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Séance de synthèse des travaux du Conseil de sécurité au mois de juillet 2014 en application de la note S/2010/507
Intervention de S.E. Mme Sylvie Lucas, Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg :
"Monsieur le Président,
Je voudrais, à l’entame de mon propos, vous remercier d’avoir prévu une séance de synthèse de nos travaux du mois. Comme vous le savez, ma délégation soutient fortement cet exercice. Il nous offre une occasion bienvenue de passer en revue notre action du mois écoulé, mais également de regarder de l’avant. Je salue également votre initiative de tenir cette réunion pour la première fois depuis 2005 sous forme d’une séance d’information publique, ce qui contribue à renforcer la transparence des travaux du Conseil. Permettez-moi enfin de vous féliciter, ainsi que toute votre équipe, de la façon impeccable dont vous avez présidé le Conseil de sécurité au cours d’un mois de juillet particulièrement riche en crises.
Je mentionnerai trois questions qui figuraient de manière proéminente à l’ordre du jour de ce mois, à commencer par la Syrie. A l’initiative de l’Australie, de la Jordanie et du Luxembourg, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité, le 14 juillet dernier, la résolution 2165. Celle-ci se base sur les décisions prises par le Conseil dans la résolution 2139 et son adoption n’aurait pas été nécessaire si la résolution 2139 avait été respectée. En décidant que les agences humanitaires des Nations Unies et leurs partenaires d’exécution sont autorisés à utiliser des routes franchissant les lignes de conflit ainsi que quatre postes frontière additionnels afin que l’aide humanitaire parvienne par les voies les plus directes aux populations dans le besoin dans toute la Syrie, et ce sans avoir besoin du consentement des autorités syriennes, la résolution 2165 projette une lueur d’espoir sur un tableau qui reste très sombre. La résolution pourrait permettre d’aider jusqu’à 2,9 millions de personnes actuellement hors d’atteinte des acteurs humanitaires en Syrie. Nous venons d’entendre ce matin un premier exposé encourageant de Valerie Amos quant à sa mise en œuvre, mais le Conseil devra rester vigilant et prendre des mesures supplémentaires en cas de non-respect des résolutions 2165 et 2139.
Mais l’assistance humanitaire ne pourra toujours être qu’un palliatif. Seul un règlement politique, en ligne avec le Communiqué de Genève de juin 2012, saura mettre fin aux souffrances indicibles de la population syrienne. Nous saluons dans ce contexte la nomination de Monsieur Staffan de Mistura en tant qu’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie et de son adjoint Monsieur Ramzy Ezzeldin Ramzy. Nous espérons que le Conseil de sécurité aura bientôt l’occasion de faire le point avec eux sur leurs idées en vue de relancer le processus politique pour une transition démocratique en Syrie.
Je passerai ensuite à l’Ukraine. Alors que les groupes armés séparatistes et leurs soutiens extérieurs continuent de déstabiliser le pays et d’attenter à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, un pas supplémentaire dans l’horreur a été franchi lorsque le vol MH17 de la compagnie Malaysia Airlines a été abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine le 17 juillet dernier. 298 civils innocents ont péri dans cette tragédie. Alors que le Conseil de sécurité a pu trouver un consensus en faveur de l’adoption de la résolution 2166, préparée par nos collègues australiens, nous continuons d’observer des comportements abjectes des groupes armés illégaux, qui refusent ou restreignent l’accès au site de l’accident et empêchent un traitement digne des dépouilles des victimes. Cela ne saurait être toléré et nous exhortons toutes les parties, en particulier les groupes armés et ceux qui les soutiennent, à garantir sans plus tarder un accès sûr et sans entrave au site de l’accident pour la mission d’enquête internationale.
La tragédie du vol MH17 nous rappelle l’importance de redoubler d’efforts diplomatiques pour créer des conditions favorables à la mise en œuvre du plan de paix du Président Porochenko. Il faut trouver une solution à cette crise avant qu’il ne soit trop tard.
La diplomatie est également appelée à la rescousse et le Conseil de sécurité doit jouer pleinement son rôle dans un autre contexte, celui du conflit israélo-palestinien qui s’est embrasé à nouveau à Gaza. Avec plus de 1350 tués, le bilan en vies humaines annihilées et la détresse humanitaire dépassent déjà de loin les souffrances endurées lors de l’opération « Plomb durci » de 2009. Israël a le droit de se défendre contre les frappes indiscriminées du Hamas qui visent les populations civiles israéliennes. Mais ce droit de se défendre ne peut en aucun cas justifier l’usage disproportionné de la force militaire par Israël, qui continue d’infliger des souffrances terribles à la population civile palestinienne. Je pense en particulier aux plus de 200 enfants palestiniens tués au cours des trois dernières semaines.
La priorité absolue doit être la conclusion d’un cessez-le-feu. Mais toute solution durable à la crise à Gaza doit répondre aux causes profondes de cette crise et donner aux populations palestiniennes la chance de vivre leur vie en toute dignité. Cela doit passer tout d’abord par la levée du blocus pour faire cesser les conditions inhumaines imposées aux populations de la bande de Gaza, mais une telle mesure ne peut suffire si nous voulons régler le conflit israélo-palestinien. La seule voie possible pour vivre en paix sera l’acceptation de la solution à deux Etats par les deux parties. Nous espérons que suite à la déclaration présidentielle que nous avons adoptée, à l’aube de la fête de l’Aïd, à l’initiative de nos collègues jordaniens, le Conseil de sécurité continuera de faire entendre sa voix pour contribuer activement au règlement de la crise à Gaza et du conflit israélo-palestinien.
Monsieur le Président,
Il y aurait encore beaucoup à dire sur les différents foyers de crise en Afrique dont le Conseil de sécurité est saisi. Je pense notamment au Soudan du Sud où la situation est particulièrement grave du point de vue sécuritaire et humanitaire et du point de vue des droits de l’homme. Les populations civiles sud-soudanaises souffrent en raison de l’obstination des leaders des deux camps de rejeter toute initiative de paix. Il faut que les deux parties sachent que la communauté internationale, que ce Conseil ne tolérera aucune impunité pour les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises dans le cadre de ce conflit. Les responsabilités en la matière seront établies.
Je tiens enfin à féliciter une nouvelle fois le Rwanda d’avoir pris l’initiative d’organiser un débat public sur le partenariat de l’ONU avec les organisations régionales dans le cadre du maintien de la paix. La résolution 2167 adoptée avant-hier nous aidera à renforcer ce partenariat qui revêt une importance grandissante.
Pour conclure, je ne doute pas que le mois d’août sera décisif pour le règlement de nombre de crises que je viens de mentionner. Le Luxembourg est prêt à travailler activement en ce sens sous la Présidence du Royaume-Uni. Je veux dès à présent assurer mon collègue, l’Ambassadeur Mark Lyall Grant, et son équipe de notre soutien plein et entier.
Je vous remercie de votre attention."














