de souveraineté partagée. Elle a permis à notre continent d’assurer une paix relative, certes avec l’appui des institutions transatlantiques, et lui permet aujourd’hui de continuer les principes des Lumières et à résister aux tentations populistes en réaffirmant la centralité de l’Etat de droit dans le projet européen. Cela ne va pas sans tensions mais la complaisance est, à terme, plus dangereuse encore.

Des conflits, gelés ou non, des différends entre Etats, des tension internes entre groupes ethniques ou religieux persiste en Europe, notamment en Ukraine, dans le Caucase et dans les Balkans. Les Européens n’ont donc pas de leçon à donner. Mais ils sont affectés, on l’a vu lors de la grande crise migratoire de 2015, par les conflits dans leur voisinage.

Monsieur le Président,

Le processus de paix au Moyen-Orient est fragilisé davantage d’année en année. Les perspectives d’une paix juste et équilibrée, et donc durable, s’éloignent à mesure du déclin de l’engagement politique d’achever une solution à deux Etats. Les développements récents dans le contexte de la campagne électorale en Israël en attestent. En même temps, les récentes initiatives de nature essentiellement bilatérale, si tant est qu’elles reçoivent une traduction concrète un jour, ne peuvent se substituer aux acteurs multilatéraux qui confèrent une légitimité internationale à toute solution négociée.

Le Proche- et le Moyen-Orient demeurent une source de graves inquiétudes. Les guerres en Syrie et au Yémen sont des cauchemars sans fin pour les populations civiles. L’implication active de puissances régionales dans ces conflits, les alliances à géométrie variable, les questions d’appartenance confessionnelle exacerbent les tensions et augurent mal d’un retour à une relative stabilité dans un avenir proche.

Les souffrances des populations civiles, le déni de l’assistance humanitaire, les violations flagrantes, répétées et systématiques des droits de l’homme dans la région nous interpellent en premier lieu. Mais il y a aussi les implications réelles et tangibles pour le reste du monde, comme les évènements récents affectant les terminaux pétroliers en Arabie saoudite nous l’ont montré. Dans cette région nous continuons à payer collectivement les erreurs du passé. Ne les répétons pas. Tous les acteurs dans la région doivent contribuer à calmer le jeu et à éviter l’escalade.

Cela concerne bien entendu également l’Iran, au même titre que l’ensemble des autres acteurs dans la région. Téhéran doit aussi revenir au respect de tous les éléments de l’Accord nucléaire de 2015. Pour sa part, le Luxembourg, comme l’ensemble de l’Union européenne et la très grande majorité de la communauté internationale, veut croire qu’il est possible, quitte à en élargir le champ, de faire fonctionner l’accord de 2015. Pour cela, il faut que les Etats-Unis et l’Iran renouent les fils du dialogue.

Monsieur le Président,

La situation très volatile au Moyen-Orient et dans le Golfe nous rappelle que les crises contemporaines sont complexes et leur potentiel de conflagration énorme. Aujourd’hui, plus aucune crise, plus aucun conflit n’est limité à son théâtre. Aussi, la mobilité et le caractère instantané des communications nous ont-ils rapproché les uns des autres et le malheur des peuples, mêmes lointains, est visible aux yeux de tous et nous touche de près. Car, il ne faut jamais l’oublier, au-delà des relations commerciales, des investissements directs et des alliances, ce sont les destins personnels, les hommes, les femmes et les enfants, qui font que nous sommes liés les uns aux autres.

Ce constat est particulièrement vrai et douloureux en ce qui concerne la situation en Libye, qui ne s’améliore pas. L’Envoyé spécial du Secrétaire général Ghassan Salamé continue à éprouver toutes les peines du monde à mettre les parties autour de la table. Les souffrances du peuple libyen ont assez duré. Nous en appelons à toutes les parties de soutenir les efforts de l’Envoyé Spécial et sommes disposés à y apporter le soutien nécessaire.

Alors que tous les trafics se concentrent sur la voie qui mène de l’Afrique saharienne à l’Europe en passant par la Méditerranée, l’accord quadrilatéral sur le secours en mer et la répartition des réfugiés qui fuient la Libye vers l’Europe est un signal positif encourageant. Je l’ai dit il y a quelques instants, les conflits sont avant tout des destins personnels, des tragédies humaines et des catastrophes humanitaires. C’est pourquoi il est impossible d’aborder la situation en Libye sans évoquer le sort des milliers de migrants d’Afrique et d’ailleurs qui transitent par ce pays en guerre dans l’espoir de se rendre en Europe.

En dépit de ce que certains en pensent, y compris en Europe, nos liens avec le continent africain ne se limitent pas aux questions de la migration. Ils ne l’ont jamais été et ne le seront jamais. Nos liens sont ancestraux, forgés par la proximité géographique et culturelle et par une histoire commune, qui est douloureuse et marquée par la traite des esclaves et le colonialisme, mais pas seulement. Aujourd’hui, pour mon pays, nos liens avec les pays et les peuples du continent africain sont des liens d’amitié, de solidarité et de respect mutuel.

Le Luxembourg entretient des liens particulièrement étroits avec les pays d’Afrique francophone de l’Ouest. Une partie importante de notre aide au développement leur est consacrée. C’est une assistance qui couvre un grand nombre de secteurs : éradication de la pauvreté extrême, l’accès à l’eau, la santé, l’appui à l’éducation certes, mais aussi la gouvernance, les droits de l’homme, le climat et la sécurité. L’engagement du Luxembourg est appelé à être encore renforcé même si les questions de sécurité, en particulier dans le Sahel, rendent l’action difficile.

Les nouvelles du continent africain sont encourageantes comme par exemple l’établissement d’une zone de libre-échange continentale, la stabilisation des systèmes démocratiques, par le succès des processus électoraux. Ces évolutions méritent tout notre soutien. Le respect de l’Etat de droit et la mise en place progressive d’une gouvernance moderne sont une condition sine qua non pour la réalisation des objectifs du développement durable. Avec son dynamisme démographique, une jeunesse mieux formée, le continent africain en pleine mutation jouera un rôle de plus en plus important aux Nations Unies, y compris s’agissant de sécurité internationale. Il ne serait que juste que ce rôle soit reconnu à travers une présence renforcée au terme d’une réforme du Conseil de sécurité, qui n’en est pas moins urgente parce qu’elle peine à avancer depuis plus de vingt-cinq ans.

 

Monsieur le Président,

Je voudrais maintenant dire quelques mots sur la situation des Droits de l’Homme dans le monde. Elle n’est pas bonne sur le terrain, pas seulement en situation de conflits. Elle se détériore aussi par rapport à des avancées que l’on pensait acquises et qui sont aujourd’hui systématiquement remises en cause.

En situation de conflit, le recours aux violences sexuelles comme arme de guerre est un fléau qui continue de frapper partout dans le monde. On l’a vu en Afrique équatoriale, dans la région des Grands Lacs, mais aussi en Irak sous l’égide sinistre de Daech et, par le passé, en Europe, dans les Balkans. En mars de cette année, une conférence à Luxembourg sous les auspices de la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse nous a permis d’entendre des témoignages poignants à ce sujet. Elle a aussi permis d’ouvrir des perspectives de réparation pour les victimes de ces violences.

La situation des enfants en conflit armé demeure elle aussi une source d’immense inquiétude. Les rapports établis par les Nations Unies sont atterrants. Certes, notre Organisation ne reste pas passive devant ces situations, mais les Etats membres ne tirent pas toujours toutes les conséquences nécessaires. Les initiatives visant à réduire les financements pour les volets « protection des droits de l’homme » ou « enfants dans les conflits armés » lors de la décision sur le financement des opérations de maintien de la paix de l’ONU sont difficiles à justifier.

Il faut aussi que les responsables des violations des droits de l’homme dans ce type de situation sachent qu’ils auront à rendre des comptes. Notre soutien à la Cour pénale internationale est total. Nous souhaitons que la CPI soit plus assurée, pas seulement dans sa politique de poursuite, et à cet égard nous saluons l’action de la Procureure de la Cour s’agissant de la situation de Rohingya qui ont dû fuir le Myanmar, mais aussi dans ses arrêts et dans son organisation.

La compétence de la CPI n’est pas universelle, hélas, mais elle fait partie intégrale du système international et les représentants de la Cour doivent pouvoir se déplacer et fonctionner dans ce contexte sans obstacle, y compris ici, à New York, au siège des Nations Unies.

Quand la CPI n’est pas en mesure d’agir, des mécanismes d’enquête impartiaux et indépendants comme ceux qui ont été créés par l’Assemblée générale s’agissant de la Syrie et par le Conseil des droits de l’Homme s’agissant du Myanmar constituent une alternative, dans un premier temps, avant que la possibilité de juger les responsables ne s’ouvre.

L’oppression des minorités religieuses, ou l’absence de leur protection par l’Etat, n’a pas été éliminée au XXIe siècle. En Asie, en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, on ne compte plus les situations où des femmes et des hommes sont persécutés. Chrétiens ou musulmans ou d’une autre confession, il n’y a pas à distinguer dans leurs droits. Et je sais qu’il ne revient pas aux Européens de faire la leçon. 75 ans après la libération des camps d’extermination en Europe, le devoir de mémoire des Européens reste entier, surtout à un moment où des discours d’intolérance, de haine, de xénophobie, voire d’antisémitisme, refont surface. Mon premier déplacement à Auschwitz a changé mon regard sur la vie. En janvier prochain, je compte participer aux commémorations du 75e anniversaire de la libération de Auschwitz par l’Armée rouge.

Permettez-moi de dire aussi combien nous trouvons inacceptables que de plus en plus souvent, les moyens de l’Etat sont employés pour réduire au silence ceux qui se consacrent à la protection des droits de l’Homme ou à la protection de l’environnement. Au-delà des hommes et des femmes concernés, ce sont les droits eux-mêmes qui sont remis en cause. Le travail effectué au sein du Conseil des droits de l’Homme à Genève sur cette question est, comme si souvent, déterminant en ce qu’il implique les témoignages de la société civile, des ONG, d’une façon relativement transparente.

Malheureusement, les droits de l’homme ne sont pas remis en cause uniquement dans leur mise en œuvre. Nous assistons, depuis quelques années, à une remise en question de l’existence même de certains droits. Cela est vrai, notamment, y compris dans les enceintes de notre Organisation, des droits sexuels et reproductifs, affectant en cela très concrètement des programmes visant à appuyer la santé reproductive de millions de femmes à travers le monde. Je suis convaincu que ceci s’applique aussi à l’avortement et au droit de chaque femme de disposer de son corps.

En 2020, nous commémorerons le 25ème anniversaire de la Conférence de Beijing créant la Commission de la Condition de la Femme. Il y aurait aujourd’hui des difficultés à renouveler les engagements pris à cette occasion. Il n’y a pas de justification à cela sinon des dérives idéologiques et sectaires qui ont prise sur les politiques. Certains responsables politiques me paraissent être bien en retard sur les réalités de nos sociétés, sur ce que veulent nos citoyens.

La même chose est vraie d’ailleurs s’agissant du droit de vivre selon son orientation sexuelle. J’ai pu, avant-hier, ici à New York, introduire un débat sur le discours de haine à l’égard des personnes LGBTI. Un gros travail reste à faire.

Cette année, nous commémorons aussi le 30ème anniversaire de la Convention des droits de l’enfant, une convention presque universelle. Je crois qu’il est important de renouveler nos engagements, y compris à la lumière des évolutions intervenues, depuis son adoption, notamment en matière de climat, de l’économie digitale, d’amplification des phénomènes migratoires, pour ne citer que celles-là.

L’engagement du Luxembourg pour la promotion des droits de l’Homme fait partie de son ADN, que ce soit au niveau national, européen ou international. Il couvre, sans discrimination, tout le socle des droits reconnus par notre organisation, y compris les droits économiques et sociaux.

C’est pour ces raisons que mon pays a présenté sa candidature pour être élu Conseil des droits de l’homme pour la période 2022-2024, pour la première fois depuis la création du conseil. Nous comptons sur un large soutien de cette Assemblée générale lors de l’élection en 2021.

Monsieur le Président,

Je ne voudrais pas laisser passer l’occasion de vous rappeler combien il est important que notre organisation, qui seule peut prétendre à représenter la communauté internationale, et qui, d’une certaine façon, est la communauté internationale elle-même, s’adapte aux réalités du monde actuel.

Les réformes mises en chantier par notre Secrétaire général ont bien avancé. Il convient maintenant de les traduire sur terrain, notamment en matière de développement et dans l’organisation du pilier sécurité.

L’effort d’adaptation de toutes les composantes du système des Nations Unies est une condition pour le multilatéralisme vivant et dynamique dont le monde a besoin.

C’était très certainement déjà le projet des signataires de la Charte des Nations Unies. Nous aurons l’année prochaine lors de la commémoration des 75 ans de la Charte l’occasion de réaffirmer notre engagement en ce sens.

75 ans, c’est aussi ce qui nous sépare, nous Luxembourgeois, de la libération de notre pays de la barbarie nazie et de la bataille des Ardennes, un moment clef de la 2ème guerre mondiale. Notre gratitude à l’égard de l’Etat hôte, les Etats-Unis, et de tous les autres alliés, demeure aujourd’hui aussi forte qu’elle fut au premier jour.

Monsieur le Président,

Les sommets et notre débat cette semaine nous l’ont démontré : les Nations Unies sont essentielles si nous voulons aborder l’avenir avec lucidité et relever les défis auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui de façon durable. Il est temps d’agir en ce sens et d’apporter à notre Organisation le soutien dont elle a besoin. Mon pays est prêt. L’Union européenne est prête. Avec nos partenaires de la communauté internationale, nous voulons faire en sorte que nous avancions ensemble, car nous savons que le chemin sera long et parfois difficile.

Je vous remercie.

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