Réunion « Arria » du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la responsabilité en Syrie

Intervention de S.E. M. Olivier Maes,

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

New York, le 29 novembre 2021

Monsieur le Président,

Le Luxembourg salue l’organisation de cette réunion « Arria » du Conseil de sécurité sur la responsabilité en Syrie et remercie tous les intervenants pour avoir partagé leur expertise et leur expérience à ce sujet. Nous saluons en particulier le courage et la persistance d’Omar et de Waad. Votre appel à l’action au nom des victimes de la guerre en Syrie nous a profondément touchés et nous espérons qu’il sera entendu.

Le Luxembourg souscrit pleinement à la déclaration de l’Union européenne. Permettez-moi d’ajouter quelques éléments à titre national.

Depuis dix ans, la Syrie s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’horreur d’une violence aveugle qui tue dans un climat d’impunité. Cette impunité est une des raisons pour lesquelles le régime syrien et les autres parties au conflit en Syrie continuent de commettre des crimes dont les populations civiles sont les premières victimes.

Alors que le Conseil de sécurité discute régulièrement des volets politique, humanitaire et relatif aux armes chimiques de la crise syrienne, la lutte contre l’impunité doit faire partie intégrante de ces discussions. La promotion de la responsabilité pénale est en effet essentielle pour assurer et maintenir la paix et la sécurité internationales. Nous sommes profondément convaincus que la justice est un ingrédient indispensable pour ramener la paix en Syrie.

Les preuves des atrocités commises en Syrie s’accumulent au fil des rapports, que ce soient les rapports de la Commission d’enquête internationale indépendante mise en place par le Conseil des droits de l’homme, les rapports du Mécanisme international, impartial et indépendant (IIIM) pour la Syrie ou encore les rapports d’ONG. L’important travail de documentation en cours est crucial pour que, le moment venu, justice puisse être rendue. Nous sommes fiers d’avoir soutenu le IIIM dès sa création en 2016 et nous saluons les efforts entrepris par des juridictions nationales au sein de l’Union européenne.

Dès le début de son mandat en tant que membre élu du Conseil de sécurité pour la période 2013-2014, en janvier 2013, le Luxembourg avait plaidé, avec 56 autres États, pour que le Conseil de sécurité saisisse le Procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Syrie. La CPI a été créée précisément pour mettre un terme à l’impunité des auteurs des crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale, et pour assurer effectivement la répression de ces crimes quand un État n’en a pas la volonté ou en est incapable. Tel est bien le cas de la Syrie. Nous avons fortement regretté le fait que le Conseil de sécurité n’ait pas été en mesure d’adopter une résolution déférant la situation en Syrie à la CPI le 22 mai 2014 en raison du vote négatif de deux membres permanents du Conseil. Plus de sept années plus tard, les crimes hélas continuent.

Pour mettre fin au conflit et aux atrocités en Syrie, il est indispensable d’œuvrer à une solution politique. Tout le monde le reconnaît. Lutter contre l’impunité n’est pas incompatible avec la recherche d’une telle solution politique, bien au contraire. Lutter contre l’impunité, c’est lutter précisément contre ce qui attise la guerre et la violence. Nous devons aussi continuer de répondre aux énormes besoins humanitaires en Syrie. Le Luxembourg continuera là aussi d’apporter sa part.

Face aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité commis en Syrie, nous ne cesserons d’appeler à la justice pour les Syriens.

Je vous remercie.

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