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Débat public du Conseil de sécurité sur les opérations de maintien de la paix des Nations Unies

Publié le lundi 28 juillet 2014

Débat public du Conseil de sécurité sur les Opérations de maintien de la paix des Nations Unies : "La collaboration de l’ONU avec des partenaires régionaux et son évolution"

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg :

"Monsieur le Président,

Je remercie le Rwanda d’avoir organisé sous sa Présidence cet important débat public. Cette initiative illustre bien votre engagement en tant qu’important contributeur de troupes aux Missions des Nations Unies et de l’Union africaine et votre engagement en faveur d’une collaboration accrue entre l’ONU et les organisations régionales dans le domaine du maintien de la paix. Mes remerciements vont aussi au Secrétaire général, à l’Observateur permanent de l’Union Africaine et au Secrétaire général adjoint du Service européen pour l’action extérieure pour leurs présentations.

Monsieur le Président,

La coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales est indispensable pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Les exemples du Mali et de la République centrafricaine le montrent : les organisations régionales qui agissent sous mandat des Nations Unies voient leur légitimité accrue et peuvent obtenir un appui de l’ONU en cas de besoin. En retour, les Nations Unies peuvent bénéficier de l’expertise et de moyens opérationnels des organisations régionales.

C’est sur le continent africain que la coopération entre l’ONU et les organisations régionales est la plus visible et la plus nécessaire. Au Soudan, y compris au Darfour, et au Soudan du Sud, l’ONU et l’Union africaine travaillent la main dans la main. Il est important à cet égard que le Conseil de sécurité continue d’appuyer résolument le travail de médiation entrepris par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine. Nous espérons que ce soutien pourra être exprimé à l’occasion d’un prochain dialogue avec le Président Mbeki. Autre exemple de partenariat : au Soudan du Sud, un accord a été trouvé pour intégrer au sein de la MINUSS la force proposée par l’IGAD pour appuyer le mécanisme de supervision et de vérification de l’accord de cessation des hostilités.

Pour éviter le pire en République centrafricaine, l’Union africaine et la CEEAC ont allié leurs efforts en créant la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine, la MISCA, avec l’appui du Conseil de sécurité. La MISCA a sauvé beaucoup de vies et prépare le terrain pour la MINUSCA, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en RCA. Pour sa part, le Luxembourg a apporté une contribution financière à l’Union africaine afin de renforcer la MISCA en vue de la transition vers la MINUSCA. Et nous participons à l’opération européenne EUFOR RCA dont l’action de sécurisation à Bangui doit faciliter cette transition.

En tant que membre de l’Union européenne, le Luxembourg se félicite du solide partenariat qui existe entre l’ONU et l’Union européenne, un partenariat qui bénéficie en premier lieu à l’Afrique. La coopération UE-ONU couvre la réponse immédiate aux crises, l’action humanitaire, le maintien et la consolidation de la paix et le développement. Comme l’exposé de Monsieur Popowski l’a illustré, les synergies entre l’ONU et l’UE sur les théâtres d’opération où elles interviennent côte à côte sont appréciables. C’est le cas en RCA, mais aussi en République démocratique du Congo, en Somalie et au Mali, en particulier dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité. L’Europe soutient le développement des capacités africaines de gestion de crise à travers la formation et l’équipement. En 2016, plus de 17.000 militaires africains auront été formés avec l’appui des Européens, certains d’entre eux, au Mali et en Somalie, par des instructeurs luxembourgeois. Le soutien de l’Union européenne et de ses Etats membres se matérialise également par leurs contributions substantielles aux budgets des opérations de l’ONU et des missions africaines, en particulier à travers la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique.

La présence de plusieurs opérations sur un même théâtre d’opération renforce le besoin de coordination, au niveau politique, au niveau opérationnel et au niveau financier. Cette coordination implique un échange constant d’informations et d’expériences, à tous les niveaux de la chaîne de commandement, afin de rendre les interventions plus efficaces et efficientes. Dans cet esprit, nous sommes favorables à l’approfondissement de la coopération triangulaire entre les Nations Unies, l’Union africaine et l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Je conclurai en soulignant que la contribution des organisations régionales est également essentielle pour protéger les enfants dans les conflits armés: que ce soit à travers leur coopération avec le Bureau de la Représentante spéciale Leila Zerrougui et l’UNICEF, l’élaboration de directives sur les enfants et les conflits armés, la prise en compte de la protection de l’enfance dans la planification de leurs opérations, la formation de leur personnel ou le déploiement sur le terrain de spécialistes de la protection de l’enfance. La résolution préparée par le Rwanda, et que nous avons coparrainée, met cet aspect à juste titre en exergue.

Dans ce domaine de la protection des enfants dans les conflits armés comme dans d’autres, l’ONU et les organisations régionales peuvent faire la différence en travaillant de concert et de façon complémentaire. En tant que membre fondateur de l’ONU, de l’Union européenne et de nombreuses organisations régionales sur le continent européen, le Luxembourg n’épargnera aucun effort pour y contribuer.

Je vous remercie."

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