Débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies

Protection des civils en période de conflit armé : La guerre urbaine et la protection des civils

 

New York, le 25 janvier 2022

 

Intervention de S.E. M. Olivier Maes

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

 

Madame la Présidente,

Je remercie la Norvège d’avoir organisé ce débat public sur la protection des civils dans les contextes de guerre urbaine. 

Le Luxembourg souscrit pleinement aux déclarations de l’Union européenne et du Groupe d’amis sur la protection des civils.

Le rapport annuel du Secrétaire général de 2021 sur la protection des civils a mis en lumière l’impact dévastateur de l’utilisation d’armes explosives en milieu urbain sur les civils et sur les infrastructures civiles essentielles, notamment les écoles. L’urbanisation va continuer à accélérer ces tendances.

Remettre en état les infrastructures essentielles endommagées peut prendre des années et ralentir le retour des personnes déplacées après un conflit. L’accès des organisations humanitaires est réduit. Parfois des villes entières sont détruites au-delà du point où il serait possible de les reconstruire. Nous le voyons par exemple en Syrie.

Lorsque les écoles sont attaquées et fermées, ce ne sont pas seulement les enfants et les personnes directement touchées, en particulier les jeunes filles, qui souffrent, mais la société dans son ensemble. Pour de nombreux enfants, l’absence d’accès à l’éducation est synonyme de travail. Une fois que les enfants sont engagés dans cette voie, il leur est souvent impossible de retourner à l’école, ce qui renforce un cycle d’exploitation et de pauvreté, et les rend vulnérables au recrutement par des groupes armés.

Par conséquent, la protection de l’éducation doit rester une priorité. Le Luxembourg reste fermement attaché à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles et nous exhortons tous les États à la signer. 

Le mandat du Luxembourg au Conseil des droits de l’homme pour la période 2022-2024 s’inscrit également dans cette perspective. Nous avons fait de la protection et de la promotion des droits des enfants, y compris des enfants touchés par les conflits armés, une priorité de notre mandat. À travers son action humanitaire, le Luxembourg continuera aussi de mettre l’accent sur la protection de l’enfance et l’éducation dans les situations d’urgence, en particulier l’accès à l’éducation pour les filles. 

Madame la Présidente,

Le Président du CICR l’a souligné dans son exposé : un meilleur respect du droit international humanitaire est nécessaire pour atténuer les souffrances de la population civile. Le CICR est un partenaire humanitaire de longue date du Luxembourg. Alors qu’il vient de faire l’objet d’une cyberattaque déplorable, le CICR peut continuer de compter sur la solidarité du Luxembourg et sur notre appui actif pour promouvoir le respect du droit international humanitaire à tous les niveaux, par toutes les parties à un conflit. Ce respect est essentiel pour garantir la protection et la dignité de chacun, en particulier en milieu urbain.

Il faut également que les responsables de violations du droit international humanitaire répondent de leurs actes. L’impunité doit cesser. Le Luxembourg souligne à cet égard le rôle important qui revient à la Cour pénale internationale.

La collecte de données sur l’impact des conflits sur les civils en milieu urbain est essentielle et devra encore être renforcée. Nous devons aussi faire le lien entre la protection des civils en milieu urbain et la consolidation de la paix post-conflit. Dans ce contexte, nous devons mieux faire le lien entre l’action humanitaire et les activités de développement.

Enfin, le Luxembourg continue à appuyer l’élaboration d’une déclaration politique dans laquelle les États s’engagent à s’abstenir d’employer des engins explosifs à large rayon d’impact dans les zones habitées. Nous saluons les consultations menées par l’Irlande à ce sujet.

Je vous remercie.