81ème session de l’Assemblée générale – Première Commission

Débat général

Déclaration du Luxembourg

New York, le 12 octobre 2026

S.E. Mme Véronique Dockendorf, Représentante permanente du Luxembourg auprès des Nations Unies

 

Monsieur le Président,

Je vous félicite pour votre élection à la présidence de la Première Commission et vous assure le plein soutien de notre délégation.

Le Luxembourg s’associe à la déclaration de l’Union européenne et souhaite y ajouter quelques remarques à titre national.

Le désarmement et la non-prolifération des armements conventionnels et de destruction massive, tout comme les vecteurs de cette dernière catégorie, sont des domaines d’action qui demeurent prioritaires pour le Luxembourg en termes de prévention de conflits.

Le Luxembourg demeure profondément préoccupé par la dégradation de la situation sécuritaire internationale. Chaque année, cette Commission semble devoir opérer dans un monde plus dangereux et plus complexe que l’année précédente. Nous sommes témoins d’un bilan mondial désastreux : 252 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire, 204 millions de victimes subissent les conséquences entraînées par plus de 60 conflits armés actifs – il s’agit de la période la plus violente depuis la création des Nations Unies. Il faut mettre fin au plus vite à l’impunité et aux nombreuses violations du droit international, y inclus du droit international humanitaire.

Dans ce contexte mondial alarmant qui appelle un retour urgent à la paix, à la stabilité et à la sécurité, le Luxembourg demeure pleinement attaché à la Charte, à l’ordre international fondé sur des règles, ainsi qu’au multilatéralisme. La communauté internationale ne saurait accepter que la Charte des Nations Unies soit bafouée, y compris par des membres permanents du Conseil de sécurité – l’organe censé assumer la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Nous condamnons fermement la guerre d’agression injustifiée et illégale contre l’Ukraine menée à grande échelle par la Russie depuis plus de quatre ans. Une fois de plus, nous exhortons la Russie à mettre fin à cette guerre et à respecter enfin l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine.

Nous dénonçons également les autres nombreux conflits armés qui continuent de faire rage partout au monde. Ces violations continues du droit international dont la Charte des Nations Unies, vont clairement à l’encontre de l’esprit et des objectifs de l’ONU.
 

Monsieur le Président,

Nous déplorons le résultat décevant de la 11e conférence d’examen du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) cette année. L’absence de consensus risque d’alimenter l’impression de positions irréconciliables, encore renforcée par l’issue de la 70e Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le TNP demeure la pierre angulaire du régime international de non-prolifération. Dans cette optique, le Luxembourg a soutenu la transmission du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité s’agissant du non-respect persistant de ses obligations internationales de non-prolifération. Nous continuerons à soutenir tous les efforts diplomatiques pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Nous appelons les États-Unis, la Russie et la Chine, les trois principales puissances nucléaires, à négocier un accord trilatéral instaurant un nouveau cadre de réduction des armements nucléaires.

Le Luxembourg exhorte la République populaire démocratique de Corée à abandonner immédiatement ses programmes d’armement nucléaire et ses programmes de missiles balistiques, et ce de manière complète, vérifiable et irréversible.

Ma délégation reste profondément préoccupée par la situation précaire dans laquelle se trouvent les installations nucléaires en Ukraine, en particulier la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, dont nous condamnons avec la plus grande fermeté l’occupation illégale par la Russie.

À l’occasion de son 30e anniversaire, nous réaffirmons également l’importance du traité d’interdiction complète des essais nucléaires et souhaitons son entrée en vigueur dans les meilleurs délais, ainsi que la conclusion de négociations sur un traité visant à interdire la production de matières fissiles pour les armes nucléaires.
 

Monsieur le Président,

Bien qu’il y ait un long chemin à parcourir pour restaurer la stabilité et la sécurité internationales, force est de constater que des avancées dans la bonne direction sont observables. À la différence du cas iranien, l’exemple de la Syrie récent montre qu’une coopération étendue et transparente avec l’AIEA, ainsi que le respect du régime des garanties, contribuent à renforcer la confiance de la communauté internationale et à produire des effets positifs. Le Luxembourg salue les récents développements positifs dans le cadre de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et l’adhésion de la Syrie au Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques. Nous l’encourageons à poursuivre sa trajectoire actuelle et nous la soutenons dans le cadre de ces démarches.

En matière de sécurité internationale, les développements actuels sont étroitement liés aux progrès technologiques, surtout dans le domaine de l’intelligence artificielle, ainsi qu’aux défis considérables qu’ils peuvent poser, notamment l’utilisation d’armes autonomes et les risques pour la société civile. Cette année, le Groupe d’experts gouvernementaux sur les systèmes d’armes létales autonomes est parvenu à un consensus historique, remplissant ainsi le mandat qui lui avait été donné. La 7e conférence d’examen de la Convention sur certaines armes classiques sera l’occasion de passer aux négociations substantielles.  Le Luxembourg est disposé à avancer en ce sens.
 

Monsieur le Président,

Le Luxembourg reste également fortement attaché à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel et à la Convention sur les armes à sous-munitions.

Une architecture efficace de non-prolifération et de désarmement dépend enfin des contrôles à l’exportation qui y sont associés. Ceux-ci garantissent une mise en œuvre pratique et réelle des engagements souscrits par les États, et veille à ce que les biens et les technologies sensibles ne puissent pas être utilisées à mauvais escient. Dans ce contexte, le Luxembourg reste attaché aux différents régimes multilatéraux en la matière et aux instruments qui y sont associés, tels que le Traité sur le commerce des armes et le Protocole sur les armes à feu.
 

Monsieur le Président,

En tant que membre actif du Groupe des amis « Femmes, paix et sécurité », le Luxembourg poursuit son engagement pour l’agenda « Femmes, paix et sécurité » dans le cadre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, dénonçant l’impact disproportionné des conflits armés sur les femmes et les filles, et reconnaissant la nécessité d'une participation active des femmes dans les processus de paix.

Pour faire avancer la mise en œuvre de l’agenda « Femmes, paix et sécurité », tous les États devraient prendre des mesures concrètes. Sur le plan national, le Luxembourg poursuit la mise en œuvre de cet agenda, en particulier via notre plan d’action national « Femmes, paix et sécurité » pour la période 2025-2030.

Nous insistons sur l’importance primordiale du respect des droits humains et du droit international humanitaire en toutes circonstances. Dans ce contexte, nous soutenons également la participation et l’engagement de la société civile et des organisations non-gouvernementales dans les enceintes multilatérales et leur association aux processus de désarmement.

Je vous assure que le Luxembourg, profondément convaincu que la force des règles de droit prime sur la loi du plus fort, continuera à honorer dans leur intégralité les obligations conventionnelles auxquelles il a consenti librement.

Merci.