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Conseil de sécurité des Nations Unies - Débat public sur les enfants et les conflits armés
New York, le 24 juin 2026
Intervention de S.E. M. Olivier Maes
Ambassadeur, Représentant permanent du Luxembourg
Monsieur le Président,
Le Luxembourg souscrit à la déclaration de l’Union européenne et du Groupe des Amis des enfants touchés par les conflits armés. Nous remercions la Colombie pour l’organisation de ce débat, ainsi que la Représentante spéciale du Secrétaire général, Vanessa Frazier, pour son engagement et pour la présentation du rapport annuel sur les enfants et les conflits armés.
Aujourd’hui, les conflits armés sont plus longs, plus complexes, plus urbanisés et marqués par le non-respect du droit international. Les enfants en paient le prix le plus lourd. Le nombre de violations graves commises contre les enfants et vérifiées par l’ONU a atteint en 2025 le niveau le plus élevé depuis la création du mandat sur les enfants et les conflits armés, il y a 30 ans. Il est choquant que la majorité de ces violations aient été commises par des forces gouvernementales, pourtant investies de la responsabilité première de protéger les populations civiles.
Plus de 12 000 violations graves ont été documentées en Israël et dans le Territoire palestinien occupé, en particulier à Gaza et en Cisjordanie. Cette situation alarmante appelle une attention urgente. Par ailleurs, dans leur guerre d’agression contre l’Ukraine, les forces armées russes continuent de tuer et de mutiler des enfants.
L’utilisation d’armes explosives dans des zones peuplées a un impact dévastateur. L’augmentation des attaques contre les écoles et les hôpitaux ainsi que l’utilisation de ces infrastructures civiles à des fins militaires sont très préoccupantes. Des millions d’enfants dans les zones de conflit sont privés d’éducation. Les filles sont particulièrement touchées. La mise en œuvre de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles doit dès lors constituer une priorité. Chaque enfant doit pouvoir vivre dans un environnement d’apprentissage sûr et jouir pleinement de son droit fondamental à l’éducation.
Alors que l’impunité persiste dans la grande majorité des cas, il est essentiel de garantir la redevabilité, par des législations adéquates, par des enquêtes et des poursuites effectives, et par une coopération renforcée avec les mécanismes internationaux, y compris la Cour pénale internationale. Les auteurs des violations graves doivent être traduits en justice.
Le soutien continu au mandat sur les enfants et les conflits armés et à son mécanisme de surveillance et de communication de l’information est essentiel pour le mettre en mesure de documenter les violations de manière fiable et de poursuivre son travail indispensable.
Monsieur le Président,
Le Luxembourg demeure résolument engagé en faveur de la protection des enfants dans les conflits armés et de la pleine réalisation de leurs droits fondamentaux. Nous appuyons de longue date l’UNICEF ainsi que le Bureau de la Représentante spéciale et nous appelons toutes les parties à coopérer avec elle. La protection des droits de l’enfant n’est pas une option, mais une obligation collective et impérative.
Je vous remercie.