Assemblée générale des Nations Unies: Point 124 - Renforcement du système des Nations Unies

Décision sur le projet de résolution A/76/L.52

 

New York, le 26 avril 2022

 

Déclaration de S.E. M. Olivier Maes

Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg

au nom des pays du Benelux (Belgique - Pays-Bas - Luxembourg)

 

Monsieur le Président,

Je vous remercie de me donner la parole. J’ai l’honneur de m’exprimer au nom des trois pays du Benelux : la Belgique, les Pays-Bas et mon propre pays, le Luxembourg.

Les pays du Benelux sont fiers d’avoir coparrainé la résolution qui vient d’être adoptée par consensus et qui établit un mandat permanent pour que cette Assemblée générale tienne un débat en cas de recours au veto au Conseil de sécurité.

Nous remercions le Liechtenstein pour son leadership sur cette importante résolution. L’adoption d’aujourd’hui intervient après plus de deux ans de préparation et de très larges consultations entre les États membres. Nous nous réjouissons du fait qu’en conséquence de cela, la résolution bénéficie d’un très large soutien transrégional.

La résolution que nous avons adoptée indique clairement que ses dispositions sont sans préjudice des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité. L’objectif n’est pas de réformer le Conseil de sécurité, mais de renforcer le rôle de l’Assemblée générale en établissant un mécanisme permettant à cette Assemblée de se réunir dans les dix jours ouvrables suivant l’exercice du veto par un ou plusieurs membres permanents du Conseil de sécurité et de tenir un débat sur la situation au sujet de laquelle le veto a été opposé, sous réserve que l’Assemblée ne tienne pas de session extraordinaire d’urgence sur cette même situation.

A ce moment critique pour les Nations Unies, cette résolution envoie un signal important en faveur du multilatéralisme. Le recours au veto s’est considérablement accru ces dernières années, empêchant le Conseil de sécurité de s’acquitter efficacement de son mandat et de maintenir la paix et la sécurité internationales. Parmi les exemples récents, citons le veto exercé à la fin de l’année dernière, le 13 décembre 2021, qui a empêché l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution traitant du lien crucial entre le climat et la sécurité, qui était soutenue par une large majorité d’États membres. Ce recours accru au veto est lourd de conséquences pour le travail et l’efficacité du Conseil de sécurité et de l’ONU dans son ensemble.

La Charte des Nations Unies est très claire. Permettez-moi de citer le paragraphe 1 de son Article 24 : « Afin d’assurer l’action rapide et efficace de l’Organisation, ses Membres confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et reconnaissent qu’en s’acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilité le Conseil de sécurité agit en leur nom ».

Le Conseil de sécurité agit au nom de tous les États membres de l’ONU. Dans cet esprit, il est parfaitement logique que nous, les États membres, tenions un débat à l’Assemblée générale chaque fois que l’utilisation du veto par un ou plusieurs membres permanents du Conseil de sécurité a rendu impossible une action rapide et efficace de l’ONU.

L’utilisation du veto n’est pas un privilège, mais une lourde responsabilité. La résolution que nous venons d’adopter est une étape cruciale pour renforcer le multilatéralisme en rendant les membres permanents du Conseil de sécurité plus responsables devant l’ensemble des membres lorsqu’ils utilisent le veto pour bloquer l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité. Il s’agit d’un pas en avant crucial pour la responsabilité et la transparence et nous sommes heureux d’avoir pu franchir cette étape aujourd’hui avec le soutien de tant d’États membres.

Je vous remercie.