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Débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies : Les enfants et les conflits armés : Comment prévenir et combattre les violations graves commises contre les enfants lors des conflits armés
New York, le 5 juillet 2023
Intervention de S.E. M. Olivier Maes
Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg
Monsieur le Président,
Le Luxembourg souscrit aux déclarations de l’Union européenne et du Groupe des amis sur les enfants et les conflits armés. J’y ajouterai des considérations à titre national.
Je remercie la Présidence du Royaume-Uni d’avoir organisé ce débat public et les intervenants de ce matin d’avoir exposé l’enjeu de ce débat. Nous ne pouvons ignorer la situation alarmante des enfants pris au piège des conflits armés à travers le monde. En 2022, 18 890 enfants ont été victimes de 24 300 violations gravesdans 25 situations. Ce sont là les chiffres confirmés pour l’an passé. Le chiffre réel est certainement beaucoup plus élevé.
Un exemple frappant de cette réalité est l’Ukraine, où les enfants sont directement touchés par l’utilisation de systèmes de missiles par les forces russes, les bombardements de zones peuplées et les frappes aériennes de l’agresseur. Ces attaques disproportionnées ont des conséquences dévastatrices sur la vie des enfants innocents, causant des pertes en vies humaines, des blessures graves et des traumatismes indélébiles pour cette génération.
D’autres situations sont aussi alarmantes. Le Luxembourg est particulièrement préoccupé par la détérioration de la situation des enfants au Soudan du Sud et au Myanmar. Dans des pays comme la Syrie, au Yémen et dans le Territoire palestinien occupé, le manque d’accès à l’aide humanitaire a des conséquences désastreuses pour les enfants qui sont pris au piège de conflits prolongés. Ces enfants, déjà vulnérables, sont confrontés à des défis quotidiens pour survivre, en particulier les jeunes filles qui sont victimes de violences sexuelles.
Une tendance particulièrement préoccupante est l’augmentation de 112% du nombre d’attaques contre les écoles et les hôpitaux. Rien qu’en 2022, 1 163 attaques contre des écoles ont été enregistrées. Le Luxembourg soutient activement la Déclaration sur la sécurité dans les écoles et encourage vivement tous les États qui ne l’ont pas encore fait à l’endosser, afin de prévenir ces attaques et de protéger les lieux d’apprentissage. Les écoles doivent rester des « zones de paix ». Priver les enfants de leur droit fondamental à l’éducation, c’est les priver de leur avenir.
Je tiens ici à réitérer le soutien financier et politique du Luxembourg au mandat de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Madame Virginia Gamba, ainsi qu’à l’ensemble de ses équipes. Leur travail essentiel avec les équipes pays de l’ONU permet de documenter les violations des droits des enfants dans les conflits armés. Leur mission est cruciale.
Le Luxembourg reste profondément attaché à cette thématique, comme en témoigne le fait que nous avons récemment organisé avec la Belgique, Malte et l’Uruguay une exposition photo à Genève intitulée « From Despair to Hope: Children Beyond Armed Conflict », de concert avec le Bureau de la RSSG.
Monsieur le Président,
Il est de notre devoir de renforcer les mécanismes de redevabilité, afin de mettre fin à l’impunité pour les violations graves commises contre les enfants. Les enfants méritent notre engagement, notre compassion et surtout notre action résolue pour construire un avenir meilleur et plus sûr pour tous.
Je vous remercie.