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Réunion « Arria » du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le financement climatique pour une paix et une sécurité durables
New York, le 9 mars 2022
Intervention de S.E. M. Olivier Maes
Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg
Monsieur le Président,
Le Luxembourg remercie les Émirats Arabes Unis d’avoir organisé cette réunion selon la formule « Arria » du Conseil de sécurité sur le financement climatique pour la paix et la sécurité.
Le Luxembourg souscrit à la déclaration de l’Union européenne. Permettez-moi d’ajouter quelques éléments à titre national.
D’emblée, je voudrais réitérer l’entière solidarité du Luxembourg avec l’Ukraine et le peuple ukrainien. Le Luxembourg condamne avec la plus grande fermeté l’agression contre l’Ukraine commise par la Russie avec la complicité du Belarus. Cette agression constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et du droit international. Elle doit cesser sans délai.
Monsieur le Président,
Les implications sécuritaires de l’urgence climatique sont indéniables. L’impact se fait sentir en particulier dans les régions déjà fragilisées par la pauvreté et l’absence de gouvernance, dans lesquelles la concurrence accrue pour l’accès aux terres agricoles et pastorales et à l’eau exacerbe les conflits. Nous devons repenser la sécurité en tenant pleinement compte des menaces induites et aggravées par le changement climatique. Nous devons promouvoir la prévention des conflits en soutenant les efforts de médiation et en faisant les investissements nécessaires à un développement durable.
Le financement climatique joue un rôle crucial à cet égard, en termes d’atténuation du changement climatique et en termes d’adaptation.
Au niveau de l’atténuation, l’Union européenne a pris des décisions fortes qui doivent nous permettre d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 au plus tard. Nous encourageons tous nos partenaires à faire de même. Ce n’est qu’avec le concours de tous que nous saurons limiter le réchauffement terrestre à 1,5°C.
En ce qui concerne l’adaptation au changement climatique, il importe de soutenir efficacement ceux qui sont les plus affectés, par exemple dans la région du Sahel, à travers des projets innovants tels que la restauration de terres dégradées, l’agroécologie et le reboisement durable.
Afin de venir en aide aux populations les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique, le Luxembourg a doublé les ressources pour soutenir les efforts des pays en développement en allouant une enveloppe de 220 millions d’euros sur la période de 2021 à 2025. Ce financement climatique international est additionnel à l’aide publique au développement, à laquelle le Luxembourg continue de consacrer 1% de son revenu national brut.
Notre stratégie du financement climatique international vise une répartition équilibrée entre les activités d’adaptation et d’atténuation.
En complément, le Luxembourg soutient les pays en développement à travers sa politique de coopération, par le financement et la mise en œuvre technique de projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.
Toutefois, les fonds publics ne suffiront pas. Nous en sommes conscients. Il importe donc de continuer à mobiliser des financements par le biais de partenariats publics-privés et d’outils de financement mixtes.
La place financière luxembourgeoise, avec sa première bourse verte au monde, est une plateforme internationale de premier plan pour le montage de tels partenariats publics-privés. Parmi les initiatives et produits de notre place, je citerais les projets de finance d’impact, les financements mixtes, les fonds d’investissement responsables, la cotation d’obligations vertes et la labellisation de fonds ESG.
Monsieur le Président,
Vous pouvez compter sur l’engagement continu du Luxembourg pour rendre la paix et la sécurité plus durables à travers le financement climatique.
Je vous remercie.