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Assemblée générale des Nations Unies
Débat sur le point 125 : Question de la représentation équitable au Conseil de sécurité et de l’augmentation du nombre de ses membres et autres questions connexes ayant trait au Conseil de sécurité
New York, le 17 novembre 2022
Intervention de S.E. M. Olivier Maes
Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg
au nom des pays du Benelux (Belgique - Pays-Bas - Luxembourg)
Monsieur le Président,
Je vous remercie d’avoir convoqué ce débat annuel. J’ai l’honneur de parler au nom des pays du Benelux : la Belgique, les Pays-Bas et mon propre pays, le Luxembourg.
D’emblée, nous exprimons notre gratitude aux coprésidents sortants des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité, l’Ambassadrice Al-Thani de l’État du Qatar et l’Ambassadeur Hermann du Danemark pour leur leadership au cours de la 76ème session de l’Assemblée générale et pour leurs efforts visant à trouver un plus grand terrain d’entente. Nous saluons la nomination de l’Ambassadeur Mlynár de la République slovaque et de l’Ambassadeur Albanai de l’État du Koweït en tant que coprésidents des négociations intergouvernementales pour la 77ème session de l’Assemblée générale. Nous nous réjouissons de travailler avec eux pour faire avancer la réforme du Conseil de sécurité.
Je me concentrerai sur cinq points clés qui sont des priorités partagées des pays du Benelux.
1. Au vu du nombre croissant de conflits et de menaces à la paix et à la sécurité internationales partout dans le monde, et en particulier de l’agression non provoquée d’un membre permanent du Conseil de sécurité, la Russie, contre un État membre souverain, l’Ukraine, la réforme du Conseil de sécurité est cruciale, aujourd’hui plus que jamais, pour sauvegarder la crédibilité de l’ONU et du Conseil de sécurité en particulier. Il est crucial que nous travaillions tous ensemble de bonne foi pour donner un nouvel élan à la réforme du Conseil de sécurité, afin de renforcer à la fois la représentativité et l’efficacité du Conseil, ainsi que sa légitimité, qui a été gravement mise à mal cette année.
2. Nous croyons fermement que le moment est venu de redynamiser le processus des négociations intergouvernementales. Le « Co-Chairs’ Revised Elements Paper » présenté par les co-présidents de la dernière session fournit une bonne base afin de poursuivre nos efforts visant à identifier davantage de domaines de convergence, et nous espérons qu’il jettera les bases de négociations fondées sur un texte. Nous ne pouvons pas continuer à discuter sans fin de la réforme du Conseil de sécurité. Au moment où la crédibilité du Conseil et de l’ONU dans son ensemble est sérieusement remise en cause, nous devons prendre des mesures concrètes.
3. La question du veto est l’un des enjeux clés de la réforme du Conseil de sécurité. Le recours au droit de veto s’est considérablement accru ces dernières années, empêchant le Conseil de sécurité de s’acquitter efficacement de sa responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Les pays du Benelux font partie du nombre important et croissant d’États membres qui soutiennent la limitation de l’utilisation du droit de veto. Nous soutenons ainsi fermement la déclaration politique sur la suspension du droit de veto en cas d’atrocités de masse, présentée par la France et le Mexique, ainsi que le Code de conduite relatif à l’action du Conseil de sécurité contre le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, élaboré par le Groupe Responsabilité, cohérence et transparence (Groupe ACT) et endossé par plus de 120 États membres. Le Code de conduite appelle tous les membres du Conseil de sécurité – tant les membres permanents que les membres élus – à ne pas voter contre un projet de résolution qui vise véritablement une action rapide et résolue destinée à mettre fin à un génocide, à des crimes contre l’humanité ou à des crimes de guerre ou à prévenir ces crimes. Nous encourageons tous les États Membres à se joindre à ces deux importantes initiatives.
4. Nous sommes d’avis que l’Assemblée générale a la responsabilité politique de traiter les situations où l’utilisation du droit de veto conduit à la paralysie du processus décisionnel du Conseil de sécurité. En effet, tout membre permanent utilisant le droit de veto devrait être tenu responsable. C’est pourquoi nous avons appuyé la résolution initiée par le Liechtenstein intitulée « Mandat permanent permettant à l’Assemblée générale de tenir un débat en cas de recours au droit de veto au Conseil de sécurité ». L’initiative sur le veto a introduit un changement bienvenu dans les relations entre le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale.
5. Le Conseil de sécurité devrait être plus représentatif du monde d’aujourd’hui. Les pays du Benelux soutiennent l’appel à une représentation accrue des pays en développement et des petits et moyens États membres, y compris les petits États insulaires en développement, au sein du Conseil de sécurité. Nous reconnaissons et appuyons également les aspirations légitimes des pays africains à une présence accrue au Conseil de sécurité.
Monsieur le Président,
L’enjeu de la réforme du Conseil de sécurité est de taille. Vous pouvez compter sur l’engagement résolu et actif des pays du Benelux pour aider à faire avancer la réforme du Conseil de sécurité et en particulier pour renforcer la capacité du Conseil de sécurité à maintenir la paix et la sécurité internationales en notre nom à tous. C’est dans notre intérêt à tous.
Je vous remercie.