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Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur l’Ukraine

Publié le mardi 24 juin 2014

Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg auprès des Nations Unies :

"Monsieur le Président,

Je remercie à mon tour le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Monsieur Tayé-Brook Zerihoun et le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l’homme, Monsieur Ivan Šimonović, pour leurs exposés.

Le Luxembourg se félicite de l’action déterminée engagée par le Président démocratiquement élu de l’Ukraine, Petro Porochenko, afin de rétablir la paix et la stabilité dans l’est de l’Ukraine. Nous saluons sa décision de faire un premier pas essentiel en vue d’une désescalade en annonçant un plan de paix en 15 points, très complet, et en mettant en place un cessez-le-feu unilatéral pour permettre la mise en œuvre du plan de paix. Cette décision a déjà eu un effet positif puisqu’elle a amené hier soir un dirigeant des séparatistes de la région de Donetsk à répondre à cette initiative présidentielle en s’engageant de son côté à observer un cessez-le-feu d’ici vendredi prochain. Nous saluons le rôle constructif joué par la Présidence en exercice de l’OSCE dans ce contexte.

Un rôle particulier pour parvenir à une désescalade durable de la situation revient à la Russie. Nous l’appelons à utiliser toute son influence sur les séparatistes afin que ceux-ci cessent la violence, déposent les armes une fois pour toutes et relâchent les observateurs de l’OSCE. Nous appelons également la Russie à prendre des mesures efficaces afin d’interrompre le flux continu d’armes et de combattants vers l’Ukraine et à créer ainsi des conditions propices à la mise en œuvre du plan de paix annoncé vendredi par le Président Porochenko.

Monsieur le Président,

Une solution politique est essentielle pour améliorer les conditions de vie des Ukrainiens vivant dans les zones contrôlées par les groupes armés séparatistes dans les régions de Louhansk et de Donetsk. Le Luxembourg partage la préoccupation du Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme face à l’effondrement de l’ordre public et du respect de la loi dans ces zones. Nous sommes très préoccupés par le nombre croissant d’enlèvements, de détentions, de cas de torture et de meurtres commis par les séparatistes. Les crimes et abus de droits de l’homme ne ciblent plus seulement des hommes politiques locaux, des activistes et des journalistes indépendants. Ils concernent désormais également la population de ces régions en général.

L’effet combiné de la présence de groupes armés commettant des actes illégaux et de l’intensification des échanges de tirs entre les séparatistes et les forces armées ukrainiennes a eu un impact négatif sur les droits de l’homme des populations vivant dans les régions sous le contrôle des séparatistes. Les services publics sont fortement perturbés. Nous sommes de même préoccupés par le nombre de personnes déplacées internes qui ne cesse d’augmenter.

La situation en Crimée est elle aussi préoccupante. Les rapports mensuels du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme démontrent que la situation des droits de l’homme s’est gravement détériorée depuis la tenue du référendum illégal du 16 mars et l’annexion par la Russie. Les habitants de Crimée qui sont favorables à l’unité de l’Ukraine sont intimidés et font l’objet de discriminations. Les libertés fondamentales garanties par la loi ukrainienne sont remises en cause, et les minorités vivent dans une atmosphère de peur.

Le Luxembourg reste fermement attaché à la souveraineté, à l’indépendance politique, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, principes fondamentaux qui ont été affirmés par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 68/262 adoptée le 27 mars dernier. En attendant la restauration de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, nous appelons les autorités contrôlant la Crimée à permettre l’accès aux observateurs internationaux, notamment à la Mission d’observation des droits de l’homme des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Le troisième rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme met en exergue les mesures concrètes prises par le Gouvernement ukrainien pour remplir ses obligations en vertu de la déclaration conjointe adoptée le 17 avril à Genève par l’Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l’Union européenne. Un deuxième pas essentiel a été fait avec la présentation du plan de paix et la mise en place d’un cessez-le-feu.

La communauté internationale attend de la Russie qu’elle envoie elle aussi un signal clair démontrant sa volonté d’arriver à une véritable désescalade. Outre un meilleur contrôle de sa frontière et la condamnation de la violence des groupes armés dans l’est de l’Ukraine, nous appelons la Russie à poursuivre le retrait de ses troupes de la frontière ukrainienne et à s’abstenir de procéder à des concentrations de troupes à la frontière. Nous appelons également à l’annulation du mandat du Conseil de la Fédération autorisant l’utilisation des forces armées russes sur le territoire de l’Ukraine. Nous prenons note de la démarche qui a été engagée en ce sens aujourd'hui par le Président de la Fédération de Russie.

Monsieur le Président,

L’élection d’un Président dont la légitimité est incontestable, le dialogue qui s’est instauré entre Kiev et Moscou depuis l’élection du Président Porochenko, son annonce d’un plan de paix et la déclaration d’un cessez-le-feu sont des éléments encourageants. Nous espérons qu’ils constitueront un tournant décisif en vue de trouver une solution politique à la crise en Ukraine. Il faut maintenant mobiliser toutes les bonnes volontés pour saisir cette opportunité et mettre un terme à une crise qui a déjà causé trop de victimes et de souffrances parmi la population civile dans l’est et le sud de l’Ukraine.

Je vous remercie."

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