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Cinquième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés
Doha, le 8 mars 2023
Intervention de S.E. M. Olivier Maes
Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg auprès des Nations Unies
Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Le Luxembourg souscrit à l’intervention prononcée hier par l’Union européenne. Je voudrais y ajouter quelques éléments à titre national.
Permettez-moi de remercier le Qatar pour son hospitalité et les Nations Unies, en particulier la Haute Représentante pour les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, la Secrétaire générale adjointe Rabab Fatima et son Bureau pour la bonne organisation de cette conférence.
Cette cinquième Conférence des Nations Unies sur les PMA vient à point nommé. Nous sommes à mi-chemin de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les progrès accomplis depuis 2015 sont inégaux, et ils sont compromis par l’impact des changements climatiques, de la pandémie de COVID-19 et des conflits. Je pense en particulier à la flambée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie causée par la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine.
Les pays les moins avancés sont les plus vulnérables dans ce contexte. Plus d’un tiers de la population y vit toujours dans une pauvreté extrême. Depuis 1971, seuls six pays sont sortis de la catégorie des PMA. Nous devons donc renforcer notre partenariat avec les PMA, en nous concentrant sur les six domaines prioritaires du Programme d’action de Doha. Comme l’a dit le Secrétaire général lors de l’ouverture de cette conférence, il n’y a plus de temps à perdre, et l’ère des promesses non tenues doit prendre fin – maintenant.
Monsieur le Président,
Le Luxembourg tient ses engagements en faveur des PMA. La solidarité internationale et l’objectif de l’éradication de la pauvreté forment la base de notre engagement continu en matière de coopération au développement. Le Luxembourg suit une approche fondée sur les droits humains, l’égalité des genres et la durabilité environnementale afin de permettre à chaque individu de s’épanouir et de déterminer librement le cours de son existence et faire en sorte que le développement soit durable et inclusif. Le principe consistant à ne laisser personne de côté est au cœur de notre stratégie de coopération. En cette journée internationale des femmes, nous réaffirmons notre engagement pour l’autonomisation des femmes et des filles partout dans le monde.
Le Luxembourg continue de consacrer un pour cent de son revenu national brut à l’aide publique au développement, en se concentrant sur les PMA. Cinq de nos six pays partenaires prioritaires – le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Laos – sont des PMA. Notre sixième pays partenaire, le Cabo Verde, a pu sortir de la catégorie des PMA en 2007 et nous continuons d’être à ses côtés. Nous avons aussi décidé de renforcer notre partenariat avec le Bénin.
En 2021, le Luxembourg a alloué aux PMA 0,35 pour cent de son revenu national brut. Nous estimons avoir maintenu en 2022 ce taux bien supérieur à l’objectif des 0,2 pour cent et nous allons maintenir notre solidarité avec les PMA.
Le Luxembourg s’engage aussi en matière de financement climatique, en phase avec le Programme d’action de Doha. Notre financement climatique est additionnel à notre aide publique au développement. Le Luxembourg a ainsi décidé de contribuer à hauteur de 220 millions d’euros au financement climatique international pendant la période de 2021 à 2025 en vue de renforcer la capacité des pays en développement, dont les PMA, à faire face aux effets des changements climatiques.
Mesdames et Messieurs,
Dans nos efforts, nous devons inclure le secteur privé, sachant que les financements publics ne suffisent pas pour assurer l’appui nécessaire aux PMA. A cet égard, le Luxembourg s’engage depuis plusieurs années pour promouvoir des approches financières innovantes, en utilisant l’expertise de sa place financière.
Je voudrais citer ici un exemple qui illustre aussi notre engagement multilatéral et notre partenariat avec les Nations Unies. Par le biais du Fonds d’équipement des Nations Unies (UNCDF), le Luxembourg soutient le fonds BUILD, un instrument d’investissement conçu pour faciliter l’accès au financement des petites et moyennes entreprises et la mise en œuvre de projets d'infrastructures locales qui ont un fort impact sur le développement dans les PMA. Notre investissement d’ancrage dans ce fonds vise à mobiliser des capitaux privés en vue de financer des projets bancables dans les PMA. J’aimerais lancer ici un appel aux acteurs du secteur privé de se joindre aux efforts du secteur public et de contribuer à assurer le financement requis pour atteindre les objectifs de développement durable.
Le Luxembourg participe aussi aux efforts en vue d’assurer un accès équitable aux services sociaux, y compris pour les populations marginalisées. Nous soutenons ainsi le développement de systèmes de protection sociale durables et résilients dans la région des Grands Lacs et en Asie du Sud-Est, en partenariat avec l’Organisation internationale du Travail et d’autres bailleurs. Dans le cadre de l’Organisation mondiale de la Santé, nous soutenons l’instauration de la couverture sanitaire universelle, qui garantit l’accès à des soins de qualité et financièrement abordables à tous.
Enfin, nous appuyons le Cadre intégré renforcé, un programme de l’Organisation mondiale du Commerce qui renforce la capacité des PMA à participer pleinement au système commercial multilatéral.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Il nous reste sept ans pour réaliser l’Agenda 2030 et huit ans pour mettre en œuvre le Programme d’action de Doha. Il n’y a donc plus de temps à perdre pour renforcer notre partenariat avec les PMA afin qu’ils puissent transformer leur potentiel en prospérité.
Vous pouvez compter sur le Luxembourg dans cet effort de solidarité qui doit tous nous unir.
Je vous remercie.