Déclaration de S.E. Monsieur Xavier Bettel Premier Ministre, Ministre d’Etat du Luxembourg - 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies

Seul le discours prononcé fait foi

 Déclaration de S.E. Monsieur Xavier Bettel

Premier Ministre, Ministre d’Etat du Luxembourg

 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies

New York, le 23 septembre 2022

Avant toute chose, je voudrais souscrire à ce qu’a dit mon collègue Charles Michel juste auparavant au nom de l’Union européenne, car je fais partie d’une génération qui n’a jamais connu la guerre. On pensait que la guerre faisait juste partie des livres d’histoire. Et pourtant, mon continent connaît actuellement une situation de guerre sur sa terre. Je pense que notre force est justement notre solidarité, notre union et, surtout, notre unité.

Je suis fier que le Grand-Duché de Luxembourg contribue avec ses partenaires à l’action résolue de l’Union européenne à vouloir promouvoir les valeurs communes : la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit ou encore les droits de l’homme. En tant qu’Européens, nous nous engageons avec conviction pour défendre ces valeurs qui sont les principes ancrés dans la Charte des Nations Unies et pour renforcer le multilatéralisme, le fait de faire les choses ensemble, avec les Nations Unies en son coeur.

Le Président a placé le débat général de la présidence sous le thème du « tournant décisif », et a souligné justement la nécessité de trouver « des solutions transformatrices face à des défis intriqués ». Je dois dire que nous sommes actuellement dans un tournant décisif pour le monde entier et aussi pour les Nations Unies.

Depuis bientôt sept mois, la Fédération de Russie, qui, je n’ai pas besoin de le rappeler, est membre permanent du Conseil de sécurité, a lancé une guerre d’agression à grande échelle contre l’Ukraine, pays voisin souverain, avec l’implication du Bélarus. Cette guerre, qui est non provoquée et qui n’est pas justifiée, a fait chez beaucoup de citoyens, je ne sais pas comment c’est dans beaucoup d’autres pays, mais sur le continent européen en tous cas, resurgir la crainte d’une guerre. Je l’ai dit tout à l’heure, plus que jamais, on recommence à se poser la question de savoir si c’est possible. Les récentes menaces et les mesures annoncées par Moscou ne font qu’aggraver la situation, et je dois dire que nous les condamnons fermement.

Alors, oui, nous sommes dans une situation où, avec le veto russe, le Conseil de sécurité est bloqué, et c’est dur. Le Secrétaire général a condamné la violation manifeste de la Charte des Nations Unies par la Russie. Le 16 mars, je n’ai pas besoin de le rappeler, la Cour internationale de Justice a indiqué des mesures conservatoires exigeant de la Fédération de Russie qu’elle suspende immédiatement les opérations militaires.

L’Assemblée s’est aussi réunie de manière extraordinaire et a adopté trois résolutions dans ce contexte (résolutions ES-11/1, ES-11/2 et ES-11/3). On doit voir aussi qu’une grande majorité des membres de l’Assemblée ont condamné l’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, et, justement, ont aussi exigé un cessez-le-feu.

C’est pour dire qu’à la demande du Président ukrainien Zelenskyy, j’ai participé moi-même, en tant que Premier Ministre, aux efforts. J’ai eu des entretiens avec le Président russe, et comme il y a aussi des représentants de la Fédération de Russie dans cette salle, je dois dire que je ne regrette pas d’avoir essayé. Je suis déçu du résultat, quand j’entends, par exemple, le Président Erdoğan dire, la semaine dernière, qu’on aura peut-être la paix, et que le même jour, le Président Poutine annonce l’organisation de référendums. Je dois dire qu’un référendum, quand on en organise nous-mêmes, on sait combien de temps cela prend. Ici, il s’agit d’organiser un référendum en période de guerre, et, si j’ai bien compris, d’aller sonner chez les gens et de leur demander de mettre un bulletin dans l’urne, ou je ne sais pas comment ce sera organisé, mais on ne peut pas organiser un référendum dans les circonstances qui existent aujourd’hui.

 

La population est poussée à l’extérieur. En fait, je crains même que ce référendum ne soit ensuite une excuse pour justifier des actions supplémentaires, pour dire que c’est un territoire russe, et que donc le Donbass, aujourd’hui, doit être protégé par la Russie, et pour justifier l’utilisation encore plus brutale des moyens qui sont aujourd’hui employés, et je le regrette.

 

Les discussions que j’ai eues avec le Président Poutine sont des discussions que j’ai appréciées, l’échange, la franchise, mais je dois dire qu’aujourd’hui, je remarque que commencer une guerre, c’est quelque chose de facile, mais qu’en fait, la grandeur d’un homme politique, c’est plutôt de savoir la terminer et de vouloir s’en sortir.

 

Je ne sais pas comment le Président Poutine va expliquer ce qui se passe aujourd’hui. Il y a eu des mobilisations ces derniers jours, on a demandé à des jeunes de se rallier aux troupes russes. Je ne sais pas comment il va expliquer à des mères qu’elles vont perdre leur fils, à des femmes qu’elles vont perdre leur époux et à des enfants qu’ils vont perdre leur père pour une guerre qui n’a aucun sens. Aucun sens. En tant que politique, et cela fait neuf ans maintenant que je suis Premier Ministre dans mon pays, j’ai toujours essayé de trouver des réponses aux questions que je me pose, et je dis aux représentants de la Fédération de Russie que c’est la première fois que je n’arrive pas à trouver de réponse. Je n’arrive pas à comprendre. Je lance donc ici, encore une fois, un appel à leur président pour un cessez-le-feu et pour la diplomatie.

 

J’ai eu ces appels téléphonique, mais après Boutcha, je ne pouvais plus le faire. Je le dis franchement. Je n’ai pas compris, et, surtout, le fait de vouloir décorer des militaires qui ont commis des crimes est quelque chose qui était intolérable, et le mot n’est pas assez fort. C’était pour moi quelque chose d’inacceptable.

 

Alors, la guerre continue. Elle a déjà fait plus de 14 000 victimes parmi la population civile en Ukraine, dont plus de 1 000 enfants, et on voit qu’on retrouve des charniers, avec des gens qui ont été abattus. C’est ce que j’ai vu aussi à Boutcha, des exécutions sommaires. Chaque jour où la guerre continue est un jour de trop.

 

Je dois aussi dire que l’agression russe fait également peser des menaces sur les installations nucléaires ukrainiennes, et que dans beaucoup de pays, on a peur. C’est un risque inacceptable pour l’Ukraine, mais aussi pour les autres pays européens.

 

Comme je l’ai dit, je me suis rendu en Ukraine il y a plus ou moins trois mois, et j’ai visité les villes de Borodianka, de Boutcha et d’Irpin, où j’ai rencontré, et qu’il me soit permis de parler d’une expérience personnelle, une femme qui avait tout perdu. Tout. Mais elle gardait l’espoir, elle gardait la volonté de croire en la paix. Elle était là, avec son petit-fils, qui était devenu sourd à cause des bombardements qui avaient eu lieu à côté de lui. Alors, je dis aux représentants de la Fédération de Russie que je suis désolé, mais qu’on ne peut pas condamner un pays, on ne peut pas condamner une génération, on ne peut pas tuer des innocents. Je ne trouve pas de mots.

 

Quand j’ai vu le choc des atrocités qui ont été commises par les forces militaires russes, je n’ai pu que m’incliner devant la mémoire des enfants, des innocents, qui paient de leur vie, une vie brisée par la guerre.

 

Je le dis ici et je l’ai dit aussi à Kyïv : l’Ukraine peut continuer à compter sur nous pour l’aider à défendre son indépendance, sa souveraineté et son intégrité territoriale à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, ainsi que le droit à la légitime défense ou l’Article 51 de la Charte. Il est de notre responsabilité d’aider l’Ukraine. On ne peut pas accepter un tel comportement d’un voisin plus grand. Mon propre pays, je dois l’avouer, ne fait pas partie des pays les plus grands par leur taille ou par leur armée, mais je ne peux pas m’imaginer vivre dans un pays où je doive me tracasser des actions de mes voisins, et je pense que le plus grand projet de paix qu’ait connu mon continent, c’est l’Union européenne. Et si, depuis 1957, je vis en paix, c’est justement parce qu’on essaie de construire des choses ensemble, et c’est vrai que je suis entre la France et l’Allemagne, et qu’à l’époque de la Deuxième Guerre mondiale, c’étaient des ennemis, et aujourd’hui nous sommes partenaires, nous construisons quelque chose ensemble.

 

Aujourd’hui, je ne serais pas devant l’Assemblée, et je ne vivrais pas dans une démocratie, si des pays qui n’étaient pas mes voisins, mais d’autres pays, ne nous avaient pas aidés. Et nous avons aussi, au Luxembourg, ouvert nos portes aux personnes fuyant la guerre. Ces gens ne veulent pas une meilleure vie, ils veulent tout simplement pouvoir vivre. Nous avons accueilli plus de 1 000 élèves d’Ukraine dans nos écoles. Je dois souligner, que ce soit à Kyïv ou que ce soit aussi chez nous, le courage de ces mères, de ces familles, de ces enfants et de ces hommes, en Ukraine, qui commencent même à reconstruire leur pays et à faire revivre leurs villes libérées, après la barbarie qui s’y est déroulée. On doit honorer ce courage en soutenant sans relâche les enquêtes menées par les acteurs nationaux et internationaux, et je pense par exemple à la Cour pénale internationale, afin que les responsables des crimes de guerre et des autres crimes commis en Ukraine soient identifiés, poursuivis et punis. Il ne saurait y avoir d’impunité, ni pour les crimes de guerre, ni pour les crimes contre l’humanité, ni pour le crime de génocide, ni pour le crime d’agression.

 

Qu’il me soit donc permis de saisir cette occasion pour saluer aussi le courage de la population en Russie, parce que le Président Poutine a demandé maintenant une mobilisation, et on voit des Russes qui partent, des jeunes russes qui quittent leur pays. M. Michel l’a dit tout à l’heure, aujourd’hui, rien que le fait de parler de la guerre vaut condamnation. Il est déjà trop tard, car ce qui s’est passé est impardonnable. Mais cesser le feu et arrêter de tuer des innocents, c’est quelque chose qui me tient personnellement à coeur. Et pourquoi suis-je si sensible à ce sujet ? Je le dis : j’ai une grand-mère qui était russe, j’ai un grand-père qui était polonais, j’ai un grand-père luxembourgeois et une grand-mère française. Ma grand-mère était orthodoxe, mon grand-père était juif, l’autre athée et l’autre catholique. Et même sur mon territoire, ayant du sang juif, étant libéral et étant marié à un homme aujourd’hui, je serais condamné à mort dans mon propre pays. Acceptons les différences. Acceptons la richesse de la diversité. Essayons de vivre en paix. Ne recommettons pas les mêmes erreurs. Je lance ici un appel au Président Poutine. Je l’ai dit tout à l’heure : commencer une guerre n’est pas le plus difficile ; le plus difficile, c’est de savoir en sortir, et c’est à cela qu’on reconnaît la grandeur, d’autant plus que cette guerre a commencé à un moment où la plupart d’entre nous ont commencé à se sentir soulagés, car on sortait de la maladie à coronavirus (COVID-19). On pensait qu’on allait pouvoir s’en sortir.

 

On a maintenant l’insécurité alimentaire, tout particulièrement les pays et les populations en situation de fragilité en Afrique et au Moyen-Orient. Je le répète aux collègues africains, car je sais que le discours selon lequel ce sont les sanctions européennes qui posent problème pour la crise alimentaire est faux. C’est la guerre, l’agression en Ukraine, qui est responsable des problèmes que l’on connaît.

 

Je dois remercier aussi le Président Erdoğan, qui s’est mis autour de la table pour essayer de trouver un moyen de rouvrir la mer Noire aux exportations ukrainiennes de céréales. Cet accord est vital pour des millions de personnes.

 

Nous voyons aujourd’hui aussi une hausse des prix de l’énergie et des répercussions qui sont très dures pour de nombreux Européens. C’est facile de dire qu’il faudrait abandonner les sanctions. Moi, ce que j’aimerais, c’est que l’on abandonne la guerre, pas nous, mais eux, nos collègues russes.

 

Je tiens aussi à saluer l’initiative du Secrétaire général de réunir le Groupe d’intervention mondiale face aux crises alimentaire, énergétique et financière pour identifier des solutions à court et à moyen terme. Je remercie António Guterres et ses équipes pour leurs efforts vraiment énormes, comme je l’ai dit tout à l’heure, concernant l’accord avec la Türkiye.

 

Nous devons soutenir aussi le Programme alimentaire mondial, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Fonds international de développement agricole pour renforcer la résilience alimentaire.

 

On voit aujourd’hui que la région du Sahel souffre d’une insécurité alimentaire, amplifiée par les changements climatiques et les effets de la guerre. J’étais il n’y a pas longtemps au Niger, un pays partenaire de la coopération, et je tiens à remercier le leadership du Président Bazoum. Nous voulons nous engager pour plus de stabilité dans la région. Je me rappelle encore quand j’étais avec M. Roch Kaboré et M. Ibrahim Boubacar Keïta. Aujourd’hui, les leaders ont changé. Je pense que l’instabilité en Afrique est un facteur qui est dramatique, à côté d’autres crises qui existent.

 

Je suis fier d’être le Premier Ministre d’un pays où 1 % de son revenu national brut est réservé à l’aide publique au développement. Comme la plupart des États Membres s’en doutent, chaque fois que l’on parle d’aide publique au développement, l’un ou l’autre citoyen dira : « mais pourquoi est-ce que vous aidez les autres ? Il y a toujours des problèmes chez vous ». Je suis fier d’avoir 1 % pour aider d’autres personnes, quand on voit que certains problèmes que nous avons chez nous sont des problèmes qui sont minimes par rapport à d’autres.

 

Nous voulons aussi contribuer à réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Afin d’atteindre les objectifs de développement durable, le partenariat avec l’Afrique est crucial. Nous entendons le renforcer au niveau continental, entre l’Union européenne et l’Union africaine, et au niveau bilatéral. Cela va au-delà de la coopération traditionnelle axée sur les secteurs sociaux, tels que la santé ou l’éducation. Cela s’étend à la coopération en matière d’énergies renouvelables et de lutte contre les changements climatiques, comme nous le faisons aussi avec nos partenaires de Cabo Verde. Cela s’étend aussi à la coopération dans les domaines de la technologie et de l’information. Récemment, j’étais à Kigali, au Rwanda, où nous continuons à le faire.

 

Si on veut être des partenaires crédibles, on ne doit surtout pas faire des réunions où on s’engage, ce que l’on a tous tendance à faire, mais on doit respecter nos engagements. Cela ne sert à rien de se rencontrer pour se promettre des choses et après de ne pas le faire. Pour ma part, par exemple au niveau du financement climatique, mon pays a décidé d’appliquer le principe de l’additionnalité. Notre financement s’ajoute donc à notre aide publique au développement.

 

Lors de la vingt-sixième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, à Glasgow, j’ai annoncé que le Grand-Duché de Luxembourg allait augmenter son financement climatique pour le porter à 220 millions d’euros sur la période 2021-2025. La moitié de ce financement va à l’adaptation aux changements climatiques dans les pays les plus vulnérables. Nous comptons aussi investir une part croissante dans des instruments innovants afin de mobiliser des financements privés.

 

Nous sommes chefs de file européens en matière de finance durable. Nous jouons un rôle majeur dans la mobilisation des capitaux privés requis pour financer les transitions vers la neutralité carbone, notamment avec la Banque européenne d’investissement dans le domaine de la finance durable.

 

Face à l’urgence climatique, de temps en temps, je dois dire qu’on est un peu frileux en tant que politiques. On se demande si on peut ou si on ne peut pas. Nous nous demandons quelles seront les conséquences si les températures augmentent de 1 °C ou de 2 °C. Mais il y a certains pays qui se demandent combien de temps ils vont exister encore. Ils risquent d’être rayés de la carte du monde à cause de l’augmentation des températures. En sommes-nous conscients ? Au Luxembourg, j’ai lancé le Conseil des citoyens, où l’on a demandé à 100 citoyens de se retrouver ensemble et de faire des propositions. On réalise que les propositions de nos citoyens sont souvent plus courageuses que ce que nous, en tant que politiques, on pense. Ce fut une expérience assez intéressante, et on doit être à leur écoute.

 

On va se retrouver à Charm el-Cheikh, pour un grand nombre d’entre nous. Nous devons nous mobiliser pour garder le cap de l’objectif de 1,5 °C auquel nous avons souscrit à Paris. C’est seulement en faisant des efforts communs qu’on arrivera à réduire l’impact des changements climatiques. Je pense aussi à nos amis du Pakistan et à ce qui s’y passe.

 

Cela a un impact aussi sur les droits humains et, en particulier, sur les droits des enfants. Cela fait partie des priorités du Grand-Duché de Luxembourg au Conseil des droits de l’homme, où nous nous engageons aussi à promouvoir l’égalité des genres, à lutter contre les discriminations, à renforcer l’état de droit et l’espace civique et à combattre l’impunité. J’ai aussi une pensée pour Mahsa Amini en Iran et ce qui s’est passé avec la police de la moralité, qui a décidé de l’avenir d’une femme. Est-il normal encore, et je l’ai dit l’année dernière quand j’étais ici devant l’Assemblée (voir A/76/PV.13), que, selon mon lieu de naissance, mes droits ne sont pas les mêmes et que, selon mon lieu de naissance, si je suis membre d’une certaine religion, je n’ai pas de droits ? Est-il normal que, si je suis d’une opinion politique différente, je n’ai pas de droits et que, si je suis d’une orientation sexuelle différente, je n’ai pas de droits ? Dans certains pays, je suis même condamné à mort. Et si je suis une femme, j’ai moins de droits qu’un homme. C’est une réalité aujourd’hui.

 

Il est donc très important pour nous de continuer à avoir ces commissions internationales indépendantes chargées d’enquêter sur les violations des droits humains. Malheureusement, cela représente une charge de travail de plus en plus grande au niveau international.

 

Nous avons à coeur de nous montrer à la hauteur de notre responsabilité quand on nous a élus au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2022-2024. C’est la première fois que nous avons l’honneur de siéger au Conseil. C’est l’occasion aujourd’hui pour moi de remercier très chaleureusement les États Membres, en mon nom personnel et au nom de mon gouvernement et de mon pays, de nous avoir fait confiance.

 

Le Président a insisté sur le fait que nous sommes à un tournant décisif et que nous devons répondre tous aux différents défis que nous avons, que ce soit la guerre ou le dérèglement climatique. Nous devons trouver des réponses communes. Nous devons agir aussi ensemble. À ceux qui disent que l’ONU est impuissante, je réponds que l’ONU est ce que nous en faisons. Tout dépend de l’ambition que l’on a et de ce que l’on arrive à en faire. À nous de nous mobiliser pour trouver des solutions et forger des alliances et des compromis qui permettent de renforcer la coopération multilatérale.

 

Ce printemps, par exemple, le Luxembourg a eu l’honneur de faciliter, avec le Bangladesh, les négociations qui ont abouti à l’adoption par consensus de la première déclaration sur les progrès réalisés dans la mise en oeuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (résolution 76/266). Nous avons aussi participé aux efforts qui ont permis l’adoption par consensus de l’initiative du Liechtenstein sur le veto (résolution 76/262). Elle établit un mandat permanent pour que l’Assemblée tienne un débat en cas de recours au veto au Conseil de sécurité. Oui, nous avons un système. Il est tel qu’il est. Essayons d’en faire le meilleur. Nous avons aussi besoin d’une réforme du Conseil de sécurité. L’ONU ne peut pas être un chien qui aboie, mais ne mord pas, un chien sans dents. Il est important que l’on arrive à avoir une ONU qui fonctionne. On arrive à expliquer ce qu’est cette instance. Rappelons-nous pourquoi nous sommes ici. On a voulu après la Seconde Guerre mondiale se mettre autour d’une table pour trouver des solutions et travailler ensemble. Aujourd’hui, l’ONU ne doit pas être l’endroit où, à travers un veto, j’arrive à bloquer la volonté de construire quelque chose ensemble.

 

Nous saluons donc les travaux qui ont été lancés pour donner suite aux propositions formulées par le Secrétaire général. Il y a quelques jours s’est tenu le Sommet sur la transformation de l’éducation. La décision a été prise de créer le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse.

 

Il est très important aussi d’impliquer les jeunes car les erreurs qu’on fait aujourd’hui, c’est à eux de les payer demain. Il faut avoir le courage de savoir que la politique c’est, pour certains, les échéances prochaines, mais c’est surtout l’héritage qu’on laissera aux générations futures.

Mme Ataeva (Turkménistan), Vice-Présidente, assume la présidence.

 

Je peux assurer l’Assemblée que le Luxembourg continuera à se mettre au service de l’Organisation des Nations Unies pour porter haut nos valeurs communes, les valeurs de l’humanité. C’est pour cela que le Grand-Duché du Luxembourg est aussi candidat au Conseil de sécurité pour le mandat 2031-2032. C’est pour cela que nous continuons à nous engager pour la paix et la sécurité, en Ukraine, au Mali, au Proche-Orient. C’est pour ça que nous nous engageons pour les droits de tous les êtres humains et que nous soutenons l’action humanitaire pour les populations du Sahel et de la Syrie. Et c’est pour cela que nous répondons toujours présent lorsqu’il s’agit de défendre la Charte des Nations Unies. J’espère que l’année prochaine, lorsqu’on se retrouvera ici, les atrocités qui se passent en Ukraine feront partie de l’histoire.