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Séance d’information du Conseil de sécurité sur la paix et la sécurité en Afrique: Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel
Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Représentant permanent du Luxembourg:
Monsieur le Président,
Je remercie la Russie d’avoir organisé cette séance consacrée au Sahel dans le cadre de sa Présidence du Conseil de sécurité. Mes remerciements vont aussi à la nouvelle Envoyée spéciale du Secrétaire général, Madame Guebre Sellassie, pour sa présentation du rapport du Secrétaire général sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel. Ce rapport souligne à juste titre l’importance pour la communauté internationale de disposer d’une approche coordonnée pour renforcer la gouvernance, la sécurité, la résilience et le développement dans la région du Sahel.
Depuis le début de l’année, la situation sécuritaire s’est détériorée au nord du Mali, en Libye, ainsi qu’autour du lac Tchad. On a assisté à une multiplication des actions violentes du groupe terroriste Boko Haram, et à des abus des droits de l’homme et des violences contre les civils mais également les membres de la MINUSMA au Mali perpétrées par AQMI, le MUJAO, Ansar Dine et Al Mourabitoune. Ces groupes terroristes, mais aussi les réseaux criminels qui sévissent dans la région constituent des menaces transfrontalières à la paix et à la sécurité qui sapent l’autorité des Etats et entravent les opportunités de développement de toute la région. Aucun Etat n’est en mesure de contrer cette menace seul. Un renforcement de la coopération régionale et du soutien de la communauté internationale s’impose. Les récentes activités du nouveau groupe régional G5, le « Groupe des cinq pays pour le Sahel » regroupant le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, les efforts en cours au niveau de la CEDEAO et la poursuite du processus de Nouakchott initié par l’Union africaine illustrent bien la volonté des pays de la région de renforcer leur coopération en matière de sécurité.
Au-delà de la sécurité, il importe qu’avec l’appui de la communauté internationale, les Etats du Sahel fassent des efforts soutenus pour trouver des solutions durables aux causes profondes de l’instabilité de la région, ces causes qui ont permis aux réseaux criminels et aux groupes terroristes de prospérer. Il s’agit de répondre à la crise humanitaire structurelle, notamment au niveau de la sécurité alimentaire, et de soutenir un développement socio-économique durable et inclusif qui crée des emplois, assure la fourniture de services sociaux de base et le développement de l’agriculture et des infrastructures, en tenant compte des enseignements tirés du passé. Une attention particulière devra être accordée aux zones frontalières et aux infrastructures qui facilitent l’intégration régionale. Cela permettra aussi d’améliorer le contrôle du territoire et de renforcer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble de celui-ci.
Parallèlement, le renforcement de la démocratie, la mise en place d’une gouvernance favorable au développement, la lutte contre la corruption, la promotion et la protection des droits de l’homme, la réconciliation et la décentralisation doivent à notre avis également figurer au centre de l’action pour la paix et la sécurité au Sahel. La résilience des institutions démocratiques constitue en effet un rempart pour prévenir la radicalisation violente et l’émergence de conflits nationaux et régionaux.
Monsieur le Président,
Nous assistons aujourd’hui à une prolifération d’initiatives et de cadres de coordination internationale qui reflète la difficulté de développer une approche collective pour apporter des solutions aux multiples crises qui affectent le Sahel. Face à ce foisonnement, une approche pragmatique s’impose. Dans ce contexte, il nous semble qu’un rôle de cheville ouvrière revient à la Plateforme de coordination des stratégies Sahel, dont la Présidence est assurée de 2013 à 2015 par le Mali. Cette plateforme, qui a été mise en place au cours de la visite conjointe dans la région du Secrétaire général et du Président de la Banque mondiale notamment, en novembre dernier, a le mérite de rassembler autour d’une même table tous les acteurs de la région et leurs partenaires, y compris l’Union européenne. Elle a le mérite de répondre à l’impératif de l’appropriation nationale et régionale et d’être épaulée par un Secrétariat technique.
Nous voudrions saisir l’occasion de cette réunion pour encourager le système des Nations Unies dans son ensemble et tous les acteurs concernés à renforcer de façon coordonnée les programmes à valeur ajoutée régionale, en suivant la feuille de route adoptée lors de la deuxième réunion ministérielle de la Plateforme de coordination des stratégies Sahel qui s’est tenue le 16 mai dernier à Bamako.
Pour sa part, avec ses programmes de coopération bilatérale et régionale, ses contributions à l’engagement de l’Union européenne et des acteurs régionaux, et en tant que nouveau membre, depuis le mois dernier, du groupe de la Banque africaine de développement, le Luxembourg est déterminé à continuer de s’engager pour renforcer le partenariat et la solidarité entre la communauté internationale et les pays de la région du Sahel.
Je vous remercie de votre attention.














