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Séance d’information publique du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne
Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg auprès des Nations Unies :
"Monsieur le Président,
Je remercie à mon tour le Secrétaire général adjoint aux Affaires politiques Jeffrey Feltman de son exposé.
Les derniers développements en Israël et à Gaza suscitent une terrible impression de déjà-vu mêlée d’un profond sentiment d’impuissance. Le déjà-vu, ce sont les représailles qui succèdent aux représailles, les victimes civiles qui s’ajoutent aux victimes civiles, la voix des faucons et des extrémistes qui couvre la voix des modérés. L’impuissance, c’est celle de la communauté internationale qui, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, continue de subir dans cette région du Moyen-Orient l’un de ses plus graves échecs politiques et diplomatiques.
Aujourd’hui, le processus de paix est moribond et la violence prospère. Aujourd’hui, pourtant, nous devons répéter à tous ceux qui veulent l’entendre - et surtout à tous ceux qui ne veulent pas l’entendre - que davantage de guerre n’apportera pas davantage de sécurité. La guerre ne mène à rien si ce n’est à de nouvelles tragédies comme celle qui, avant-hier, a provoqué la mort d’un groupe d’enfants, quatre cousins fauchés par des obus alors qu’ils jouaient sur une plage de Gaza.
Aussi, l’offensive terrestre qui vient d’être lancée par Israël contre Gaza suscite-t-elle notre plus profonde inquiétude. Certes, Israël a le droit de protéger sa population contre les tirs de roquettes lancées depuis Gaza, que nous condamnons. Mais ce faisant, Israël doit agir d’une manière proportionnée et assurer à tout moment la protection des civils. Or, selon les dernières informations, en onze jours, les opérations militaires israéliennes ont fait de nombreuses victimes palestiniennes, plus de 270 morts et près de 2.000 blessés, dont la grande majorité des civils. Nous sommes particulièrement choqués par le nombre de victimes parmi les enfants palestiniens. Comme l’a dit la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés Leila Zerrougui, nous faisons face à une crise pour la protection des enfants à Gaza. Toutes les parties, rappelons-le, sont dans l’obligation absolue, au terme du droit international humanitaire, de protéger la vie des civils pris au piège des hostilités.
Ceci vaut naturellement aussi pour le Hamas et d’autres groupes militants qui cherchent à frapper de manière indiscriminée au cœur des centres urbains israéliens, dans le but d’y faire le plus grand nombre de victimes civiles. Hier, Jeff Feltman y a déjà fait référence, UNRWA, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine découvrait des roquettes cachées dans l’une de ses écoles à Gaza. Il est inqualifiable et cynique de mettre en jeu la vie d’enfants de pareille manière. Dans les faits, les responsables de ces actes et ceux qui multiplient les appels à la destruction d’Israël, sacrifient de manière délibérée les intérêts du peuple palestinien.
Dans l’immédiat, tous les efforts de la communauté internationale doivent tendre vers l’arrêt complet des hostilités. Nous déplorons le fait que la trêve humanitaire proposée hier par les Nations Unies n’a pas conduit à un cessez-le-feu durable. Nous appelons les parties à la désescalade et à la conclusion immédiate d’un cessez-le-feu. Pour sa part, le Luxembourg soutient sans réserve toutes les initiatives visant à mettre fin aux violences, et en particulier l’initiative de l’Egypte, dont nous saluons ici les efforts de médiation. Nous nous félicitons de l’intention du Secrétaire général de se rendre dans la région et l’encourageons à poursuivre ses efforts en vue d’une désescalade.
Au plan humanitaire, nous réitérons notre plein appui à UNRWA et à son action cruciale en vue d’alléger, un tant soit peu, la souffrance de la population palestinienne.
A terme, puisque la guerre n’offre pas de solution, il faudra donner une chance à la paix. Mais pour donner une chance à la paix, il faudra commencer par donner une chance au processus de paix. Il est impératif qu’Israéliens et Palestiniens renouent les fils du dialogue pour tenter de combler le vide politique qui s’est aujourd’hui installé entre eux. Pour faire cesser la spirale de la violence, la meilleure voie à suivre, la seule voie à suivre est celle de la reprise des pourparlers en vue de trouver un accord global dans le cadre d’une solution à deux Etats.
Je vous remercie".














